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Les petits commerces font grise mine

24 mai 2008, 00:00

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Si les petits commerces veulent survivre, il leur est impératif de se moderniser. Il est un fait que l?avènement des grandes surfaces a effrité leur clientèle. De plus, d?autres supermarchés et hypermarchés ouvrent leurs portes bientôt, dans plusieurs régions de l?île. Et qui dit implantation d?une grande enseigne dit perte de clients pour les petites boutiques traditionnelles.

Le problème ne date pas d?hier mais il empire avec la grande distribution qui étend ses activités. «On ne peut pas se battre contre les grandes surfaces, explique Santosh Ramnauth, président de la Shop Owners? Association (SOA), surtout quand elles font des promotions. On a du mal à suivre.» Cet état de choses est dû au fait que les supermarchés et autres hypermarchés, qui achètent leurs articles en gros, obtiennent un meilleur prix auprès des fournisseurs.

Santosh Ramnauth affirme que de nombreux commerçants éprouvent des difficultés et que certains roulent à perte. En effet, c?est rare de voir des consommateurs faire leurs «commissions» de fin de mois dans les petites boutiques. Marylyn Ip, commerçante de Ste-Croix, estime qu?elle n?est qu?un «dépanneur». «C?est en milieu du mois que les gens viennent acheter une boîte de lait, par exemple, mais notre baisse de clientèle est aussi due, dans certains cas, à nos horaires.»

Pour Santosh Ramnauth, il faut changer la manière de fonctionner des petits commerces, investir et se moderniser. «Il y a des commerces qui sont repoussants de par leur aspect sombre à l?intérieur et terne à l?extérieur, ajoute-t-il, alors qu?il faudrait les transformer en mini-market ou supérette et présenter des produits plus variés, d?une façon plus attrayante, d?autant plus si elles se trouvent dans des endroits stratégiques.»

Resister a la concurrence

Cependant le gros problème des petites boutiques demeure le financement. Le président de la SOA fait donc un appel pour qu?on leur accorde des prêts à un faible taux d?intérêt. Il note aussi un manque de professionnalisme et de connaissances en marketing. «Il faut évoluer et c?est la seule façon de résister à la concurrence.»

Preety Kasee, dont le commerce est situé en bordure de la route principale de Terre-Rouge, abonde dans le même sens. Elle réfléchit déjà à transformer sa boutique en petit supermarché. «Jusqu?à maintenant j?arrive à subsister grâce, en majeure partie, à la vente au détail de certains produits comme les cigarettes et l?alcool.» Elle n?accorde plus de crédit, dit-elle, parce qu?ils sont nombreux à ne pas s?acquitter de leurs dettes.

«Les petites boutiques ont encore un rôle important à jouer, argue Jean Philippe Venpin, General Manager de Winner?s. Elles sont les voisines des habitants et elles les aident financièrement à travers la vente à crédit, mais il faut qu?elles se modernisent. Le consommateur n?est plus le même qu?il y a dix ans et la demande est plus sophistiquée.»

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