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Les produits “bio” ne trouvent pas preneur

11 novembre 2004, 00:00

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Si les Mauriciens se soucient de la protection de l’environnement, le concept du ‘vert’ n’est toutefois pas encore ancré dans nos mœurs. L’étude sur les habitudes d’achats des consommateurs verts à Maurice, entreprise par Roubina T.D Juwaheer, Senior Lecturer à l’Université de Maurice, révèle d’une part que les Mauriciens ne sont pas conscients de ce que c’est réellement, de “passer au vert”. D’autre part, l’étude révèle aussi que les producteurs locaux sont prêts à adopter une ‘productivité verte’, si des green incentives leur sont accordés par le gouvernement.

“Nous avons entrepris cette étude sur une période de quinze mois avec le financement du Mauritius Research Council afin de voir si les Mauriciens étaient passés au vert, c’est-à-dire s’ils avaient adopté une vie plus saine. Et suivant cet objectif, nous avons voulu voir qui sont ces personnes en tenant compte de l’aspect démographique”, explique Roubina Juwaheer.

L’étude a ainsi été divisée en 2 parties, dont une concernant les industries incluant les divers secteurs de l’économie mauricienne, (manufacturiers, les banques, les hôtels…). Et la deuxième partie a pris en compte les consommateurs. “Cette étude a touché un échantillon très satisfaisant de la population mauricienne et les résultats sont très parlants”, ajoute-t-elle. Certes, les Mauriciens se soucient de la protection de l’environnement mais les résultats de cette étude démontrent qu’ils ne comprennent pas forcément la nécessité de passer au vert, ou même ce que signifie un produit vert.

<B>Des produits écologiques</B>

Les produits verts sont les produits with minimum detrimental impact to the environment. En d’autres mots, tout ce qui est sain. “Il faut savoir qu’il ne s’agit pas simplement de produits que nous mangeons, mais tout produit qui a trait à la santé de la société. Qu’il s’agisse de sachets en papier recyclé ou de laitues hydroponiques…”, nous explique le Senior Lecturer. Le prix des produits verts est relativement plus élevé que celui des autres produits. Ce qui poserait un problème aux consommateurs qui s’intéresseraient à consommer “vert”. En effet, alors que les Australiens, par exemple, sont prêts à payer plus cher simplement pour être des consommateurs verts, et sauvegarder la nature, il ressort de cette étude que les Mauriciens ne sont pas prêts encore à payer plus cher. Ceci résulte d’une situation économique difficile et du niveau d’endettement profond de nombreux Mauriciens.

En ce qui concerne la production locale, Roubina Juwaheer déclare que l’étude révèle que les industries sont très intéressées. “Les entreprises veulent passer au vert pour deux raisons principales. La première : pour l’image de l’entreprise. Et la seconde, pour l’aspect de la Corporate Social Responsibility. Toutefois, elles déplorent toutes le manque d’aide de l’Etat. Les coûts de production étant vraiment très élevés, les entreprises mauriciennes s’attendent à une meilleure considération de l’Etat car actuellement il n’y a pas de green incentives, par exemple une réduction de la taxe sur l’importation des machines spéciales pour passer à la production verte”, explique la Senior Lecturer de l’Université de Maurice.

<B>Sensibiliser les enfants</B>

Certes, le gouvernement, les municipalités et les ONG font beaucoup de travail au niveau de l’environnement, et les Mauriciens sont très environmental conscious. Mais selon les résultats de cette étude, seul 33 % de Mauriciens pensent qu’avec ces campagnes, le comportement des mauriciens s’améliorera. “De même, on note qu’en termes d’achat de produits organiques et de produits non - organiques, la tendance mauricienne est plus pour la consommation de produits non – organique…”, souligne notre interlocutrice.

Cette étude classe ainsi la population mauricienne selon cinq groupes de green segment. 19,4 % sont des ‘indiferrent green’, donc indifférents, 13, 4 % des poor green, très peu intéressés, 33, 6% des light green, ils considèrent le prix des produits avant toute chose, et 22 % des moderate green, pour lesquels le prix n’est pas un élément prépondérant. Seulement 11,6 % sont des pure green, des militants de l’environnement, disposés à payer plus cher.

Toutefois, il est remarquable que les 11, 6 % de Mauriciens pure green sont issus de régions urbaines. Toutefois, pour Roubina Juwaheer, “11,6 % est un taux est insignifiant, car nous sommes un pays nouvellement industrialisé et comparé à d’autres pays d’Afrique, nous sommes bien loin derrière dans ce domaine. Beaucoup de pays d’Afrique mangent plus sainement que nous et sont passés au vert. Même à Rodrigues, la situation est différente. Les Rodriguais préfèrent planter leurs légumes et s’en occuper sans avoir recours à des produits chimiques.”

Roubina Juwaheer estime, pour que Maurice passe au vert, l’Etat, les producteurs et les consommateurs doivent se concerter. Il faut d’abord œuvrer à influencer les moderate, ‘light’ et ‘poor’ ‘green population’. “Avec un travail de sensibilisation intensif, on peut arriver à influencer ces segments de la population et les conscientiser à passer au vert”.

Toutefois, elle pense que le travail est énorme car les producteurs ont besoin d’aide pour proposer aux consommateurs des produits sains. Il devient de ce fait nécessaire d’avoir des green legislations pour que Maurice passe complètement au vert. “Et à travers beaucoup plus de médiatisation autour, nous pourrons sensibiliser les gens. D’ailleurs on note que le message passe mieux à travers les enfants. Pourquoi ne pas commencer à faire des campagnes de consommation de produits sains dans les écoles primaires et pré – primaires ?”, déclare notre interlocutrice.

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