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LES ÉLECTEURS EN PISTE

2 juillet 2005, 00:00

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À VACOAS

<B>Ramgoolam sévère avec ses partisans</B>

<B>A 36 heures des élections, hier soir, le leader de l?Alliance sociale rappelle ses troupes à l?ordre. Il dit ainsi donner une idée de la manière dont il compte diriger : dans la discipline. Il affirme avoir besoin de tous ses candidats au Parlement pour pouvoir changer la société. </B>

<B>Par Deepa BHOOKHUN</B>

C?était l?un des deux derniers meetings de la campagne électorale 2005. A Vacoas où étaient réunies quelque 3 000 personnes, l?ambiance survoltée laissait deviner une certaine suffisance de la part des partisans. Cette ambiance de fête n?a pas échappé au leader de l?Alliance sociale. Et, à 36 heures des élections, Navin Ramgoolam rappelle ses troupes à l?ordre.

«Mo na pa kontan mank disiplin. La noun vinn ekoute la. Tamasa nou pou fer lindi papa», dit-il d?un ton sévère. Les cris ralentissent. Le ton du leader a fait mouche. «Mo tan zot tou pe dir eleksyon fini gagne. Eleksyon na pa enkor fer. Be si koumsa pa bizin al vote alor», reproche-t-il à la foule. «Il ne faut pas plaisanter avec votre vote. Il est vrai que nous nous acheminons vers une grande victoire mais il faut rester vigilant. Il faut rester vigilant jusqu?à ce que vous entendiez le Returning Officer annoncer que Hawoldar, Chaumière et Kasenally (pour la circonscription n° 15) sont élus. Les gens font trop souvent l?erreur de croire que c?est déjà joué.» Ramgoolam insiste sur la vigilance. Il cite Winston Churchill : «Le prix de la liberté, c?est la vigilance éternelle.»

Pour ceux qui n?ont toujours pas compris, Ramgoolam insiste : «Ou na pa pou gagn enn deziem sans.» Le ton est grave, sévère, c?est le leader qui parle. Un peu plus tard, un jeune parle à haute voix alors que Navin Ramgoolam poursuit son discours. «Si li envi vin koze, dir li vini», remarque le leader des Rouges. Ceux qui sont non loin de l?estrade sont surpris par le ton. Ramgoolam s?explique. «C?est ainsi que j?ai l?intention de gouverner. Dans la discipline.»

Les gens se calment. Ramgoolam maintient le ton. Il parle des agents du camp adverse qui déchirent les banderoles et les posters. «Je vous ai dit de les prendre en photo. Il y aura le retour de manivelle après lundi. Ce n?est pas possible que les gens continuent à faire dominer», dit-il en prenant la défense de ses partisans. Il aborde ensuite ses projets. «J?ai pris un engagement de changer votre vie. Je n?ai pas dit que j?allais changer votre vie en 100 jours (contrairement à ce que rapportent les journalistes), j?ai dit que j?allais jeter les bases d?un changement dans les 100 premiers jours.» L?aspirant Premier ministre affirme que «déjà au premier jour, vous verrez des changements. Il y aura 19 ministres au lieu de 25, cinq PPS au lieu de 10, le transport public sera gratuit? personn pa tap lame ?» demande-t-il en souriant, toute colère évanouie.

<B>Meeting diffusé sur internet</B>

Les applaudissements ne se font pas attendre. Navin Ramgoolam lance une pique à son adversaire direct (les piques de Ramgoolam se font de plus en plus rares) «Bérenger n?a aucun commentaire à faire sur le programme. Li zis kritik kouvertir. Jugnauth, lui ne comprend rien. Il dit que je n?ai pas l?intention de tenir ma promesse d?exempter les salariés touchant jusqu?à Rs 25 000 de la taxe. Je le dis encore une fois, en public. Je prends cet engagement devant vous et tous ceux qui nous regardent à travers l?Internet (le meeting était diffusé live sur Internet. ) Ramgoolam appelle cette critique de Jugnauth « ban fos propagan.» Il qualifie aussi la critique de Steven Obeegadoo sur la réforme de l?éducation de «fos propagan. Na pa pou ena ranking.»

<B>«Al vote boner, chek ou nom»</B>

Le leader de l?Alliance sociale affirme avoir besoin de tous ses candidats au Parlement s?il veut changer la société et demande à ses partisans de «gard mo loner.» Il demande aussi à ses troupes de «al vote boner, al cheke sipa ou nom lor lalis.» Il demande aux agents de ne pas «kit lasal al manze. Nou pou donn zot manze papa, na pa kit lasal. Tansion ena marday.»

Navin Ramgoolam fait aussi référence à sa déclaration «soley pou lev dan lwes pou sertin. Ena dimoun dir ki koze la inpe for.» Il explique que ces paroles viennent de Guy Forget quand il avait perdu les élections. «Parski na pa kapav dimounn krwar zot kapav fer dominer. Na pa kapav ena dimounn gagn tou, ou na pa gagn nanie.»

Les candidats des circonscriptions n°s 15 et 16 : Rihun Hawoldar, Jean François Chaumière et Abu Kasenally pour le 15 ; Sheila Bappoo, Etienne Sinatambou et Sada Etwaroo pour le n°16 ont également pris la parole. Il était question une fois de plus de convaincre les électeurs des raisons pour lesquelles il fallait voter le changement. Auront-ils entendu l?appel ? Nous le saurons dans un peu plus de 36 heures?

À LA RUE EDWARD VII À ROSE-HILL

<B>Bérenger «sincère» avec son partenaire</B>

<B>Dernière sortie du leader de l?alliance MSM-MMM dans son fief, hier soir. Il estime que la campagne s?achève dans «l?amitié et la confiance» avec Pravind Jugnauth. Les orateurs ont repris les thèmes chers de leur campagne : bilan, «instabilité» de l?opposition, «victoire»...</B>

<B>Par Thierry CHATEAU</B>

Paul Bérenger a effectué sa dernière sortie de la campagne électorale 2005 dans son fief, à la rue Edward VII, à Rose-Hill, hier. La voix cassée, mais le ton ferme, il a lancé son dernier message avant le scrutin, à une foule enthousiaste et nombreuse. Ils étaient plus de 6 000 à avoir fait le déplacement, en provenance des circonscriptions n°s 18, 19 et 20 (Belle-Rose-Quatre-Bornes, Stanley-Rose-Hill et Beau-Bassin-Petite-Rivière).

«Dans notre camp, la campagne s?achève dans l?amitié et la confiance entre deux frères, Pravind et moi», a-t-il lancé à la foule. Les dernières prestations des candidats à la télévision, le retour des agents dans les bases, la mobilisation pour le scrutin, le dépouillement? Anticipant la fin de la campagne, Paul Bérenger brosse un tableau rapide des dernières heures avant la fin des élections. Pour lui, l?alliance MSM-MMM n?est plus qu?à quelques heures de la «victoire»?

Prenant la parole en dernier, le leader de l?alliance MSM-MMM a harangué ses troupes. Accueilli sur les notes de Solda lalit militan, il réclame un «3-0» dans les circonscriptions numéros 15 à 20, «dans toutes les Plaines-Wilhems mais aussi à Port-Louis et à la campagne»?

Pour la dernière fois, dans cette campagne, Paul Bérenger a dressé le bilan du gouvernement MSM-MMM, l?unité «formidable» et a dénoncé le «fiasco» du Parti travailliste entre 1995 et 2000. «L?île Maurice de demain, cyber-cité, université, est là», lâche-t-il. D?un geste de la main, il désigne la région voisine d?Ebène? Pour lui, les électeurs se retrouvent devant un choix, entre deux îles Maurice. «Refaites nous confiance, nous complèterons le travail.»

Avant lui, Pravind Jugnauth, le leader du MSM, a fait l?éloge de «la culture de sincérité, de solidarité, de travail». Il déplore «l?instabilité» de l?Alliance sociale. Il a ciblé Navin Ramgoolam, le leader de l?Alliance sociale, coupable, selon lui, d?avoir amené l?économie «sur les récifs», lorsqu?il était au gouvernement.

<B>Programme critiqué</B>

Le leader du MSM a également critiqué le programme électoral de l?Alliance sociale. Dans ce programme il y a, selon lui, «zéro mesure pour résoudre les problèmes» dénoncés par cette alliance. Pravind Jugnauth a décrit, comme il l?a souvent fait tout au long de la campagne, la «nouvelle île Maurice». Il a surtout lancé un appel à «ceux qui sont encore dans la gare». «Le 3 juillet, qu?ils montent dans le train du développement», a-t-il lancé aux électeurs des circonscriptions n°s 18, 19 et 20.

Jayen Cuttaree, candidat à Stanley-Rose-Hill et n° 2 du MMM, a estimé que, dans un contexte international difficile, les défis ont été relevés. «En cinq ans, nous avons redressé le pays et préparé une nouvelle île Maurice», a insisté Jayen Cuttaree. Il estime que les secteurs traditionnels ont été réformés et de nouveaux secteurs ont été créés. Il a plaidé pour un pays prospère avec des gens «honnêtes et propres».

<B>«Rose-hill nou lakaz»</B>

Il a attaqué Rama Valayden, candidat de l?Alliance sociale au n° 19. «Au nom de l?amitié que vous me portez, balayez Valayden de la circonscription, gardez l?honneur du n° 19 sauf.» Jayen Cuttaree a prédit la défaite de ce candidat qui sera battu selon lui par sa colistière, Fazila Daureeawoo. «A Maurice, il y a le problème des femmes battues, mais à Rose-Hill c?est une femme qui va battre un homme», a-t-il soutenu sous les acclamations de la foule.

Avec beaucoup de verve, Rajesh Bhagwan, candidat au n° 20, a harangué la foule et, surtout les partisans de l?alliance MSM-MMM. «Rose-Hill nou lakaz», a-t-il insisté en réclamant la «victoire». Sushil Khushiram, candidat au n° 18, semble impatient de «se remettre au travail dès le 6 juillet». Veda Baloomoody, lui aussi candidat au n° 18, a demandé à la foule de dire «Non !» à un Premier ministre «mal élevé et paresseux».

Paul Bérenger a clôturé le meeting de la rue Edward VII en haranguant la foule, d?une voix cassée par les efforts de deux mois de campagne. «Leve drapo, pa fer pares», a-t-il lancé à ses partisans, avant de réclamer une fin de campagne dans le calme. Le meeting s?est terminé vers 19 heures, dans la discipline.

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