Publicité

Les prix animent l?hémicycle

1 novembre 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Une Private Notice Question (PNQ) dont la réponse est déjà connue, mais qui provoque de vives réactions. Voici ce qui s?est déroulé hier au Parlement. Nando Bodha a interrogé le ministre des Finances sur le nombre d?employés qui ont reçu une compensation salariale et s?il était au courant d?une baisse du pouvoir d?achat des Mauriciens. Le leader de l?opposition voulait aussi savoir si le gouvernement avait l?intention de rappeler le comité tripartite pour discuter de la chose.

La réponse de Rama Sithanen ne surprend personne puisque les éléments de réponse étaient connus d?avance. Si le ministre des Finances affirme se désoler de la montée des prix, il se dit impuissant face à cette situation. Situation qu?il impute à ?l?héritage catastrophique? de l?ancien gouvernement. Et il n?est pas question de rappeler le comité tripartite, argue Rama Sithanen, parce que ?ce n?est pas dans les normes?.

Le ministre des Finances explique que le pouvoir d?achat des Mauriciens ne remontera que s?il y a une croissance économique. Les réformes mises en place vont justement dans ce sens.

La réponse du grand argentier a également été l?occasion pour ce dernier de rappeler ? il ne le dit pas en autant de mots ? à ses collègues les raisons des réformes. Et de confirmer sa croyance en des lendemains meilleurs.

Un ?income support? mis en place

La pratique est que la compensation salariale est calculée à partir du taux d?inflation. Ce chiffre a été estimé à 5 % pour l?année 2005-2006. Ceux touchant jusqu?à Rs 2 700 par moins ont donc eu droit à une compensation salariale de 5 %. Pour ceux touchant plus de Rs 2 700, une compensation de Rs 135 a été allouée. Le ministre des Finances rappelle sa demande aux entreprises profitables de payer plus de compensation à leurs employés. 420 000 personnes ont, à ce jour, obtenu une compensation salariale, dont 96 000 qui travaillent dans le secteur public. Cet exercice a coûté à l?Etat Rs 1,5 milliard, dont Rs 365 millions sont allées aux pensionnaires et à ceux qui bénéficient de la Sécurité sociale.

Pour compenser la perte du pouvoir d?achat, le gouvernement a mis en place l?income support. Réponse qui a fait rire les membres de l?opposition. Nando Bodha est d?avis que la situation précaire des Mauriciens est en grande partie due à la décision du gouvernement d?enlever les subsides sur le riz et la farine. Commentaire qui a mis Rama Sithanen hors de lui. Il affirme être ?le premier à reconnaître qu?il y a une augmentation des prix. Mais c?est hors de notre contrôle.? Elément qui a également soulevé des objections de l?opposition.

?Est-ce que le ministre est conscient du fait que le prix de la farine a connu une augmentation de 92 %, celui du pain, 60 % et les grains de 122 % ? Et que l?income support n?est pas suffisant ?? se demande Nando Bodha. Question à laquelle le ministre avait déjà répondu. Mais il en profite pour s?en prendre à ses détracteurs : ?Ceux qui ont violé l?économie de Maurice ne peuvent pas parler ainsi. Ceux qui ont à ce point gaspillé l?argent public ne peuvent pas dire ces choses-là. Nous n?avons pas de leçons à recevoir d?eux !?

?People are saying mil fwa Bunwaree !? s?écrie Rajesh Bhagwan. ?Même les trous où l?on devait planter des arbres ont disparu !? rétorque le grand argentier.

Paul Bérenger intervient pour dire que la situation actuelle, où le taux d?inflation est le double de celui estimé, est exceptionnelle. Cette situation exceptionnelle mériterait que l?on prenne des mesures exceptionnelles, comme rappeler le comité tripartite. Rama Sithanen récuse l?information selon laquelle le taux d?inflation serait le double de celui estimé. Et même, ajoute-t-il, cette situation s?est posée en 1982-1983 et 1989-1990 et ?à aucun moment, le gouvernement d?alors avait rappelé le comité tripartite?.

Nando Bodha veut aussi avoir confirmation du ministre ?qu?il avait mené campagne pour garantir que les prix n?augmenteraient pas sous le régime travailliste?. Le speaker n?accepte pas la question. Ce qui provoque la colère de Paul Bérenger. Nando Bodha reprend de plus belle en accusant Rama Sithanen de ?mauvaise gestion de l?économie?. Le reste est noyé dans un brouhaha total.

Le ministre des Finances accuse, quant à lui, l?ancien régime ?d?avoir joué avec le taux de change pendant trois ans?, ce qui a amené une hausse des prix des produits importés. Il ajoute que pour la première fois, le taux de chômage a régressé. ?10 000 emplois sont disponibles dans le textile.?

Rama Sithanen maintient qu?il y a une petite remontée de la situation économique. ?C?est mieux que rien. Tout le monde sait que quand la situation économique s?améliore, le pouvoir d?achat de l?employé augmente.?

Publicité