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Les réformes créent de nouveaux remous
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Les réformes créent de nouveaux remous
C?est une déception pour les amis des pauvres. Une conférence sur la réduction de la pauvreté qui devait être organisée sous l?égide du ministère des Finances demain a été reportée. C?est le résultat de la confusion qui s?installe depuis que des voix influentes au sein du Parti travailliste se remettent à contester ouvertement la politique officielle de réforme de l?Etat providence.
Au cours de la conférence qui devait avoir lieu demain, le Bureau central des statistiques allait rendre publiques les dernières statistiques sur la pauvreté à Maurice. Le ministre des Finances avait prévu, pour sa part, d?énoncer les grandes lignes d?un programme d?action visant à éradiquer la misère. Mais les organisateurs de l?événement ont préféré renvoyer la discussion à une date ultérieure estimant que le climat n?est pas «serein».
Les divergences au sein du gouvernement étaient déjà apparentes quand Rama Sithanen avait dénoncé, dans des interviews accordées à des radios privées, la «démagogie» et «l?hypocrisie» qui règnent dans les rangs de son parti. Il avait regretté l?absence de «volonté politique» et de «consensus» pour appliquer les réformes économiques.
Samedi, la députée travailliste, Nita Deerpalsing, lui a donné la réplique. Elle a néanmoins effectué des slaloms pour s?en prendre nommément à des éditorialistes de l?express afin d?éviter d?attaquer frontalement son colistier Rama Sithanen. La veille, le backbencher avait adressé un courrier à deux journaux pour s?en prendre, avec virulence, à ceux qui soutiennent les mesures de ciblage en faveur des pauvres.
Les propos de Nita Deerpalsing ont choqué beaucoup d?auditeurs. Elle a accusé ceux qui prônent le ciblage de «rod la gratel» et les a accusés de vouloir provoquer «une bagarre raciale». La députée a qualifié de «simpliste» l?idée de mieux cibler l?aide sociale. Elle se prononce en faveur des subsides universels et suggère que leur financement soit assuré par des taxes sur les projets Integrated Resorts Scheme et sur des produits de luxe.
Outre la lutte contre la pauvreté, c?est la réforme des pensions qui sème la discorde au sein du gouvernement. Cette question a été abordée lors des deux dernières réunions du Conseil des ministres. Cette réforme semble désormais enterrée. En effet, le Premier ministre a décidé de confier à un comité interministériel le soin de poursuivre la réflexion sur le sujet. Ce comité sera présidé par le Premier ministre et comprendra les ministres des Finances, du Travail et de la Sécurité sociale. Le poids des orthodoxes au sein de cette instance préfigure déjà ses recommandations finales.
La réforme du système des retraites est une question qui a fait l?objet de plusieurs études depuis des dizaines d?années. Tous les analystes prévoient l?implosion, dans le moyen terme, du fonds des pensions si l?âge de la retraite n?est pas repoussé. Pour des raisons électoralistes, le gouvernement pourrait opter de ne rien faire. Les conséquences de sa décision ne se feront sentir que dans 40 ans ou plus?
Pourtant, le gouvernement avait déjà donné son accord de principe à cette réforme. Dans le discours du budget qu?il avait prononcé le 9 juin 2006, le ministre Sithanen était affirmatif : «Therefore, in line with the recommendations of all the experts, Mr Speaker, Sir, the retirement age will gradually be raised from 60 to 65 years, both in the public and private sectors... Our second reform is to secure the long-term sustainability of the Basic Retirement Pension. Starting August 2008, the entitlement age to the BRP will also be raised by one month every two months to reach 65 years by 2018.» Pour conclure son allocution en juin 2006, le ministre avait déclaré : «Le temps des paroles est révolu. Il est temps d?agir.» Il n?avait pas prévu qu?avant de passer à l?action, il y aurait trop de bâtons dans les roues.
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