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Les entreprises multiplient les acquisitions malgré la crise
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Les entreprises multiplient les acquisitions malgré la crise
Après la paralysie provoquée par la crise des subprimes, la marche des affaires reprend progressivement. Aux Etats-Unis, en Europe ou dans les économies émergentes, les «BRIC» (Brésil, Russie, Inde et Chine), les offres publiques d'achat (OPA) se multiplient. «Le premier trimestre a été exécrable, mais en juin et juillet, les OPA de taille ont repris. On ne s'attendait pas à un tel mouvement», souligne Michel Payan, responsable du département fusions et acquisitions à la Société générale.
Qu?il s'agisse de l'OPA lancée par le brasseur belgo-brésilien Inbev sur l'américain Anheuser Busch, celle du groupe minier suisse Xstrata sur le Britannique Lonmin, ou encore celles du groupe énergétique espagnol, Gas Natural sur son compatriote Union Fenosa, ou du laboratoire suisse Roche sur la société de biotechnologie Genentech, tous les secteurs, tous les pays, sont concernés.
Selon les données collectées par le cabinet Thomson Reuters, le volume des opérations de fusions et acquisitions annoncées depuis janvier 2008 a ainsi rattrapé une partie de son retard, pour atteindre 2 081 milliards de dollars (1 396 milliards d'euros) au 11 août. Un chiffre certes inférieur a celui de 2007, mais supérieur de 4 % à celui de 2006. «Qui était pourtant une année record», précise Vincent Flasseur, analyste chez Thomson Reuters.
Si ce redémarrage surprend par son ampleur et sa rapidité, il participe d'un mouvement traditionnel en temps de crise. «Il y a un nettoyage naturel lors d'un ralentissement économique. Les mauvais deviennent très mauvais, disparaissent ou se font avaler», indique David Thesmar, professeur de finance à HEC et coauteur du Grand méchant marché (éd. Flammarion).
Les meilleurs profitent des opportunités nées de la crise, comme la chute du dollar ou celle des marchés boursiers : une aubaine pour racheter à bas prix des concurrents. «On ne sait pas de quoi demain sera fait, mais certains restent disposés à prendre des risques et en profitent pour se positionner sur des secteurs même en difficulté», remarque Pierre-Antoine Saunier, chez UBS.
Si le secteur bancaire, fragilisé, est encore jugé trop inquiétant pour susciter les convoitises, les opérations se sont en revanche multipliées dans la grande consommation. Et ce, alors que le pouvoir d'achat des ménages est à la peine.
L'américain Mars s'est ainsi attaqué au groupe de chewing-gum Wrigley, et son compatriote Heinz, le spécialiste du ketchup, aux sauces Bénédicta. L'enjeu pour ces groupes est de doper rapidement leurs profits via un accès à de nouveaux marchés, de nouveaux produits, ou de consolider des parts de marché existantes.
La crise incite aussi à être agressif. Les OPA hostiles se multiplient, à l?image de l?offensive de l'allemand Schaeffler sur son compatriote Continental dans le secteur automobile. Si leur succès n'est pas garanti, le management des groupes, dont la valeur a plongé, est moins en mesure de refuser une offre susceptible de doper les cours et de réjouir les actionnaires. En outre, les industriels ne sont plus gênés dans ces manoeuvres par les fonds d'investissement.
Claire Gatinois
© Le Monde News Service
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