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Les industries locales veulent être protégées

4 mai 2005, 00:00

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L?industrie locale a besoin d?une protection pour pouvoir survivre. Tel est l?avis partagé par les participants à un forum-débat organisé lundi par la Jeune chambre économique (JCE) de Port-Louis. Le débat s?est déroulé au siège de l?Alliance française à Bell-Village.

L?avènement du duty free représente un danger pour beaucoup d?unités, en particulier les petites et moyennes entreprises (PME), qui produisent pour le marché domestique. Le démantèlement des tarifs les expose à un déferlement des produits chinois, sud-africains, indiens et du Sud-Est asiatique qui reviennent nettement moins cher. ?Les producteurs locaux se sentent menacés surtout s?il y a un dumping des produits sud-africains sur le marché?, affirme Jacques Li Wan Po, président de l?Association of Mauritian Manufacturers (AMM).

L?industrie mauricienne ne peut affronter les géants industriels à armes égales. Elle ne dispose pas de grands marchés internes où elle peut réaliser des économies d?échelle et proposer des prix compétitifs. Elle trouve beaucoup de difficultés à pénétrer les marchés de la région en raison des barrières qui nuisent aux exportations mauriciennes, bien que Maurice continue, elle, d?ouvrir ses frontières au commerce extérieur.

Par ailleurs, les entreprises locales doivent importer leurs matières premières, alors que leurs concurrents étrangers peuvent s?approvisionner dans leurs propres pays ou sont plus intégrés verticalement. ?Veut-on mettre en péril un secteur qui est créateur d?emplois à un moment où la zone franche et l?industrie sucrière ont beaucoup compressé leurs effectifs ?? se demande Jacques Li Wan Po.

Michel Moothoosamy, président de la fédération des PME, a situé l?importance socio-économique des PME dans la société. Elles contribuent à la création d?emplois et à la croissance. Elles ont un rôle prépondérant dans la démocratisation de l?économie et l?allègement de la pauvreté.

Il a mis l?accent sur les nombreux facteurs qui entravent l?épanouissement de l?entrepreneuriat à Maurice : manque d?infrastructures pour les PME, difficultés d?accès aux financements, et cherté du loyer des capitaux, entre autres. ?La situation a empiré après la détaxe?. Des industriels qui ont investi dans les nouveaux équipements risquent de ne pas rentrer dans leurs frais.

D?autres ont critiqué un certain manque de dialogue sur le projet d?île duty free. L?industriel Renaud Tin Sive, Managing Director de FDG Garments Industries, déplore que des discussions avec l?industrie locale n?aient pas précédé la décision de convertir le pays en zone hors taxes. ?Lorsque Singapour avait décidé de devenir un pays hors taxes, il y a eu des discussions avec tous les partenaires concernés. (...) Ici, on est devenu une île duty free du jour au lendemain.?

Il faut, estime-t-il, un temps de transition pour s?ajuster aux nouvelles donnes de la concurrence. Renaud Tin Sive cite l?exemple du récent jugement de l?Organisation mondiale du commerce sur le régime sucrier européen : les Européens auront quinze mois pour se conformer aux règles. La reconversion des fabricants en commerçants n?est pas la solution L?activité de la distribution ne pourra pas remplacer la fabrication qui emploie quelque 50 000 personnes. La réinsertion vers le commerce ne laissera que 6 000 jobs, juge-t-il.

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