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Les petits opérateurs craignent la libéralisation des tarifs
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Les petits opérateurs craignent la libéralisation des tarifs
C?est une question de vie ou de mort. La libéralisation des tarifs de téléphonie par Internet, selon la formule proposée par l?Information & Communication Technologies Authority (Icta), fait voir rouge aux nouveaux entrants. Ils craignent de devoir raccrocher pour de bon si l?autorité régulatrice met à exécution son plan en mars.
La peur ne résulte pas forcément de la libéralisation des tarifs elle-même. Celle-ci est même accueillie à bras ouverts par l?ensemble des opérateurs. C?est avant tout le rôle de Mauritius Telecom (MT), déjà dominant, qui inspire les craintes.
Seul maître de ses tarifs, MT pourrait s?il le souhaite étouffer le marché en proposant des prix défiant toute concurrence suffisamment longtemps pour éliminer tous ses rivaux. Par conséquent, les nouveaux venus exigent l?encadrement des tarifs de MT. Ils le feront savoir avant le 15 février, date de la fin des consultations entre les opérateurs et l?autorité.
?La proposition est extrêmement inquiétante. Il y a une grande incompréhension au sein de la profession sur le fait que l?Icta ne fait pas référence à l?opérateur qui a une part significative du marché. Il faut un débat à ce sujet. C?est la survie du marché qui en dépend?, soutient Michel Rigot, directeur général de City Call, filiale locale du français Outremer Telecom. Environ 10 % de ses activités concernent directement la téléphonie par Internet, avec Alo.
?Dans ces conditions, il suffirait au gros requin de baisser drastiquement ses prix et une fois tous les petits opérateurs morts, de les faire remonter à sa guise?, renchérit Ganesh Ramalingum, directeur général de Data Communications Ltd (DCL), leader du marché avec EasiCall. Pour John Ng, directeur exécutif de Hotlink, compagnie qui a lancé Yello : ?Si l?Icta ne s?assure pas que MT ne fait pas du price dumping, tout le monde sera éliminé.?
Faibles marges de profit
Et les petits opérateurs sont déjà réduits par la compétition à faire de très faibles marges de profit sur chaque minute de téléphonie par Internet. Actuellement, l?usager paie autour de Rs 6 la minute d?appel pour les destinations les plus cotées. A ce rythme, la marge de bénéfice des opérateurs se situe aux environs de 50 sous chaque 60 secondes d?appel.
Or la proposition présentée par l?Icta lundi lors d?une session d?explication aux opérateurs préconise une liberté totale à ces derniers sur les tarifs de téléphonie internationale, d?Internet et de téléphonie mobile. Libres de décider de leurs propres tarifs, les opérateurs pourraient certes mener une compétition ouverte. Pour l?Icta ceci serait à l?avantage des consommateurs. ?Ils obtiendraient de manière générale le meilleur service aux meilleurs prix?, estime-t-on au niveau de l?autorité régulatrice.
Jusqu?ici, avant de pouvoir proposer à leurs clients un tarif pour la téléphonie par Internet, les compagnies engagées dans ce segment étaient obligées de le faire approuver par l?Icta selon l?article 31(1) de l?ICT Act de 2001. Un an après l?entrée en service du premier opérateur de téléphonie par Internet, Mauritel, avec sa WorldCard, l?Icta estime que le marché est suffisamment mûr pour déterminer lui-même ses tarifs. Pour l?Icta ?dans un marché libéralisé, il n?est pas convenable pour l?autorité de réguler les tarifs de chaque service. Les opérateurs devraient avoir la liberté d?ajuster leurs tarifs conformément aux conditions prévalant sur le marché?.
Aujourd?hui, la téléphonie par Internet pèse de 20 à 25% du marché de la téléphonie internationale. Six opérateurs, dont cinq nouveaux, se le partagent. MT, avec sa carte Sezam et DCL s?offre environ 85% du marché de la téléphonie par Internet.
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