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Les héritiers d?Armstrong

26 juillet 2005, 00:00

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Le vide que la retraite de Lance Armstrong va laisser sera à la mesure de ce que furent ces dernières années sa domination et son influence sur le cyclisme en général, et sur le Tour de France en particulier.

Les sept victoires du Texan dans la plus exigeante épreuve sportive du monde ont rendu le vélo populaire dans un pays où le baseball, le football et le basket se partagent les deniers des cultes sportifs.

Il ne fait guère de doute que l'intérêt pour la Grande Boucle sera un peu étranglé en 2006 par une actualité comptant les Jeux d'hiver à Turin et la Coupe du monde de football en Allemagne. Pourtant, la succession d'Armstrong présente tous les attraits d'une page d'Histoire qui commence à s'écrire.

?Lance a obligé ses adversaires à se concentrer presque exclusivement sur une course pour avoir une chance de la gagner un jour?, a commenté son compatriote Bobby Julich.

Dans la longue file des prétendants, on peut citer tout d'abord, par ordre de préséance, l'Italien Ivan Basso.

D'abord parce que, depuis deux ans, il est le seul à faire vraiment jeu égal avec l'Américain en montagne. Ensuite, parce que ses progrès en contre-la-montre sont substantiels.

?Ullrich et Basso sont les deux candidats logiques pour gagner le Tour l'an prochain?, estime Johan Bruyneel. ?Basso est un coureur qui pourrait nous intéresser.?

<B>Les futurs patrons</B>

L'Italien, qui a prolongé son contrat jusqu'en 2008 avec la CSC, a sacrifié cette année à ses obligations en s'alignant au départ du Giro.

Ce choix, qu'il a payé physiquement, a certainement hypothéqué ses chances réelles de victoire dans le Tour.

?Je suis quand même content de ce que j'ai fait?, a-t-il précisé. ?Je suis le seul à avoir couru le Giro et à être encore au contact d'Armstrong.?

Ullrich devrait quant à lui être enfin débarrassé de celui qui a hanté toute la deuxième partie de sa carrière, celui qui l'a toujours dominé, sauf en de rarissimes occasions.

Le coureur de la T-Mobile mérite sûrement une deuxième victoire dans le Tour de France, mais à 31 ans, le nombre des occasions d'y parvenir s'est réduit comme une peau de chagrin.

A plus long terme, les patrons du peloton devraient s'appeler Alejandro Valverde ou Yaroslav Popovych.

Le petit Espagnol était venu s'acclimater au Tour cette année. Il y a conquis une victoire d'étape superbe, soufflant les honneurs à Armstrong lui-même sur la ligne.

Coureur complet et excellent grimpeur, le coureur des Iles Baléares a besoin de mûrir encore son style, sa tactique et son sens de la course.

Son principal rival, celui qui a récupéré le maillot blanc de meilleur jeune, est un Ukrainien, appelé de dernière minute pour pallier la blessure du Russe Viatcheslav Ekimov, l'un des piliers de la maison Armstrong.

?Il (Popovych) a très bien couru. On l'a vu souvent aux avants-postes?, souligne Bruyneel. ?C'est un coureur très prometteur pour le cyclisme et pour le Tour de France.?

Et d?ajouter : ?L'an prochain, cela sera encore un peu trop tôt pour en faire un leader. Mais il peut espérer finir dans les cinq premiers à Paris.?

Lui aussi a encore besoin d'apprendre, de comprendre et de progresser.

Au cours de cette période d'intérim qui ne va pas manquer de s'ouvrir comme cela avait été le cas après la retraite de Miguel Indurain, deux anciens, aux profils proches, pourraient assumer une partie de la régence.

Malgré son statut de lieutenant de luxe, le Kazakh Alexandre Vinokourov peut encore rêver de grimper sur le podium du Tour.

?C'est un coureur intéressant. Il peut gagner des courses en février, il peut s'imposer dans les classiques de printemps et être parmi les meilleurs du Tour de France?, a reconnu Bruyneel.

Pourtant, Vinokourov ne paraît pas être un candidat crédible pour succéder à Armstrong chez Discovery Channel.

D'abord parce qu'il ne parle pas l'anglais, et ensuite parce qu'il ne dispose pas auprès du public anglo-saxon de la même aura que le fidèle George Hincapie.

L'équipier modèle, 32 ans, apparaît comme une solution crédible à la succession en interne chez les Discovery Channel. Le sentiment est encore renforcé par sa victoire au sommet du Pla-d'Adet.

?Nous sommes partis avec l'idée que nous n'allons pas remplacer Lance?, explique Bruyneel. ?Nous allons essayer de faire de la promotion en interne.?

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