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Les vérités cachées derrière les augmentations des prix

12 juillet 2006, 00:00

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Les prix donnent souvent l’impression de toujours prendre l’ascenseur et de ne jamais redescendre. Les récentes augmentations confortent ce sentiment chez les consommateurs. Pourtant, la réalité n’est pas toujours aussi sombre.

Pour Tim Taylor, Chief Executive (CE) de Rogers, il importe de voir plus clairement dans les faits pour mieux saisir la vérité des prix. Par exemple, la hausse des prix du carburant est le résultat de l’Automatic Pricing Mechanism qui ajuste les cours à intervalle trimestriel pour refléter le coût de la marchandise à l’importation.

Par ailleurs, explique Tim Taylor, le riz et la farine coûtent plus cher parce que les subsides ont été enlevés. L’augmentation du prix du pain est, quant à elle, la conséquence directe de celle du prix de la farine.

Un impact sérieux sur les petites bourses </B>

Pour les ménages au bas de l’échelle en particulier, les nouveaux barèmes du pain, de la farine, du gaz et du ciment auront un impact significatif sur les bourses.

“Cependant, le niveau de vie des Mauriciens s’est amélioré ces trente dernières années et la pauvreté a reculé dans le pays. Les gens disposent aujourd’hui de plus de moyens qu’il y a 30 ans de cela”, affirme Tim Taylor.

En fait, les prix de beaucoup de produits baissent en termes réels. “Il existe beaucoup d’articles qui paraissent plus chers en roupies, mais qui, en fait sont moins onéreux en termes réels.” Le CE de Rogers cite comme exemple des pommes dont le lot de trois se vendait à Rs 5 il y a 30 ans. Aujourd’hui, trois pommes coûtent Rs 10. Même si leur prix a doublé, l’augmentation du pouvoir d’achat des Mauriciens fait que le coût réel de ces fruits a diminué.

Dans d’autres cas, notamment pour les produits électroménagers, les chiffres ont été revus à la baisse, à la fois en valeur absolue et en termes réels. Le consommateur peut aujourd’hui s’offrir un téléviseur de 21 pouces à Rs 4 500, alors que le même appareil se vendait à Rs 14 000 il y a quelques années.

Un “Competition Bill” en préparation</B>

La production gagne en efficience et en productivité grâce aux technologies, aux compétences plus pointues, et à la fabrication sur une grande échelle. Les gains sur les coûts ainsi réalisés sont passés aux consommateurs, notamment sous la pression de la concurrence.

Les consommateurs mauriciens bénéficient-ils de cette dynamique des prix, d’autant plus que l’impression de manque de compétition à Maurice est assez marquante ? Tim Taylor n’est pas de cet avis. “Ce n’est pas le constat que nous faisons. Bien au contraire, nous voyons qu’il y a beaucoup de concurrence. Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène. Par exemple, les grandes surfaces mettent beaucoup de pression sur les marges des fournisseurs”, explique-t-il.

Quoi qu’il en soit, dans les secteurs où il n’y a pas suffisamment de compétition, l’état a un rôle à jouer pour s’assurer que les consommateurs ne sont pas lésés. Tim Taylor se dit en faveur d’institutions fortes et politiquement indépendantes pour assurer cette tâche. “Il ne faut pas que la fixation des prix soit une décision politique. Pour l’instant, c’est le ministère du Commerce qui prend les décisions sur les prix administrés. Il faudrait, à la place, un commissaire pour la compétition.”

Il est normal que le gouvernement ait un droit de regard sur des secteurs où il y a peu d’opérateurs. Un Competition Bill est actuellement en préparation au gouvernement. Cette nouvelle loi devrait instituer les règles et les institutions pour favoriser une concurrence saine sur le marché.

Mais les bourses sont à la merci des prix pratiqués sur le marché international. La flambée des cours pétroliers et la hausse constante de plusieurs matières premières sur le marché mondial alourdissent la note d’importation.

“Le prix du pétrole est un facteur déterminant pour beaucoup de produits pour lesquels l’énergie joue un rôle décisif dans leur fabrication”, affirme Tim Taylor.

En outre, il faut savoir que les besoins grandissants en matières premières de la Chine et de l’Inde pour alimenter leurs industries, et le développement de leurs infrastructures mettent beaucoup de pression sur les cours de plusieurs intrants.

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