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Les familles s?organisent

5 janvier 2007, 00:00

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Les tentes s?érigent tels de gros champignons multicolores à l?ombre des filaos. Si elles sont accolées les unes aux autres sur la plage de Trou-aux-Biches, elles sont plus éparses sur celle de Mon-Choisy. Où la famille Far s?installe en chaque début d?année depuis 12 ans, délaissant le confort d?un bungalow. Cinq petites tentes ont été plantées pour accueillir les 23 campeurs et une très grande qui sert de cuisine dotée d?une large table recouverte d?une jolie nappe en tissu et de plaques à gaz.

Des lampes à gaz et à piles sont suspendues dans les tentes en guise d?éclairage. Il faut dire que l?organisation est faite de main de maître par Denise, 64 ans, heureuse grand-mère de 17 petits-enfants. Un van et trois voitures ont été nécessaires pour trimballer tout leur équipement. ?Chaque tente comporte trois matelas très confortables et on y est très bien. Nous faisons un budget commun pour les provisions et tour à tour chacun est tenu de préparer le repas. Pas question d?y échapper?, explique Denise Far.

Justement, pour le déjeuner d?hier c?était sa belle-fille, Pamela et elle qui s?affairaient aux fourneaux pendant que la plupart de la famille goûtaient aux joies de la baignade. ?Ici nous profitons d?une totale liberté. Ce qui n?aurait pas été le cas dans un bungalow. Notre île nous offre de superbes aires naturelles. Il ne faut pas laisser ces plaisirs aux touristes seulement. D?autant plus que c?est gratuit. Et puis c?est plus agréable d?être en pleine nature?, poursuit Denise. Cet avis est, semble-t-il, partagé par le petit Gary, cinq ans, affalé dans son petit transat avec un cerf-volant à ses côtés. ?Mo kontan. Ena la mer bien pre.?

La nuit venue, dormir à la belle étoile peut comporter quelque danger sur cette immense plage de Mon-Choisy. Mais c?est sans compter l?arrangement pointilleux des hommes de la famille Far. ?Nous sommes loin de négliger la sécurité. Nous n?avons pas le droit de dormir tous en même temps. Nous avons instauré un système de quart comme sur les bateaux. Deux d?entre nous veillent sur le sommeil des autres?, souligne Jean-Claude, le fils de Denise.

Onze tentes érigées

Autre plage, autre famille. Mais toujours le même souci de bien planifier leur séjour. Onze tentes érigées le 31 décembre à Flic-en-Flac abritent les familles Parsad et Marie. Des cordes délimitant un espace bien à eux. ?Cela fait dix ans que nous venons ici. J?attends ce moment avec impatience parce que c?est l?occasion idéale de réunir toute la famille. Nous n?aurions jamais pu trouver suffisamment de bungalows côte à côte pour accueillir tout ce monde?, nous confie la doyenne, Andréa, 77 ans, hier, en couvant du regard sa petite tribu. Parmi laquelle ses petits-enfants et arrière-petits-enfants dont dix bébés de quatre mois et six mois goûtant pour la première fois la vie en plein air. Même le chien Beto a eu le privilège d?être de la partie.

Le confort y est loin d?être sommaire. Deux générateurs pour leur fournir de l?électricité. Une grande tente en guise de cuisine, avec gazinière. Un coin barbecue. A quelques enjambées des tentes, une salle de bains de fortune conçue à l?aide d?une bâche pour se préserver du regard d?autrui. Une famille qui, au fil des années, est devenue très rodée au camping. ?Rien que pour la location d?un bungalow, nous dépensions Rs 9 000 à Rs 10 000. C?est déjà cela d?économiser pour autre chose. Les femmes passaient leur journée à nettoyer au lieu de profiter de ces moments de vacances. Ce n?est plus le cas?, confie France Parsad, 60 ans, soucieux du bien-être de la gent féminine.

Les journées se passent en parties de loto, cartes et dominos, ponctuées de fréquents bains de mer. Danilo Adélaïde, 16 ans, écoutant de la musique, avoue préférer faire de longues marches le long de la plage. ?Il y a énormément de monde et beaucoup d?ambiance. Cela me plaît. Il n?y a pas de contrainte, ici. Il est presque 14 heures et nous n?avons toujours pas mangé. C?est cool.? Michaël, en bon père de famille, peste contre toutes ces voitures qui roulent trop vite craignant pour les enfants. ?Regardez ce lampadaire, on ne vient même pas changer les ampoules. Heureusement que nous avons nos générateurs.? Quant à la sécurité des siens à la nuit tombée, il avoue ne se faire aucun souci. ?Nous sommes une quarantaine. Donc beaucoup trop nombreux pour qu?on s?attaque à nous. Et puis, il y a énormément de solidarité entre tous les campeurs aux alentours.?

Que ce soit sur les plages du nord ou de l?ouest, aux dires des familles, ce qui apporte un bémol aux joies du camping est incontestablement le manque d?aménagements. Elles sont obligées de faire la queue pendant très longtemps pour accéder aux toilettes. Le manque de points d?eau se fait aussi cruellement sentir. ?L?eau est un véritable problème. Nous traversons la rue pour nous approvisionner au cimetière. C?est le job des enfants chaque matin. Et heureusement qu?ils sont nombreux?, explique Andréa. Même son de cloche pour Pamela Far qui déplore qu?une si grande plage comme celle de Mon-Choisy ne soit équipée que de quelques robinets dont le mince filet d?eau fait perdre beaucoup de temps aux campeurs. Quelques inconvénients qui ne les empêchent pas de garder le sourire en attendant de retrouver le confort de leur maison, dimanche.

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