Publicité
Les PME des services en attente d?incitations
Par
Partager cet article
Les PME des services en attente d?incitations
Le nouveau gouvernement compte beaucoup sur les PME pour résorber le chômage et relancer la croissance. Les conditions ne sont pas cependant réunies pour réaliser cette ambition.
Les nouveaux décideurs politiques ont pendant des années fait campagne en faveur de la démocratisation de l?économie qui ferait la part belle aux entrepreneurs : il faut donner à un plus grand nombre d?acteurs économiques les moyens de participer à la création de la richesse nationale.
Cette emphase sur les PME coïncide avec la volonté d?encourager une économie des services. Il faudra donc plus de petits opérateurs dans les secteurs de la distribution, la technologie informatique, l?hôtellerie, le transport, la communication, la formation et l?enseignement, la restauration, la construction, les soins de santé, les loisirs, les services d?affaires, et dans la sous-traitance, entre autres.
Le nouveau gouvernement devrait d?abord s?attaquer à l?épineux problème de l?accès aux financements. Les nouvelles activités ont besoin de solutions financières innovantes qui tiennent compte des caractéristiques propres du business en question. Or, plusieurs activités de service ne sont pas convenablement desservies par les plans de financement existants, dont ceux de la Development Bank of Mauritius (DBM). À titre d?exemple, les techno-entrepreneurs sont soumis au même régime de solutions financières que ceux opérant dans les activités de transformation industrielles.
«Les plans de la DBM sont destinés aux activités manufacturières. Ils n?intéressent pas nécessairement ceux qui sont dans les services. Dans le manufacturier, les équipements représentent un pourcentage conséquent du projet. Dans les services, par contre, c?est l?investissement dans les ressources humaines qui est le plus important. Or, les financements de la DBM ne sont pas dans cette logique», commente un développeur de solutions Web, Krishna Thirapathi.
En mettant l?accent sur les fonds de roulement, la politique d?accompagnement financier correspondrait mieux aux besoins en capitaux de ceux qui génèrent de la valeur à partir des soft skills. Ces nouvelles techniques, peu reconnues par les solutions financières conventionnelles, seraient alors mieux prises en compte.
Mais il incombe à l?entrepreneur avant tout de se trouver des opportunités et de déployer les moyens nécessaires pour les exploiter de la manière la plus compétitive qui soit. Son business model doit être suffisamment robuste pour qu?il puisse se frayer un chemin à travers les obstacles.
Maurice a besoin de success stories pour devenir une nation d?entrepreneurs. Vikram Jeetah s?est mis à son propre compte depuis quelques années et se donne pour ambition de devenir un entrepreneur complet. Il consacre beaucoup de temps à l?acquisition des diverses compétences en affaires, contrairement à un grand nombre d?entrepreneurs qui n?accorde que très peu d?attention à leur développement personnel.
Ce businessman qui connaît un certain succès, gère, entre autres, plusieurs magasins de produits d?artisanat à travers l?île. «Je pense que j?ai un modèle de business solide en sus de mes qualités de gestionnaire. J?ai pu intégrer des pratiques saines de management à mon organisation et j?accorde beaucoup d?attention au développement et à la motivation de mon personnel. C?est tout cela qui contribue à faire de mon business un succès», explique-t-il.
<B>Le modèle singapourien</B>
Quel est le poids des petits opérateurs dans l?économie nationale ? Selon le dernier Census of Economic Activities (décembre 2002), la valeur ajoutée des petites entreprises (excluant l?agriculture, le port franc, la zone franche, l?offshore et l?Export Service Zone) se chiffre à 16,9 milliards, soit 13,5% du produit intérieur brut (PIB). Le secteur de la distribution et de la réparation des véhicules et des appareils électroménagers apporte la plus grosse contribution à ce chiffre (38%), suivi du transport, de l?entreposage et des communications (14,6%). Viennent ensuite le secteur manufacturier (14,3%) et les services d?affaires et l?immobilier (10%).
La part des capitaux mobilisés par les petits opérateurs dans l?investissement global s?élève à 5,2%. La vision du gouvernement est d?augmenter substantiellement ce chiffre afin de pouvoir réaliser ses objectifs d?une économie plus hétérogène, plus diversifiée et qui soit susceptible de propulser la croissance à un niveau supérieur malgré l?essoufflement du sucre et de l?industrie de la confection.
Mais il faut avant tout une masse critique de petits et moyens opérateurs. Le modèle entrepreneurial singapourien peut être très instructif à nos décideurs. «Le gouvernement singapourien a mis en place un environnement business-friendly pour les opérateurs. Deuxièmement, il veille à l?émergence d?un réservoir de gens disposés à prendre des risques en affaires. On peut avoir tout l?encadrement qu?il faut, mais s?il n?y a pas suffisamment de personnes qui prennent des risques, rien ne va se passer», affirme Maurice Lam, un consultant en affaires basé à Singapour.
Le gouvernement singapourien encourage même les PME étrangères à venir s?installer dans le pays. Depuis cette ouverture, beaucoup de jeunes entrepreneurs indiens s?y sont installés. Une idée qui devrait inspirer les dirigeants mauriciens surtout si la masse critique de petits opérateurs se fait attendre.
Publicité
Publicité
Les plus récents