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Les entrepreneurs se vendent bien

29 mai 2005, 00:00

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Il est révolu ce temps où les entrepreneurs mauriciens ne comptaient que sur leurs compatriotes pour faire des affaires ! Aujourd?hui, le monde du commerce est en ébullition. Et la clientèle ciblée est asiatique, britannique, ou encore française. Le sésame pour ces marchés : les foires, expositions et salons internationaux qui font partie des nouvelles stratégies de vente. Ainsi, du 28 janvier au 10 février dernier, cinq entrepreneurs mauriciens se sont rendus au Salon international des maisons et des objets à Villepinte, dans la banlieue parisienne.

Cette manifestation était chapeautée par la National Handicraft Promotion Agency (NHPA). « L?exposition a réuni plus de 120 pays, mais elle a aussi été visitée par plus de 65 000 à 70 000 étrangers. Le but de cette participation des Mauriciens est d?ouvrir des portes pour trouver des marchés extérieurs et de faire des échanges avec les professionnels du monde entier. Et il faut dire que nos produits ont de grandes capacités », explique Vijay Koojoo, Handicraft Development and Promotion Manager de la NHPA. Avec la collaboration de la Mauritius Industrial Development Authority (Mida), la NHPA a subventionné, grâce au Small and Medium Entreprise (SME) Support Scheme, la participation de cinq entrepreneurs et l?exposition de produits de sept commerçants qui n?ont pas pu faire le déplacement.

Des contacts fructueux

À côté des grosses pointures allemandes, belges, espagnoles ou italiennes, nos commerçants ont exposé bijoux, sculptures en bois, objets d?art en bronze, produits de beauté et maquettes de bateaux. Et ce large éventail de produits a suscité, aux dires des participants, l?intérêt des visiteurs étrangers.

« Le design de mes travaux de bois a intrigué certains visiteurs. Cela ne ressemble à rien de ce qu?ils voient d?habitude, et donc, ils étaient intéressés », confie Siddick Mosaheb, directeur de l?Atelier Mo?Zar, qui confectionne des objets en bois.

Pour vanter les mérites de ses cendriers, sucriers, et autres pieds de lampe en bois, Siddick Mosaheb a participé à plusieurs foires à la Réunion, Madagascar, en Afrique du sud et à Dubaï. Comme lui, Safinah Foondun, directrice de Souvenir Casting Ltée, spécialisée dans la fabrication de bijoux et objets en bronze, et Michael Boldrini, directeur de la production de First Fleet Reproductions Ltée (maquettes de bateaux), sont des habitués des foires internationales.

« Les étrangers apprécient les produits mauriciens, mais il faut aussi faire un suivi avec un rapport qualité-prix. Maurice possède une petite population avec une volonté exportatrice », assure Safinah Foondun. Pour Michael Boldrini, la qualité constitue un atout déterminant : « Nous avons exposé une quinzaine de types de maquettes de bateaux. Et nous misons avant tout sur la qualité, d?autant plus que le Salon de Paris réunissait beaucoup de professionnels. Nos maquettes ont intéressé les visiteurs ».

Bien que les étrangers montrent un certain engouement pour nos produits, encore faut-il qu?il y ait des retombées positives, pouvant ouvrir le marché international aux exposants locaux ! Quels sont ces débouchés après les participations mauriciennes ? Les exposants parlent de contacts fructueux.

Siddick Mosaheb a déjà du pain, ou plutôt du bois, sur la planche ! En effet, dans un mois, il devra fournir 8 000 pièces (cendriers, fruitiers etc.).

« J?ai eu sept contacts positifs et là, j?ai obtenu un contrat pour fournir des objets en bois en France », explique-t-il. Cette foire parisienne a aussi apporté de nouvelles perspectives pour les autres participants mauriciens. « Nous avons pu réaliser une vente directe et avoir trois contacts sur place. Par la suite, nous en avons maintenu deux qui sont toujours en cours pour des commandes éventuelles. »

Un tremplin pour les entrepreneurs

Safinah Foondun a également obtenu quelques bons contacts, ce qui ne s?est toutefois pas fait sans anicroches. « Nos produits doivent impérativement être visibles. De plus, il faut que nous exposions souvent pour nous faire remarquer. Il faut pouvoir financer ces déplacements. Et s?il faut revenir régulièrement dans ces foires pour côtoyer des acheteurs étrangers, ce n?est pas facile », reconnaît-elle.

Outre la subvention de la NHPA, les exposants doivent débourser entre Rs 150 000 à Rs 200 000, ce qui n?est pas à la portée de tous. Un autre inconvénient réside dans la capacité de production. En effet, la plupart des acheteurs étrangers veulent des produits en grand nombre et vite ! « Certains exposants mauriciens ont dû renoncer à des contrats, ne pouvant produire en masse. Comme leurs produits sont artisanaux, et donc faits à la main, cela complique les choses », soutient Vijay Koonjoo.

Malgré ces contraintes, les foires internationales servent de tremplin pour les entrepreneurs. Dans cette optique, le NHPA multiplie ses efforts pour promouvoir l?artisanat mauricien. Le prochain rendez-vous est déjà pris pour septembre, à Paris.

Salon de Paris bis repetita

Pour attirer plus de participants aux foires internationales, la NHPA sélectionne des exposants dans le cadre du deuxième Salon international des maisons et des objets à Paris, qui aura lieu en septembre. Les responsables de la NHPA recueilleront les dossiers de candidature jusqu?au mois de juin.

Tout entrepreneur, qui fabrique des produits typiquement mauriciens qui ont une valeur culturelle et historique, peut s?inscrire. Les billets d?avions sont subventionnés à hauteur de 25 % et une somme de Rs 60 000 est fournie pour le stand. De plus, des arrangements sont faits avec des instances mauriciennes et européennes pour les frais de dédouanement.

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