Publicité

Les révoltés du théâtre de Port-Louis

1 août 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Le théâtre de Port-Louis lèvera, du 6 au 22 août, le rideau sur sept mises en scène à l?occasion du festival annuel produit par l?agence Immedia, sous le patronage de la mairie de Port-Louis et en collaboration avec la Commission Arts & Culture de Rodrigues et le ministère des Arts et de la Culture de Maurice.

Le festival s?ouvrira sur du sérieux. Les comédiens de la Trup Sapsiway joueront la révolte contre la comédie de l?Etat sous le titre Rezon Deta, une libre adaptation de l?Antigone de Jean Anouilh par Darma Mootien, d?après une mise en scène de Gaston Valayden. La pièce qui traite du conflit entre l?Etat et l?individu est aussi une invitation au public à réfléchir sur le thème de la justice telle qu?elle se présente aujourd?hui dans notre société dite moderne. Moderne ? ?Pourrie? une société pourrie?, dira plutôt Latelyé Teat Pierre Poivre avec sa pièce Elemental ? une libre adaptation de Zistwar Mistran de Shenaz Patel, racontée par le griot rodriguais, Rosange André. En fusionnant plusieurs éléments artistiques comme le théâtre créatif de l?ombre, le mime, le marionnettiste et le griot, Rowin Naraïdoo met en scène ?une tranche de vie d?ados dans une société pourrie.?

L?esprit de la révolte au théâtre ne s?arrête pas là. Il s?attaque à la question des droits de l?homme. De France, nous vient Le Septentrion avec, au sein de la troupe française, notre compatriote Pamella Edouard, ancienne comédienne de la Troupe Henry Favory. Houria, la femme que j?étais, d?après un texte signé Gaspare Dori et une mise en scène de Christopher Luthringer, est un cri de révolte contre une forme de justice barbare pratiquée dans certaines ?civilisations?. Présentée à l?Unesco, cette pièce traite de la condamnation à mort par lapidation d?une femme afghane.

L?univers de la famille

La révolte n?est pas qu?une affaire de société. Si l?on ne se révolte pas au sein de celle-ci, on le fait au sein de la famille, la microsociété. Tel est le message qui nous parvient du côté de Rodrigues. Les Konsekans de Luc Clair, d?après une mise en scène de Myriam Casimir, nous embarqueront dans l?univers tumultueux de la famille où le chef découvre ses erreurs avec beaucoup de retard. Si, avec la Rodrigues Drama Association le théâtre est la garantie d?un cas de conscience, avec la troupe Komiko, ce sera un vrai Kafouyaz. Pour s?en rendre compte, il suffit d?aller pique-niquer avec Jessica, Alan, Mikael et Cathy. Vous comprendrez combien l?idée de mettre de l?ordre dans votre vie peut être une révolte explosive. Explosive aussi, la révolte de ces adolescents de 10 à 17 ans que met en scène Henry Favory avec sa troupe sous le titre Zalok ? un dialogue que ces jeunes tentent d?instaurer avec leurs aînés pour raconter leur rêve et révolte.

Enfin, si l?honneur de clore ce festival revient à La Troupe Favory et sa série de courtes pièces, celui de faire sortir l?esprit de révolte chez le spectateur pour le faire rêver avant qu?il ne rentre chez lui, revient à l?Academy of Film & Theatre. Aaj ka siantak, pièce que dirigeront Mahess Ramjeewon et Bulram Tacouri. Cette dernière vous emmènera, à travers une légende de la montagne Pieter Both, dans un voyage dans le temps. Les fées de la montagne vous feront sortir du théâtre en laissant derrière vous votre esprit de révolte. Sept pièces donc à savourer pendant le Festival du Théâtre de Port-Louis.

Du lundi à samedi, le spectacle est en soirée à partir de 20 heures et le dimanche en début d?après-midi, à partir de 14 heures. Les billets sont disponibles à partir d?aujourd?hui chez Immedia, au guichet du Théâtre de Port-Louis et chez les troupes participantes. Le prix du billet est de Rs 100 pour chaque pièce ou Rs 500 seulement pour les sept. La pièce Konsekans de la troupe rodriguaise sera présentée gratuitement au public, qui doit cependant retirer sa carte d?accès chez Immedia ou au ministère des Arts et de la Culture.

Publicité