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?Les vents de la colline Candos? de Benjamin Moutou

27 novembre 2005, 20:00

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Ma ville, ma passion. C?est sous forme d?hommage au Quatre-Bornes des années 1939 à 1948, que Benjamin Moutou nous présentera son prochain ouvrage. Intitulé Les vents de la colline Candos, ce roman historique devrait être en librairie dans le courant du mois de décembre.

Pour parler de sa ville natale, de sa terre féconde en souvenirs, l?auteur a choisi la figure de son père, chef d?une famille de petite bourgeoisie. Avec une nostalgie mesurée, Benjamin entrouvrira les portes du salon, à Candos. Nous pourrons y prendre le thé avec la tante collet monté. Retrouver ses jeux d?enfant. Et saisir une époque dans la vie d?une ville qui s?est donnée pour emblème les fleurs.

?C?est un sujet qui m?a tenté en tant que fonctionnaire?, nous explique l?auteur. Arrivé à l?histoire à l?âge de la retraite, c?est au ministère des Coopératives que Benjamin Moutou a construit sa carrière. Un parcours qui a culminé au Registrar of Cooperatives.

Le sourire en coin, Benjamin Moutou anticipe notre réaction. ?On pense que le fonctionnaire n?est qu?un rond de cuir, mais c?est un travailleur de l?ombre.? Le ton devient revendicatif : ?Je veux être de la lignée de ce monde méconnu et dont on se méfie?. Il s?inspire de ces scribes de la fonction publique, qui à travers leurs rapports ont consigné des pans entiers de l?histoire. Autant de documents qui servent aujourd?hui de référence.

Pour en arriver là, Benjamin Moutou a acquis une formation de socio-économiste. Il fait partie des premières cuvées d?étudiants détenteurs d?un Diploma in cooperative studies de l?université de Maurice. Performance honorable qui lui vaut de décrocher une bourse du Collège coopératif à Paris, annexe de la Sorbonne. Il y fera une maîtrise en Sciences économiques et sociales, avant de parachever sa formation en fréquentant pendant un an l?université britannique de Bradford.

?C?est à travers tous ces contacts, notamment ceux que j?ai établis pour écrire ma thèse de maîtrise, que je suis arrivé à m?intéresser à l?histoire.? Une affinité qui a eu pour déclic son étude des ?pêcheurs artisanaux de Maurice et Rodrigues au regard d?un système coopératif intégré?.

Ses recherches l?ont amené à signer Les chrétiens à l?île Maurice en 1996, ouvrage dont l?auteur n?est pas peu fier. Il n?hésite pas à le qualifier de ?livre d?anthropologie qui sert de référence aux prêtres?. Deux ans plus tard, Benjamin Moutou livrait L?île Maurice, 15 leçons d?histoires. Auteur persévérant et régulier, il revenait en 2000 avec L?île Maurice, récit de son histoire contemporaine. Enfin, il y a deux ans, l?auteur nous proposait Rivière-Noire, 400 ans d?histoire.

Un travail alimenté par les convictions de Benjamin Moutou qui affirme sans nuances : ?L?historien débroussaille les faits pour que le lecteur tire des leçons du passé. Je ne me cantonne pas dans une littérature pourrie, je suis là pour donner le ton.?

CARNET INTIME

<B>Sur le pont</B>

Je me suis attardée,dévisageant les rares passants..

Figures incertaines,

Silhouettes indéfinies,emmitouflées dans ce masquequ?on surnomme figure humaine..

Un sourire,

Une arme

Un sourire,

Une plaie..

Sur un pont

Je me promène,errant au-dessus des eaux troublesde l?oubli

Elles courent..invisibles aux rares passants..

Elle chantent les airs anciens des cabaretsoù l?on fêtait le Temps,reconverti en mécènerien que pour un sourire..

Elles pleurent,et ses larmes se mêlent au torrent des émotions enfouies,celles qu?on oubliedans un coin de son corps,qu?on pense à jamais perdues à la memoire du Coeur..

Sur ce pont j?ai esquissé le ritedu visiteur,j?ai promené mes doigts sur les parois rongées de tristessede ce tombeau fermé..

Vainement il a attendu qu?on lui ouvre les portes du rire..rien qu?un geste ami,loin des poussières d?un Coeur fermé

Je me suis arêtée,

Dévisageant les rares passants

Ils ne me voyaient pas..je n?étais plus de chair et de sangje n?étais plus esclave du Temps

Il a sufit d?un coup..je l?ai abattuj?ai effleuré l?Absolu..

N?était-ce qu?un rêve..?

Sur un pont j?ai marché,

contemplant la douceur de l?eau

grise déjà d?usure.. amère déjà d?une attente vaine..je l?ai contempléeet j?ai souri.

Une plaie

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