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Les malheurs de Soobrada

24 juin 2005, 00:00

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“Je vis dans la peur depuis mai 2004.” C’est le cri du coeur de Soobrada, une habitante de Grand Baie, âgée de 38 ans. Il y a un an, elle avait allégué que sa tante et deux autres complices lui avaient volé le testament de son oncle, des documents importants ainsi que des bijoux qui se trouvaient dans une armoire fermée à clef. Ils auraient même voulu s’accaparer de la maison de l’oncle dans laquelle elle vit.

Interpellés pour vol, la tante et les deux présumés complices ont été relâchés. Dans une lettre émanant du bureau du commissaire de police (CP), Soobrada a appris que l’affaire a été classée en raison de sa version, à elle, qualifiée de “douteuse” et des objets volés non retrouvés.

La vie de Soobrada est une suite de “misères”. Elle est déjà orpheline de père avant sa naissance. Sa mère et elle trouvent refuge chez un oncle qui possède une grande maison sur la plage de Grand-Baie. Elle perd sa mère à 26 ans. Puis c’est son oncle qui fait un infarctus en 2000, lui paralysant le bras et la jambe gauche. Ce dernier, cloué dans un fauteuil roulant, rédige un testament qu’il place avec d’autres objets de valeurs dans une armoire sous clef.

En mai 2004, Soobrada, souffrant d’atroces douleurs au ventre, est admise dans une clinique de la capitale. Elle est opérée d’urgence. Après cette intervention chirurgicale, elle est transférée à l’hôpital Jeetoo à Port-Louis où elle demeure deux mois sous surveillance médicale. Entre-temps l’oncle est admis dans un hospice.

Le 9 mai sa tante, accompagnée d’une dénommée Pamela, lui rend visite. Elle lui propose de la ramener à la maison et de s’occuper d’elle. Soobrada accepte mais arrivée devant la maison, elle se rend compte qu’elle n’a pas de clef. La tante est furieuse mais Pamela appelle son mari , Gino, qui enfonce la porte à l’aide d’un marteau...

Soobrada ne peut se déplacer correctement. Sa tante et le couple, arguant qu’ils doivent s’occuper d’elle, la somment de leur remettre sa carte bancaire afin de pourvoir à ses besoins. Soobrada refuse. Les trois la placent dans le fauteuil roulant de son oncle après que la tante lui eut donné un bain à l’eau boueuse. Pamela lui coupe les cheveux tandis que Gino fait main basse sur une enveloppe contenant les affidavits et le testament avant de s’en aller. Quelques heures plus tard, il revient avec des victuailles. Soobrada a faim mais on lui refuse à manger. “Kas to pa done, ki manze to rode”, lui répond-on.

Au fil des semaines, les trois compères continuent à la maltraiter tout en faisant des projets de rénovation, à haute voix, pour la maison qu’elle occupe. Le calvaire de Soobrada n’est pas fini. Elle allègue que sa tante et Pamela se sont adonnées à des rites de sorcellerie en brûlant les mèches de ses cheveux.

C’est une voisine qui vient au secours de Soobrada sans le savoir. En prenant de ses nouvelles par téléphone, elle apprend les brimades dont elle est victime. La tante et le couple prennent la poudre d’escampette.

Ayant repris des forces, Soobrada consigne une déposition au poste de police de Grand-Baie. Sa tante et les deux présumés complices sont interpellés mais ils nient les faits. Mais Soobrada est sûre que justice sera faite. Jusqu’à cette lettre du 26 mai dernier signée du CP. “I refer to your undated letter on the above subject and have to inform you that an enquiry was carried out into the above matter. As the articles were not recovered and the complaint appeared to be doubtful, the case was classed on 15.12.04.”

Soobrada n’est pas d’accord. Elle compte d’ailleurs contester la décision du CP. Affaire à suivre...

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