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Les marchands ambulants envahissent la mairie
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Les marchands ambulants envahissent la mairie
Ils ont déposé leurs marchandises à même le sol dans la cour de la municipalité de Port-Louis où ils opèrent depuis hier matin. La cinquantaine de marchands de rues, qui exerçaient précédemment à la rue Farquhar, considèrent que le nouveau Hawkers Palace du ruisseau du Pouce présente bien des inconvénients.
Ils disent que ce bâtiment serait fréquenté par des prostituées et serait loin d?être aussi profitable que leur ancien emplacement. De plus, affirment-ils, une partie de leurs stocks a été saisie et ils doivent faire face aux demandes des grossistes qui viennent leur réclamer leur dû. Dans cette situation, ils affirment ne pas pouvoir subvenir aux besoins de leur famille.
Le lord-maire, Reza Issack, semblant pris au dépourvu par cette décision des marchands de rues d?assiéger la municipalité, ne s?est pas opposé à leur installation sur l?esplanade de la mairie pour la nuit. Son geste se veut ?symbolique? et il a tenu à ajouter que la mairie est ?l?esplanade des droits humains?. Il a déclaré avoir demandé à la police de les laisser faire.
Les marchands de rues ont été chassés de la rue Farquhar à la suite d?une injonction émise par la Cour suprême, leur interdisant d?y opérer. Les commerçants du marché central, regroupés sous la Market Traders Association, avaient en effet sollicité une décision de cette Cour pour les aider dans les problèmes que leur causaient les marchands de rues. Tenant compte de cet ordre de justice, ces derniers demandent qu?ils soient autorisés à opérer dans les rues voisines de la rue Farquhar.
Absence de réponse
Chota Hossenally, 45 ans, habitant Vallée-des-Prêtres et porte-parole des marchands de rues, a tenu à déclarer que : ?Nu pa pe rod enn travay ni recompens parski okenn gouvernman pa finn resi vinn about somaz. Nu pe deman zist ki les nu opere dan lari lateral ar Farquar, kouma lari Louis Pasteur. Nu fer enn lapel solanel o gouvernman.? Il opère depuis 17 ans comme marchand de rues et se dit inquiet de l?absence de réponse définitive du maire.
Ceux qui se sont installés hier à la mairie déclarent que depuis leur transfert au ruisseau du Pouce, leurs chiffres d?affaires ont brutalement chuté. ?Pa gayngn klian. Nu gayngn zist Rs 35 par zour, parfoi pa gayngn nanien. Monn bizin aret mo garson lekol pou li travay, déclare Samira Beeharry. Mo separe ar mo mari li pa fasil pou mwa. Mo endete.? Les pires idées noires lui sont venues à l?esprit, dit-elle.
Ces marchands ont décidé de passer la nuit d?hier à la mairie. Ils y passeront cette nuit mais aussi d?autres s?il le faut, disent-ils. Hier, dans la soirée, le lord-maire a offert Rs 1 000 pour la vingtaine de marchands de rues présents sur l?esplanade de l?hôtel de ville pour qu?ils puissent se payer un repas.
DÉCLARATION
Une route piétonne à l?étude
■ ?Lorsque je suis venu à la mairie, j?ai constaté que le conflit entre les maraîchers et les marchands ambulants s?était aggravé. Puis est venu le problème des dealers de drogue et des voleurs qui s?infiltrent parmi ces marchands. Ce qui a occasionné beaucoup de frictions. On a décidé de leur allouer les étals du ruisseau du Pouce. J?ai eu une conversation avec le ministre des Droits de l?homme, Rama Valayden, et nous avons discuté de l?éventualité d?aménager une route piétonnière pour ces marchands ambulants ou, sinon, l?option du Hawkers Palace avec plus d?étals. Je compte le rencontrer bientôt.?
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