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Les usines de traitement demandent plus de bateaux

25 janvier 2008, 00:00

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Les usines de traitement demandent plus de bateaux

Malgré les contraintes, le développement de Port-Louis comme un seafood hub est très prometteur. Mais il faut élargir la base d?approvisionnement du poisson destiné à l?exportation. Cela doit se faire en attirant un plus grand nombre de bateaux étrangers ou en construisant de nouveaux bateaux.

C?est le sentiment d?Evert Liewes, président du Seafood Council de la Mauritius Export Association (MEXA), et Managing Director de Princes Tuna Mauritius. D?autant que de nouvelles sociétés se proposent de démarrer cette année. «Une des contraintes actuelles est que les exportations vers l?Europe ne peuvent se faire que par des sociétés, des bateaux et des sites de débarquement approuvés par les autorités compétentes. Maurice a un nombre très limité de bateaux inscrits à cet effet et dont les cargaisons de poisson peuvent être exportées sur l?Europe», dit-il. «Mais des opportunités s?accroissent. Car la demande en Europe et aux Etats-Unis pour des produits de mer de qualité est en augmentation constante, offrant d?excellentes opportunités d?affaires à Maurice.»

Quelles sont les conditions qui pourraient favoriser le développement du secteur des produits de mer mauricien ? Tout d?abord, le nombre de bateaux de pêche, mauriciens ou étrangers, qui respectent les règlements phytosanitaires européens et qui déchargent leurs cargaisons à Maurice doit augmenter, notamment par la révision des procédures pour l?inscription des nouveaux bateaux de pêche à Port-Louis. Elles sont compliquées et n?encouragent pas les propriétaires de bateaux à s?implanter.

Evert Liewes estime que des dispositions doivent être prises pour aider les entrepreneurs mauriciens ou des partenariats internationaux à financer la construction de nouveaux bateaux de pêche. Car le financement est une contrainte majeure. «Il faut insister pour que les bateaux de pêche mauriciens respectent les normes d?hygiène européennes. Il faudrait aussi demander aux navires étrangers opérant avec un permis de pêche délivré par les autorités mauriciennes de vendre une partie de leur cargaison aux sociétés engagées dans le traitement de poisson et des produits de mer», propose-t-il.

Une autre condition essentielle au développement du seafood hub est de trouver des moyens pour encourager les pêcheurs artisanaux à vendre leur poisson frais à ces sociétés. Mais pour atteindre cet objectif, il faudrait, dit Evert Liewes, un programme pour améliorer les équipements des petites embarcations afin de répondre aux exigences internationales de qualité, notamment au niveau du stockage et du transport par des camions isothermes. «Il faut que les pêcheurs artisanaux puissent approvisionner l?industrie de traitement de poisson avec des produits de qualité et qu?ils puissent participer à la croissance du secteur. Il faut obliger tous les opérateurs à débarquer leur poisson frais au site pour la vente à la criée.»

Evert Liewes estime que le New Aquatic Business Activities Bill, qui va réglementer toutes les activités de pêche dans les eaux mauriciennes, devrait être appliqué le plus rapidement possible. Toutes les activités de pêche et de transbordement seront alors conformes aux règlements internationaux et de la Commission de thons de l?océan Indien (CTOI).

«L?île Maurice doit travailler sur son image internationale. Elle doit s?assurer du maintien des principes de gestion du stock des ressources halieutiques mis en place par la CTOI et d?autres conventions internationales et mener la lutte contre la pêche illégale. Si le déchargement de poisson se fait dans la transparence et dans un environnement où les inspecteurs, les douaniers et les officiers du ministère de la Santé peuvent faire leur travail en toute liberté, on peut éviter les pratiques illégales.»

La majorité des produits de mer déchargés à Port-Louis ? et qui est ensuite exportée vers l?Asie ? quitte le pays sans aucune valeur ajoutée et sans avoir subi de traitement. Mais tel n?est pas le cas pour les exportations sur l?Europe et les Etats-Unis. L?Europe est le plus gros marché d?exportation pour le poisson et d?autres produits de mer mauriciens. La majeure partie de la valeur ajoutée et des emplois est générée par les sociétés exportant sur l?Europe, notamment Princes Tuna Mauritius et Thon des Mascareignes.

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