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L?Etat minimal

19 septembre 2004, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Après la polémique sur la création de la Mauritius Revenue Authority, le sujet de la réforme risque de devenir tabou pour le gouvernement. Pourtant, il y a un récent exemple de modernisation réussie d?un service public. On en parle peu parce que ce changement particulier s?est opéré sans faire de bruit. C?est une réforme qui est passée comme une lettre à la poste. Il s?agit du transfert du contrôle de la Poste à la compagnie Mauritius Post.

Depuis qu?elle a quitté le carcan de la fonction publique, la Poste répond mieux aux attentes des usagers. Outre un aménagement plus agréable de son réseau de bureaux, elle a désormais peu à envier à l?efficacité du privé. La banque postale offre les mêmes services qu?une institution commerciale. Son service de distribution de courrier atteindra bientôt le ?next day delivery?. Le paiement des factures d?eau et d?électricité ainsi que celui de divers frais administratifs devient possible à ses guichets. Des cybercafés s?installent dans ses locaux. Bref, la Poste a entamé sa révolution.

Avec de l?habileté et du courage, il est possible de concrétiser en douceur les réformes. Certes, face au changement, les syndicats s?organisent pour faire de la résistance. Il incombe aux dirigeants politiques de bien huiler l?engrenage du processus du changement. Dans le cas de la douane, il y a eu de sérieux ratés au moteur en raison de textes mal conçus dès le départ.

Il y aujourd?hui une urgence à revoir l?organisation des services publics. Les notions de compétitivité, de qualité et de flexibilité doivent pénétrer l?environnement du secteur public. Pour réussir cela, il faut combattre les slogans de l?union des forces conservatrices. Or, il ne saurait y avoir de meilleure arme dans ce combat que la réussite d?un service public qui a été privatisé, ou corporatisé comme on dit pudiquement.

Si elle a bien traversé la première étape de sa privatisation, il reste à la Poste de réussir la prochaine, c?est-à-dire l?ouverture de son capital au privé. Si cela devait entraîner une alliance avec un partenaire qui a une expertise reconnue dans le domaine, le développement qui suivra ne peut qu?être positif.

Il ne suffit pas de prendre le malheureux exemple de Mauritius Telecom pour repousser l?idée de partenariat stratégique. Ici, aucune synergie n?a pu être réalisée parce qu?initialement la décision de privatisation visait à compenser le déficit budgétaire. Une fois les recettes de la vente des bijoux de famille obtenues, les dirigeants étaient satisfaits. La fameuse percée que Mauritius Telecom allait entreprendre en Afrique francophone, grâce à l?appui de France Telecom, est oubliée.

Heureusement que le bâtiment de l?aéroport est là pour rappeler que les partenariats avec les étrangers ne sont pas toujours négatifs. L?ancien régime a eu le mérite de n?avoir eu aucun scrupule à engager des Britanniques pour transformer l?aéroport de Plaisance. Il est vrai que, dans l?opposition, les dirigeants du PTr ont tenu un discours plutôt xénophobe mais au pouvoir ils étaient plus réalistes. A un moment, ils avaient même évoqué la possibilité de confier la direction de la station nationale de télévision à un Britannique.

Il y a, bien entendu, plusieurs façons de réformer les services publics mais elles reposent toutes sur une condition essentielle : une plus grande ouverture d?esprit.

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