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Les forêts s?ouvrent au grand public
Guilliano est embêté. Chauffeur dans une entreprise de la capitale, il se creuse les méninges pour varier les sorties familiales. Le cinéma est cher. Reste la plage. Éternelle échappatoire au stress d?une semaine lassante. Il a de quoi se réjouir désormais. Les Bois et forêts se proposent d?offrir la solution alternative. L?État s?engage à inviter le grand public en ses terres, avec l?aménagement de parcs naturels à travers le pays. Cette politique fait la part belle à l?éco-tourisme.
Le projet figure dans le plan national sur la gestion optimale des bois et forêts. Le document sera officialisé sous peu. Une des dix stratégies énoncées porte sur l?éco-tourisme, consistant en le développement des terres en parcs pour le grand public. Elle cible également ces 700 000 touristes qui viennent d?abord se prélasser sur les plages dorées. Après l?air salin, bienvenue dans cette île Maurice verte et interdite jusqu?ici.
Étendu sur 1 000 arpents, le parc sis à Bras-d?Eau, à l?Est, est déjà opérationnel avec ses kilomètres de sentiers battus serpentant à travers la végétation luxuriante, où pullulent les plantes endémiques qui seront davantage mises en valeur. ?Des parcs similaires seront créés à Forest-Side, Pamplemousses et Le Val. Hormis l?aspect des loisirs, nous mettrons l?accent sur la conscientisation et sur la conservation de la biodiversité?, annonce le conservateur des Bois et forêts, Hans Paupiah.
Ouvert dans quatre semaines
Le projet de Forest-Side se situe au lieudit Mont-Vent. Exécuté à 90 %, il sera ouvert au public dans quatre semaines. Les travaux avaient démarré en 2003. Dans ce cas, ce sera le plongeon dans une forêt de 200 arpents, incluant ses plans d?eau à gagner après une marche sur 1,5 kilomètre de l?entrée principale.
En sus du centre des visiteurs, le public aura droit à des kiosques pour reprendre son souffle avant l?immersion totale dans la verdure. De plus, ajoute le conservateur des forêts, il y aura des guides pour diriger le public vers les points les plus intéressants du site. Il tient à souligner que la rigueur sera de mise en ce qu?il s?agit du maintien de la propreté des lieux car Mont-Vent ambitionne d?être un endroit privilégié pour les touristes.
L?État possède quelque 20 000 des 50 000 hectares recouverts de forêts à Maurice. ?Ces terres étatiques sont mieux gérées que celles du privé. Avec la valeur en hausse des terres dans le pays, les propriétaires sont de plus en plus enclins à les convertir pour construire des résidences au lieu d?améliorer leur qualité et assurer une production de bois?, analyse un des concepteurs du plan national.
Un aspect de cette stratégie est aussi de venir en aide aux propriétaires pour remettre leurs forêts à niveau. Un exemple de partenariat public et privé sera la vallée de Ferney, qui serait aménagée pour le grand public et surtout les touristes avec des randonnées en 4x4. ?Les propriétaires seront donc en mesure de protéger leurs terres qui ont un potentiel de conservation?, fait ressortir Hans Paupiah.
Ce présent modèle est appelé à prendre de plus grandes proportions à la mise en pratique du volet éco-tourisme de la stratégie. Le développement de ce secteur, soulignent les concepteurs du plan national, est ralenti par un manque de coopération entre les institutions concernées par la planification et la mise en application des projets et des activités. Le plan national, de fait, aligne les mesures et paramètres qui aboutiront à la naissance d?un éco-tourisme viable dans la durée, qui ne soit pas nuisible à la stabilité écologique.
La qualité est de mise. Le touriste, repu des plages et lagons bleus, est appelé à payer pour accéder à d?autres zones tant de l?État que du secteur privé. Cela implique d?ailleurs l?obligation d?offrir un package complet incluant des chalets, des restaurants, des parcours définis de même que la formation de guides multilingues.
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