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Les marges des distributeurs font débat

25 janvier 2008, 00:00

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Les marges des distributeurs font débat

Le taux d?inflation à Maurice durant l?année financière 2006-2007 a littéralement monté en flèche, passant de 5,1 % (chiffre correspondant à l?inflation durant l?année financière 2005-2006) à 10,7 %.

Les prix de la plupart des denrées n?ont cessé de croître, rognant de façon inexorable le pouvoir d?achat des consommateurs. Le panier de la ménagère a en effet subi ces derniers mois de rudes épreuves à l?issue desquelles il est sorti? considérablement vidé d?une bonne partie de son contenu.

La politique de libéralisation des prix entreprise par le gouvernement devrait en principe encourager la libre concurrence. Mais en réalité les prix, loin d?être déterminés par la loi de l?offre et de la demande, semblent plutôt être fixés par un procédé inexplicable.

Limiter les abus</B>

Le gouvernement, à travers le ministère de l?Industrie, des Petites et moyennes entreprises, du Commerce et des Coopératives, se dit déterminé à laisser libre cours au jeu de la concurrence dans le secteur de la distribution. Néanmoins, il estime que pour un certain nombre de biens, son intervention dans le but de limiter des abus est nécessaire.

A ce jour, ces biens sur lesquels le ministère du Commerce exerce un contrôle sont notamment le pain, le blé, le riz, le ciment, le gaz ménager (Gaz LPG), le kérosène DPK, l?essence, le gasoil, l?huile lourde et les engrais chimiques. Pour d?autres denrées, le gouvernement définit une marge maximale (maximum mark up) au-delà de laquelle le distributeur ne devrait pas s?aventurer.

Ainsi sur les fruits frais importés, le gouvernement autorise une marge maximale de? 45% sur la valeur CAF (Coût, Assurance, Frêt) assortie d?une indemnité spéciale (special allowance) de 5% pour couvrir certains risques liés, par exemple, aux pertes dues aux détériorations des produits. Au total, une marge maximale de 50 % a été autorisée par le ministère du Commerce dans le but de «réglementer» le prix des fruits sur le marché mauricien.

<B>«Pénurie insoutenable»</B>

En ce qui concerne le lait en poudre pour bébés, la marge maximale est de 17 %. Mais pour ce produit, aucune indemnité spéciale n?a été prévue. Quant aux produits pharmaceutiques, la marge maximale est de 35 % et l?indemnité spéciale s?élève, elle, à 2 %. Les importateurs de bois peuvent pratiquer une marge ne dépassant pas 25 % avec une indemnité spéciale de 20 %. Aux pneus et chambres à air, la marge à ne pas dépasser est 25 %, avec une indemnité de 6 %.

Quant aux produits tels que le corned mutton importé, le corned beef importé, le canned fish (pilchards), la marge maximum pour chacun d?eux est de 19 %, assortie d?une indemnité de 1 %. Le corned mutton produit localement bénéficie de la même marge maximale (19 %), mais sans aucune indemnité. Enfin pour le lait en poudre importé, il faut distinguer cinq différentes catégories : pre-packed; in prepacked laminate and locally packed in box; in bulk and locally packed in special plastic bags; in bulk and locally packed in laminate; in bulk and locally packed in laminate and box.

Pour chacune de ces catégories, la marge à ne pas dépasser est de 14 %, assortie d?indemnités spéciales qui sont respectivement de 0 %, 4 %, 5 %, 7 % et 10 %. Un fonctionnaire du ministère du Commerce, qui a requis l?anonymat, estime que le gouvernement se trouve quasiment dans l?impossibilité de réduire la plupart de ces marges. «La plupart de ces marges est exorbitante. Mais nous avons le couteau sous la gorge», commente-t-il. «Nous nous trouvons dans l?incapacité de diminuer ces marges de peur de susciter un mouvement de grève générale de la part des principaux importateurs. Ils sont en mesure de provoquer une situation de pénurie insoutenable en paralysant la fourniture des produits. Et bien sûr, le ministère du Commerce serait désigné comme étant le bouc émissaire idéal», explique-t-il.

Aucun des grands centres de distribution incriminés n?a voulu commenter cette situation. Pour le moment, seule la population paye, au prix fort, les pots cassés.

<B>N. P.</B>

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