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Les entrepreneurs cherchent la parade

12 octobre 2008, 00:00

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«Des usines de la zone franche risquent de fermer d?ici décembre en raison des conditions actuelles de production. La roupie est surévaluée et il faut une politique monétaire pour sauvegarder nos exportations textiles. » C?est ce qu?a affirmé Maurice Vigier de Latour, producteur et exportateur de textile lors d?un forum de la Mauritius Export Association (MEXA) cette semaine.

Du coup, tout le secteur privé cherche en ce moment une parade aux retombées possibles de la crise financière internationale sur l?économie réelle des pays qui font partie de nos principaux marchés d?exportation. Maurice Vigier de Latour, qui souligne que le marché américain est déprimé, demande des concertations régulières avec l?Etat pour trouver une solution pour la zone franche qui emploie 56 000 personnes.

« Personne ne nous a écoutés »

De son côté, Danielle Wong, directrice de la MEXA, ne cesse également de demander une roupie moins forte pour rendre la zone franche mauricienne plus compétitive. « Depuis le début de l?année nous avons tiré la sonnette d?alarme. Personne ne nous a écoutés » déplore-t-elle. On retrouve cette même demande au sein du Joint Economic Council (JEC) qui est en concertation avec le gouvernement afin d?ébaucher un plan d?action pour « protéger l?emploi et l?investissement ».

D?ailleurs, une réunion entre le JEC et les autorités gouvernementales tenue lundi dernier a été largement consacrée à la politique monétaire. En fait, le JEC souhaite que le taux d?intérêt à Maurice soit revu à la baisse. Ce souhait résulte des actions concertées prises par certaines banques centrales étrangères de réduire leur taux directeur afin de relancer les machineries économiques.

Or, le risque inflationniste et une flambée des prix des produits importés sont associés à une roupie faible. Ainsi, le représentant du gouvernement au forum devait souligner que la zone franche est un secteur parmi d?autres et que le gouvernement cherchera à protéger tous les secteurs, et non pas un seul au détriment des autres.

« Face à tout cela, je crois que le gouvernement va devoir chercher un juste milieu pour ce pays qui exporte vers les marchés européen et américain. Il faut veiller à l?intérêt de la zone franche et d?autres secteurs avec un mix approprié de mesures fiscales et monétaires », affirme, pour sa part, Ramesh Basant-Roi, ex-gouverneur de la Banque de Maurice, qui agissait comme modérateur du forum.

En fait, c?est vers l?Etat que se tournent ces jours-ci les secteurs privés de tous les pays pour trouver une parade concertée à ce qui est aujourd?hui appelée « la crise du siècle ». Dans une note de synthèse sur cette crise, la conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) affirme que pour « éviter que le système financier et l?économie réelle subissent de plus grands dommages, la puissance publique doit très fortement intervenir ». Pour la CNUCED, c?est la déflation et non l?inflation qui présente le plus gros risque dans les circonstances actuelles.

Ce qui vient crédibiliser la demande insistante du secteur privé mauricien pour une roupie moins forte à travers une baisse du taux d?intérêt directeur. Baisse qui encouragerait par ailleurs des investissements.

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