Publicité

Les politiques prennent les choses en main

16 juillet 2005, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Le moment est venu pour Maurice et ses partenaires d?Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) de jouer leur va-tout pour le sucre. Les ministres européens de l?Agriculture se penchent sur le projet de réforme sucrière à partir de demain. Et ce sont eux, les politiques, que les ACP doivent convaincre d?être plus souples dans leur stratégie de réforme.

C?est la ministre britannique de l?Agriculture, de l?Environnement et du Développement rural, Margaret Beckett, qui préside la séance. L?Angleterre est en faveur d?une élimination de toute subvention à l?agriculture. Petite lueur d?espoir : elle est aussi en faveur de mesures d?accompagnement pour les partenaires de l?industrie sucrière européenne.

Il ne reste plus aux ACP qu?à faire un travail de fourmi pour gagner des votes en faveur de leur cause. Ils demandent une baisse moins conséquente du prix, étalée sur une plus longue période et assortie de mesures d?accompagnement plus significatives pour les aider à produire à moins cher.

Comme l?a fait ressortir Juan Carlos Rey, chef de mission de la Commission européenne à Maurice, vendredi à la cérémonie d?inauguration de la récolte à Belle Vue Mauricia, l?Union européenne (UE) ne reviendra pas sur sa décision de réformer son régime sucrier. Celle-ci a été entamée à la demande des États membres car le sucre est la production la plus protégée et mobilise à elle seule, 80 % du budget européen pour l?agriculture.

Le devoir de les aider durant la transition

Maurice ne conteste pas le bien-fondé de la réforme du régime sucrier européen. Elle cherche simplement à éviter qu?elle se fasse à son détriment. Elle qui fait des efforts pour améliorer son coût de production souhaite disposer de temps et de moyens pour y parvenir. À son avis, l?UE est contractuellement, moralement et historiquement liée aux producteurs sucriers ACP. Elle a donc le devoir de les aider durant la transition. « Nous savons que la baisse de prix est inévitable. Belle Vue s?y est d?ailleurs préparée. Cependant, nous ne nous attendions pas à ce qu?elle soit aussi drastique », avoue Denis Pilot, l?administrateur de Belle Vue Mauricia.

Ce complexe est l?un des plus grands et modernes du pays. Il a encore investi Rs 36 millions cette année pour améliorer davantage son efficience. La récolte ne sera pas excellente et la production devrait tourner autour de 120 000 tonnes de sucre. Denis Pilot a demandé à Juan Carlos Rey d?intervenir en faveur des producteurs mauriciens à la Commission européenne.

Le chef de mission fait remarquer que rien n?est encore définitif. Le chiffre de 39 % n?est pas final. L?UE n?est pas inflexible. Les 40 millions d?euros (Rs 1,3 milliard) qu?elle propose de mettre à la disposition des dix-huit pays ACP producteurs de sucre ne sont pas finaux.

Publicité