Publicité

Les polytechniques, une alternative au HSC

1 février 2005, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Imiter la réussite singapourienne en matière d?éducation? Oui, mais en utilisant les polytechniques comme une alternative au ?très académique? Higher School Certificate (HSC). C?est le pari que tente le ministère de l?Education. A partir de la mi-mars, une cinquantaine de détenteurs du School Certificate (SC) seront admis à la Swami Dayanand Institute of Technology, à Pamplemousses, en vue de décrocher des diplômes polytechniques en Etudes de commerce et technologies d?information et de communication (Tic). Chaque formation a été conçue avec l?assistance de la Technical and Further Education (TAFE) de l?Australie.

Le choix des diplômes devrait s?élargir au fil des ans pour inclure en 2006 des diplômes en services bancaires et financiers, en ingénierie électronique et des télécommunications et en systèmes d?informations du business.

Mêler l?éducation générale à la formation technique est pour le ministère de l?Education un moyen d?encourager les jeunes à devenir des cadres de niveau moyen capables d?apporter leur contribution à une économie mauricienne basée sur la technologie et les services. Les diplômés des polytechniques pourront, en outre, poursuivre des études supérieures s?ils le souhaitent.

?Cette formation polytechnique préparera les jeunes au monde du travail. Non seulement à trouver de l?emploi mais également à monter leurs propres entreprises, chose que les écoles ne sont pas arrivées à faire. Les mentalités doivent évoluer?, explique le ministre de l?Education, Steven Obeegadoo.

Les formations polytechniques, qui dureront trois ans et qui tomberont sous la responsabilité du Technical School Management Trust Fund (TSMTF), seront presque entièrement financées par le gouvernement, mais le ministre Steven Obeegadoo souhaite une étroite collaboration entre les polytechniques et le secteur privé. Ainsi espère-t-il que les entreprises privées parraineront le projet par le biais d?internats pour les étudiants et d?intervenants pour assurer certains cours.

Cette ?hands-on approach? comporte plusieurs avantages. Les internats, ou Industrial Training Programmes, dureront une période maximale de trois mois et aideront les étudiants à développer les talents relatifs au travail en équipe. Ils pourront mettre en pratique leurs connaissances tout en étant exposés au monde du travail.

Le ministre de l?Education compte également sur le concours de l?université de Maurice. Il espère que celle-ci aidera à élaborer le contenu des cours et acceptera la demande du ministère d?accorder une exemption d?un an aux diplômés des polytechniques. Ainsi, l?université serait appelée à allouer chaque année un certain nombre de places à ceux qui souhaitent poursuivre des études supérieures.

La réussite d?une telle initiative, précise le ministre, repose sur la demande et non sur l?offre. A titre d?exemple, dit-il, les quatre collèges polytechniques de Singapore prennent en charge 40 % de ceux qui complètent leur éducation secondaire. Précision toutefois : si ce système a inspiré le ministère de l?Education, le modèle mauricien sera cependant adapté aux spécificités locales.

Et tandis que les conclusions des parties concernées ? secteur privé, directeurs de collèges, syndicalistes ? sont attendues dans deux semaines, les premiers signes sont encourageants. ?L?université est favorable à ce projet quoiqu?il arrive un peu tard. L?exemption d?un an ne devrait pas poser de problème?, déclare le vice-chancelier de l?UoM, le Pr Goolam Mohamedbhai, avant de préciser que ?transformer les diplômés des polytechniques en diplômés universitaires ne devrait pas être une priorité.?

Pour sa part, le directeur du principal organisme du secteur privé, en l?occurrence le Joint Economic Council, Raj Makoond, explique que le projet polytechnique offre ?deux connectivités?, dont une avec le monde du travail et l?autre avec l?éducation supérieure. ?Il reste tout de même des questions à régler, tels la mise en ?uvre et le cadre légal?, explique-t-il.

Publicité