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Les Spurs au Nirvana !

26 juin 2005, 00:00

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C?est, en effet, chose faite ! Les Spurs de San Antonio ont décroché vendredi matin leur troisième bague de champions en six ans, après les titres de 1999 et 2003. Mais que ce fut difficile et d?une incroyable intensité, pour un finish d?exception signé Tim Duncan et Manu Ginobili.

On peut même avancer que le collectif des Spurs l?a emporté face à la défense de fer de Detroit. Les Pistons perdent leur titre, sans démériter tant la lutte a été âpre jusqu?aux dernières secondes du dernier match.

Il aura fallu attendre les 10 dernières secondes de ce dernier match, 10 petites secondes après sept rencontres, sept fois 12 minutes, pour enfin connaître le champion NBA 2005. La victoire a oscillé d?un côté, puis de l?autre, sans jamais vraiment choisir son camp.

Et c?est bien cela que l?on retiendra de ces finales. Pour la première fois depuis 1995, deux équipes NBA doivent en découdre en sept manches, avec trois matches serrés, au couteau, remportés sur le fil : un 3 points de Robert Horry, des contres de Wallace et Wallace.

Et ce septième match n?a pas dérogé à la règle. Chaque équipe a eu l?occasion de faire le break, de s?enfuir en profitant des petits moments de faiblesse de l?adversaire pour lui planter ses banderilles dans le dos. Les Spurs n?ont jamais su prendre plus de quatre points d?avance, sur les trois premiers quart-temps. La faute à une défense de Detroit imperméable en cas de difficulté, la faute aussi à un manque de lucidité dans le dernier geste, ce même petit problème de finition qui leur avait coûté la victoire dans le match 6. Robert Horry s?enflamme, inscrit 5 points en 30 secondes.

La défense des Pistons se referme, coupe les trajectoires des passes, provoque quelques pertes de balles, des tirs forcés, fait retomber le rythme cardiaque. Detroit est allé plus loin : 9 points d?avance, au coeur du troisième quart-temps. Un mini-break déjà, qui concrétisait une période de domination franche. San Antonio n?a pu que limiter les dégâts. Et au moment où les supporters des Pistons commençaient à y croire, où les supporters des Spurs commençaient à s?inquiéter, « Dream Tim » est réapparu. On le cherchait depuis la fin du quatrième quart-temps du 5e match. Quelques 2+1, un contre bien placé, une passe décisive pour un dunk de Manu Ginobili. Les Spurs se relancent. Detroit a raté le coche.

Le retour de « Dream Tim »

La victoire, San Antonio peut la dédier à ses deux All-Stars : Tim Duncan et Manu Ginobili. Ils ont su élever leur niveau de jeu pour assommer une équipe de Detroit déjà engourdie par la perte de ses 9 points d?avance en quelques dunks. Deux MVP, même si le trophée final revient finalement à Tim Duncan, la récompense de la régularité sans doute.

À deux, ils inscrivent 21 points sur 24 dans le dernier quart-temps, ne laissant qu?un 3 points à Bruce Bowen. Au final, 23 points, 5 rebonds, 4 passes décisives pour « El Manu ». 25 points, 11 rebonds, 2 contre pour Tim Duncan. De loin, les deux meilleurs Spurs sur le parquet. Le clutch-vétéran, Robert Horry, se permet une nouvelle fois 15 points et 5 rebonds, toujours aux moments clés. Bruce Bowen s?est, lui, concentré sur sa défense sur Richard Hamilton dans un premier temps, sur Chauncey Billups ensuite. Toujours aussi efficace.

Tony Parker lui aussi s?est mis à la défense. Le shoot ne rentrait pas, mieux valait passer la balle. 8 points, 3 passes décisives, mais une bonne défense. Comme pour Bruce Bowen, une défense qui n?entre pas dans les stats.

Un collectif sans rotation

Les Pistons se sont, eux, battus avec leurs armes habituelles : une rotation minimale. Avec un cinq majeur aussi talentueux et efficace que celui des Pistons, la technique peut payer. Et elle a déjà payé, un titre en 2004, une finale en 2005?

Mais là où Greg Popovich peut envoyer Robert Horry pour remplacer Tim Duncan ou Nazr Mohammed sans avoir un cinq diminué sur le parquet, Larry Brown ne se sert de son banc que pour pallier les repos, forcés ou non, de ses joueurs majeurs. Des fautes trop prématurées par exemple, comme pour Rasheed Wallace ou Chauncey Billups en première période.

Et lorsque l?un des membres du cinq majeur tousse, c?est toute l?équipe qui est malade. Dans ce match 7, le collectif a parlé. Le danger est venu de partout. Chaque joueur a su se mettre en avant au bon moment. Mais aucun n?a su être décisif, comme Richard Hamilton ou Chauncey Billups avaient su l?être au match précédant. « RIP » a pu trouver quelques espaces : 15 points,

8 rebonds pour l?homme masqué. Chauncey Billups a souffert face à Bruce Bowen : 13 points, mais 8 passes décisives. Ben Wallace a fait un début de rencontre exceptionnel, 12 points, avant de totalement s?éteindre en deuxième période. Des performances homogènes, mais moyennes, qui mises bout à bout ont permis à Detroit de toujours espérer remporter la victoire, sans jamais s?offrir un avantage décisif.

Le duel a répondu à toutes ses attentes : deux défenses de fer, des matches-up très tendus, du suspense, un MVP de grande classe pour un grand, un très grand champion : 6 titres NBA pour Robert Horry, 3 pour Tim Duncan, 2 pour Tony Parker, Bruce Bowen et Manu Ginobili. Le destin s?est finalement tourné vers San Antonio, mais une victoire de Detroit n?aurait pas non plus été injuste, tant les deux équipes se sont donné, et ont lutté pour leur bague de champion. La coupe repart à l?Ouest. Vivement la saison prochaine.

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