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Les réservations en baisse dans les hôtels
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Les réservations en baisse dans les hôtels
Séisme, cataclysme, tempête, tsunami, krach. Autant de mots pour qualifier la débâcle internationale, la plus importante depuis 1929. Aux États-Unis, en Europe et en Asie, des banques s?écroulent, des marchés boursiers s?effondrent. À Maurice le tourisme, un des principaux piliers de l?économie, n?est pas épargné.
François Eynaud, managing director de Veranda Resorts, estime que la crise financière a déjà un impact sur le tourisme. Opinion partagée par Patrice Binet-Décamps, managing director de Constance Hotels quoi qu?il estime que «c?est difficilement appréciable pour l?instant».
Le ralentissement ne serait pas dû uniquement à la crise financière, mais aussi aux coûts des billets d?avion et à l?élimination de certains vols directs. À son avis 50% des Français n?auraient pas voyagé cet été contre 30 % normalement. Mais malgré cela, Veranda Resorts n?a pas souffert pendant la période creuse mai-septembre.
Pour les trois prochains mois, les réservations sont en retard par rapport à l?an dernier, mais la tendance des confirmations tardives s?amplifie surtout pour le milieu de gamme. «Nos partenaires tour opérateurs européens nous confirment que le long courrier démarre lentement cet hiver. Nous aurons beaucoup plus de visibilité en janvier», confie François Eynaud.
Le directeur de Veranda Resorts envisage déjà des mesures pour contrer les problèmes. «Nous essayons d?être plus agressifs commercialement, plus présents sur les marchés et développons les marchés émergents. Il nous faut être très créatifs en terme d?offre et de différenciation. Les zones qui cotent leurs tarifs en dollars américains (Maldives, Caraibes, Asie) sont les plus compétitives en ce moment.» François Eynaud prévoit également une forte baisse des arrivées touristiques de l?Afrique du Sud due aux problèmes économiques de ce pays.
«Nous ne savons combien de temps dureront les effets de la crise financière mais cela ne remet pas en question pour l?instant nos projets à moyen et long terme. Ce qui est mathématique c?est que s?il y a une baisse des arrivées touristiques en 2009 et 1500 chambres d?hôtel supplémentaires, le taux d?occupation national moyen va baisser drastiquement. Il faudra donc être tout aussi drastique dans le contrôle des coûts.»
Patrice Binet-Décamps confie pour sa part qu?il est trop tôt pour savoir quel sera le taux de remplissage des hôtels du groupe Constance pour novembre et décembre. Mais quel sera l?effet de la crise sur les projets de Constance ? «Pas d?effet pour l?instant dans la mesure où les projets sont à long terme.».
De son côté, Fabien Lefébure, marketing manager d?Indigo Hotels and Resorts, estime que «le Telfair s?est doté depuis quelques mois d?une structure qui lui permettra de dynamiser les ventes et d?amortir les répercussions éventuelles de la crise financière». «L?investissement dans les ressources humaines et l?infrastructure, les efforts consentis pour une amélioration constante du service et la récente affiliation du Telfair au label Small Luxury Hotels of the World sont autant d?éléments qui nous permettent d?aborder les prochains mois avec plus de sérénité», confie Fabien Lefebure.
LES CHIFFRES CONFIRMENT...
Une étude de l?AHRIM en date du 30 septembre indique une baisse du taux d?occupation de 4,6% pour octobre par rapport à octobre 2007 (passant de 65,6 % à 60,9 %). Pour novembre la baisse sera de 6 %, par rapport à novembre 2007 (passant de 52,3 % à 45,9 %). Pour septembre la baisse du taux d?occupation était estimée à 7,8 %, passant de 73,6 % en 2007 à 65,8 % en 2008. Ce sont les résultats d?une enquête auprès de 47 hôtels - 7 916 chambres (soit 75 % du nombre total de chambres à Maurice).
«La crise touche nos principaux marchés»
● Est-ce que la crise a déjà un impact sur l?hôtellerie? Quelle est votre évaluation de la situation ?
Il est encore trop tôt pour se prononcer sur l?impact direct de la crise financière mondiale des dernières semaines sur le secteur. Pour le moment, nous n?avons pas observé de changements drastiques dans la tendance des voyages et de l?occupation à venir (forward booking) des hôtels mais nous suivons la situation de très près. De manière générale, il y a un ralentissement certain des réservations par rapport à la tendance exceptionnelle de 2007.
● Quelles sont les conséquences de la crise à ce jour ?
Toute crise de cette envergure impactera notre secteur car elle touche nos marchés principaux en Europe et en Angleterre, dont nous dépendons énormément. Leur économie est déjà ? ou sera sous peu ? en récession et cela risque d?affecter directement le pouvoir d?achat et la capacité des personnes à investir dans des voyages long courrier, par exemple. Pour contrer cela, il nous faut prendre un certain nombre de décisions pour minimiser l?effet négatif. Toutefois, il faut souligner que valeur du jour et comparé à d?autres destinations, nous nous en sortons honorablement puisque certains autres pays connaissent depuis deux ou trois mois des baisses assez conséquentes.
● Les réservations pour les trois prochains mois ou même début 2009 sont-elles affectées ?
Le problème du sub-prime de date pas d?aujourd?hui et il a pris du temps pour affecter l?Europe. Ce problème a été un des facteurs de ralentissement économique en Europe et à Maurice, nous avons commencé à ressentir les effets depuis mai dernier. D?ailleurs, le ralentissement dont je vous parlais se reflète dans la croissance de l?année qui a étémoins bonne que prévue et dans les chiffres publiés par des compagnies hôtelières cotées en Bourse. L?année prochaine sera certainement challenging pour le secteur.
● Quel sera le taux de remplissage pour novembre- décembre par rapport 2007 ?
D?après les éléments que nous avons compilés chez nos membres, le taux d?occupation des trois prochains mois sera inférieur à l?an dernier mais la situation n?est pas dramatique car le secteur entre dans la haute saison et il y a une part importante de last-minute bookings aujourd?hui.
Par ailleurs, il ne faut pas oublier que 2007 a été une année record en termes d?arrivées.
● Que faites-vous pour affronter les problèmes ?
Il faut se rappeler que le secteur a connu en 2008 un ralentissement dû au triple choc causé par la récession économique dans nos marchés traditionnels ; le prix du pétrole en constante augmentation ? ce qui affaiblit l?industrie du voyage ; la compétitivité accrue des destinations se basant sur le dollar face à l?euro.
Face à cette tendance, le secteur a beaucoup misé sur un marketing plus agressif sur les marchés traditionnels et la prospection de marchés émergents plus flexibles. Nous comptons aussi sur une collaboration étroite avec les partenaires et nous espérons, par exemple, que le nouvel accord entre Air Mauritius et Air France nous aidera à améliorer l?accessibilité de l?aérien vers Maurice.
De plus, dans ces circonstances, je crois que tout le monde revoit ses coûts d?opération et essaie d?être plus performant car avec les hausses des coûts d?énergie, de nourriture, d?intérêts, et la roupie qui ne cesse de s?apprécier contre les revenus en devises (euros, livres et rands), la marge de man?uvre est réduite. En bref, il faut réduire les coûts, stimuler les marchés existants et émergents et prévoir des sièges additionnels là où il y a la demande.
● Cet impact risque-t-il de compromettre les projets de certains groupes ?
Pas pour le moment, mais il est vrai que certains projets pourraient être reportés en attendant des jours meilleurs. C?est sûr que, dans cet environnement, le risque est plus élevé et le financement plus cher avec la crise. Mais nous l?avons dit et répété, ce secteur est prometteur tout en étant fragile et volatile.
● Peut-on quantifier les pertes dues à cette crise ?
Il est actuellement impossible de quantifier cet impact tout comme il est impossible de savoir combien de temps la crise va durer.
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