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Les opérateurs de téléphonie internationale grognent
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Les opérateurs de téléphonie internationale grognent
Les nouveaux opérateurs de téléphonie internationale classique risquent de bientôt jouer aux abonnés absents. Dans le telecommunication order n°4 l?Infor-mation & Communication Technologies Authority (Icta) a en effet demandé à ces nouveaux entrants de pratiquer les mêmes tarifs que Mauritius Telecom (MT). Or, cette décision, entrée en vigueur le 14 mai, ?va à l?encontre de la libéralisation du marché?, estiment-ils.
?Quel est l?intérêt pour nous d?être sur ce marché si nous devons nous aligner ? Pourquoi un client retiendrait-il nos services si MT offre la même chose au même prix?, s?insurge Michel Rigot, directeur exécutif de CityCall, filiale mauricienne d?Outremer Telecom. Cet opérateur, qui offre depuis le mois dernier des prix très inférieurs à ceux pratiqués par MT se trouve ainsi dans une position délicate.
En effet, pour être conforme à la loi, CityCall devra augmenter ses tarifs : au lieu d?offrir un service à Rs 8 la minute en heures de pointe, l?opérateur devra afficher Rs 10,20 à Rs 15,60. En heures creuses, l?appel coûtait Rs 6,50 la minute sur certaines destinations. Si l?Icta met en pratique la nouvelle mesure, les prix devront augmenter dans une fourchette de Rs 7,20 à Rs 12 la minute dépendant des pays où l?appel est dirigé.
Révoltée, la direction de CityCall a demandé à ses hommes de loi de déposer une plainte devant le tribunal d?appel des Technologies de l?information et de la communication (Tic) cette semaine. ?Si nous savions que nous allions en arriver là, nous n?aurions jamais investi ici. En faisant ainsi, l?Icta a tué la concurrence?, s?insurge Michel Rigot.
?Signer l?arrêt de mort?
Colin Taylor, président d?Act, association oeuvrant pour les intérêts des compagnies engagées dans le secteur des Tic, va même plus loin. ?C?est signer l?arrêt de mort des nouveaux entrants. Il n?y a aucun intérêt à libéraliser le secteur si tout le monde doit offrir le même prix. C?est contre l?esprit de la libéralisation.?
Chez Hotlink et Emtel, qui s?apprêtent à se lancer dans ce créneau, l?inquiétude est également de rigueur. ?Nous sommes aujourd?hui très inquiets par cette nouvelle mesure. Nous espérons que la position de l?autorité régulatrice évoluera?, affirme-t-on chez Hotlink.
Autre point soulevé par les protestataires : l?uniformité des prix sur toutes les destinations. ?Nos membres engagés dans la téléphonie internationale classique n?ont pas les mêmes accords que MT avec ses partenaires étrangers. Sur certaines destinations, les nouveaux entrants devront offrir le service à perte. Nous allons nous battre contre cette mesure?, déclare Colin Taylor.
L?Icta se montre peu encline à commenter l?affaire. Toutefois, le ministère des Technologies d?information et des télécommunications compterait examiner la question de près.
Pour l?instant, les opérateurs de téléphonie par Internet ne sont pas concernés par cette mesure. Toutefois, depuis l?arrivée fin mars de la carte prépayée Sezam de MT, World Card et EasyCall, qui offrent le même service de téléphonie par Internet, sont en perte de vitesse. Sezam propose en effet des appels à l?international à partir de Rs 6 la minute.
Lors d?une réunion à l?Icta hier, Act a protesté contre ce qu?elle appelle le ?predatory pricing? pratiqué par MT sur ce service. ?Nous croyons que l?opérateur national pratique des prix en dessous du coût réel. Selon nos calculs, MT ne peut offrir son service à partir de Rs 6 la minute?, estime-t-on chez Act.
L?autorité régulatrice, réceptive aux commentaires de l?association, a l?intention de réexaminer la situation afin de vérifier si MT n?est pas en train de pratiquer une politique de ?sous-facturation?. Elle compte également lui demander de décortiquer ses tarifs pour la téléphonie par Internet.
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