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Les sept vies d?Émilie Poupard

11 décembre 2006, 00:00

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Elle chante. Elle affirme ses convictions. Elle existe. C?est tout cela Emilie Poupard. Une boule d?énergie. Qui sait ce qu?elle veut. Pendant deux ans, c?était le silence relatif. La jeune femme était à Cape Town en Afrique du Sud où elle a décroché un diplôme de maîtresse d?école maternelle.

Après avoir travaillé six mois dans une école à Rivière-Noire, même si elle ?adore les enfants?, Emilie Poupard s?est rendue compte que ?ce n?est pas (sa) passion?. En plus, faire la classe, cela usait sa voix. Il devenait urgent de faire un choix.

A l?ombre du grand-oncle Malcolm de Chazal et de sa mère, le peintre Véronique Leclézio, il n?y a pas photo. Emilie a décidé d?être artiste. ?Je veux garder ma vie pour mon art.? La preuve, la vingtaine de tableaux qu?elle expose jusqu?au 16 décembre au siège de l?Alliance française à Bell-Village.

Parmi, des poissons qui rient. Si, si. Esquissant sourires discrets ou se marrant à gorge déployée. Visiblement lâchés dans leur élément, dans l?océan de couleurs que leur a dessiné Emilie.

Son style, c?est le décoratif. Pour s?en convaincre, il n?y a qu?à laisser glisser le regard sur la profusion de détails qui ornent ses créations. Des pointillés, des volutes, des codes, des messages en langage sms, des c?urs. Des signes cabalistiques. Véritable assemblage de dégradés qui témoigne des nombreuses heures passées à la réalisation.

Le goût des couleurs vives

Pourtant, au lycée, le dessin n?intéressait pas Emilie. Le déclic s?est produit quand elle a changé d?école, pour fréquenter le collège Notre Dame. Avec des sourires dans la voix, elle nous raconte comment elle avait décidé de réaliser un Ganesh à l?époque. Avec des dégradés et une décoration tout autour. Un travail fastidieux. Dans le style ?mehendi?. Qui lui a tout de même rapporté une bonne note.

?Toute ma vie (NdlR : Emilie a 25 ans) j?ai cherché mon style.? Un besoin de s?affirmer, de trouver ce qui la travaille depuis ses 15 ans. Une quête aiguillée par le grand-oncle Malcolm qu?elle n?a pas connu, mais dont sa mère lui parlait souvent. ?C?est quelqu?un qui vivait pour son art. La priorité de sa vie c?était sa peinture. Il se moquait éperdument de rater les mariages ou les anniversaires, pourvu qu?il pût créer.?

Emilie en a gardé le goût des couleurs vives et des sujets marins. Du sujet ? objet placé bien au centre de la toile. Une surface plane aux dimensions d?un univers. Celui tout en rouge, bleu de mer et orangé de la jeune peintre. Des créations rassemblées sous le thème de Vies. ?C?est la vie qu?il y a dans mes tableaux?, explique-t-elle.

Sous les pinceaux fins d?Emilie, chaque chose est à sa place. Bien rangé dans l?acrylique. Si le décoratif c?est pour qu?explosent les couleurs ? miroir de l?énergie de la créatrice ? l?abstrait est pour elle une habile traduction de ses états d?âme. Et Emilie ? que l?on connaît enjouée, que l?on imagine toujours gaie ? de nous confier qu?un état dépressif sera représenté par ?une peinture complètement bouchée. Si dans une autre toile je laisse des espaces blancs, c?est pour que la peinture respire?.

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