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Les petits planteurs mieux armés

5 avril 2005, 00:00

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Des plaines du Nord aux versants du Sud, les planteurs ont de quoi être satisfaits. Les mesures veulent tenir compte des défis de l?agriculture moderne et des dures réalités au niveau mondial.

L?industrie sucrière encaisserait dès 2006 une baisse de 37% du prix garanti sur le marché européen. Pour faire face à l?échéance, l?Etat propose un plan de réforme accélérée, étalé sur 10 ans pour l?ensemble du secteur: centralisation, utilisation optimale de la bagasse, recherches soutenues, sucre à valeur ajoutée et l?utilisation de l?éthanol comme carburant.

Au-delà de ces grands axes, la réforme cible les petits planteurs, prônant leur regroupement, de même que la préparation de leurs terres pour que la production soit optimale.

D?ici fin 2006, l?Etat assurera l?épierrage et l?irrigation de 2 000 arpents, les propriétaires devant au préalable se regrouper en unités viables. Pour y parvenir, la Mauritius Sugar Authority contractera un emprunt de Rs 500 millions. L?objectif de l?Etat est d?épierrer 30 000 arpents occupés par les petits planteurs au cours des dix prochaines années.

Dans le contexte économique qui s?annonce, certains de ces petits planteurs ne seront plus compétitifs. De fait, ils seront exemptés de toutes les taxes lors de la reconversion de leurs terres en morcellement. Cependant, la superficie maximale de ces terres sera d?un hectare et devra se situer dans une zone proche des régions en développement, non desservies par l?irrigation.

A ce jour, 45 000 planteurs contribuent à la production énergétique avec leur bagasse. Ils sont déjà actionnaires, à travers le Sugar Investment Trust (SIT), des centrales thermiques des établissements sucriers. En accord avec la volonté de démocratisation de l?économie, un Energy Equity Fund (EEF) sera mis en place. Ce fonds fera l?acquisition de 6 à 8 % des parts dans toutes les centrales, au-delà de celles déjà détenues par le SIT.

Le SIT possédera 25% du EEF à sa création. Les planteurs seront ensuite invités à se porter acquéreurs du reste du fonds. La Mauritius Post and Cooperative Bank, à cet effet, leur accordera des emprunts grâce à un plan spécial. ?Avec cette mesure, les planteurs et les employés de l?industrie sucrière en tant qu?actionnaires, détiendront entre 21% et 26% dans les centrales privées à travers le SIT?, déclare Pravind Jugnauth. Le texte de loi y relatif, le Sugar Industry Efficiency Act sera subséquemment amendé.

Village hydroponique à Belle-Vue

L?Etat se porte aussi garant de la pérennité de l?industrie sucrière. Hormis les mesures locales, il s?est engagé dans des campagnes de lobbying auprès des Etats-membres de l?Union européenne pour que les intérêts des pays tels que Maurice soient sauvegardés. L?Etat veut aussi permettre à l?industrie de croître dans de meilleures conditions.

Les récentes pluies et le passage du cyclone Hennie ont démontré, une fois de plus, la vulnérabilité des petits planteurs. Leur culture vivrière a été sérieusement touchée. Sensible à cette situation, l?Etat propose une série d?aides financières à tous les planteurs enregistrés auprès du Small Planters Welfare Fund. Cette aide touchera quelque 6 200 planteurs de légumes.

Désormais, ces cultivateurs auront droit à une somme exceptionnelle allant de Rs 2 000 à Rs 3 000, déterminée par l?étendue des dégâts encourus. 200 kg de fertilisants gratis seront distribués pour chaque planteur, ainsi que des graines. Le rééchelonnement de leurs dettes auprès de la Banque de développement sera favorisé. Et un emprunt de Rs 30 000 l?arpent sous le Permanent Disaster Scheme à 3% l?an pour un maximum de Rs 60 000 par planteur sera introduit.

Comme indiqué dans le Non-Sugar Sector Strategic Plan, la viabilité de l?agriculture est tributaire du transfert des technologies. L?une d?elles est la culture hydroponique. Pour diminuer le poids que peut représenter pour les petits planteurs le côut des installations, l?Etat leur apporte l?infrastructure requise.

Le savoir-faire du Food and Agricultural Research Council sera mis à l?épreuve pour la création d?un village hydroponique dernier cri à Belle-Vue, au coût de Rs 18 millions. La Banque de développement, une fois de plus, accordera un prêt de Rs 15 millions. Le village contiendra 26 unités à louer aux planteurs. Pour les six premiers mois, ils seront exemptés du loyer. Ce projet sera par la suite étendu aux autres régions.

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