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L?esprit frondeur de Tim Burton

13 mai 2004, 20:00

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Né le 25 août 1958 à Burbank, en Californie, Tim Burton, le réalisateur de Big Fish (voir ci-contre) se passionne très tôt pour le fantastique. Après avoir suivi les cours d?animation du California Institute of the Arts, il entre aux Studios Disney (il travaille notamment sur Rox et Rouky), où il réalise deux courts métrages portant déjà la marque de son originalité. Animé image par image, Vincent est un hommage à l?un des héros de son enfance, Vincent Price, lequel accepte d?enregistrer le commentaire en voix off. Frankenweenie, en prises de vues réelles, revisite le mythe de Frankenstein à travers l?histoire d?un petit garçon cherchant à ressusciter son chien. Bien que ces deux ?uvres soient d?emblée remarquées (Vincent notamment, remporte plusieurs récompenses, dont deux prix au Festival de Chicago), Disney renonce à les distribuer.

Burton se lance alors dans une carrière indépendante et met en scène Aladdin dans le cadre du Faerie Tale Theatre de Shelley Duvall. Paul Reubens, à cette époque très populaire auprès du jeune public par le biais de son alter ego Pee-Wee Herman, lui confie la réalisation de Pee-Wee?s Big Adventure. Burton donne à ce personnage caricatural une émouvante dimension humaine et imprègne ses aventures picaresques de beaucoup de tendresse et de fraîcheur. Il fait la connaissance, à cette occasion, du compositeur Danny Elfman, qui deviendra son indispensable collaborateur.

Son film suivant, Beetlejuice, remporte aussi un immense succès grâce à une interprétation hors pair, en particulier Michael Keaton dans le rôle d?un démon à la fois répugnant, terrifiant, drôle et attendrissant. L?esprit frondeur du réalisateur se manifeste à travers des séquences comme le calypso dansé par une équipe de sportifs défunts ou le personnage d?une adolescente (Winona Ryder) fascinée par l?au-delà. Le film, récompensé par l?Oscar du maquillage, engendrera une populaire série animée télévisée.

L?année suivante, Burton se voit confier une importante production, Batman, pour laquelle il engage de nouveau Michael Keaton dans le rôle-titre, partageant cette fois la vedette avec un délirant Jack Nicholson. Époustouflant sur le plan visuel (notamment grâce aux décors d?Anton Furst, couronnés d?un Oscar), le film remporte un triomphe et un deuxième volet, Batman, le défi, est bientôt mis en ?uvre. L?ambiguïté du personnage et son mystérieux romantisme y sont exaltés par la présence de Michelle Pfeiffer dans le rôle de Catwoman. Contre toute attente, Burton et Keaton décident d?abandonner cette profitable ?franchise?. Burton assurera la production du troisième volet (Batman Forever) réalisé par Joel Schumacher.

Mais déjà, il s?intéresse à d?autres projets, encore plus personnels. Edward aux mains d?argent est une nouvelle variation sur le thème de Frankenstein, dont le héros est un émouvant jeune homme (Johnny Depp) que son créateur (Vincent Price) n?a pas eu le temps d?achever. Toujours avec Depp (qu?il retrouvera une troisième fois avec Sleepy Hollow), Ed Wood salue la fougue et l?irrépressible optimisme de celui que la critique baptisa ?le plus mauvais cinéaste du monde?. Le film vaut à Martin Landau (Bela Lugosi) un Oscar et un Golden Globe. Compagne du réalisateur, Lisa Marie y incarne l?actrice de séries B Vampira. On la retrouve deux ans plus tard en séductrice extra-terrestre dans Mars Attacks !, désopilante parabole sur l?invasion de la Terre par des Martiens horriblement farceurs et méchants et en bonne fée mère de Johnny Deep dans Sleepy Hollow.

Parallèlement, par le biais de sa société fondée en 1989, Burton produit L?étrange Noël de Mr Jack, un dessin animé réalisé par Henry Selick dont il avait conçu le sujet et les premiers croquis à l?époque où il travaillait chez Disney. Il est également le producteur d?une comédie (Cabin Boy) et d?une adaptation d?un conte de Roald Dahl, James et la pêche géante, dont la réalisation est à nouveau confiée à Henry Selick. (Monsieur Cinéma)

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