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Les enfants d?un rêve
Première pièce grand public de la troupe La comédie mauricienne, Zenfan la ri, écrite et mise en scène par Raj Gokhool, propose une virée comique dans le monde tragique des enfants de rue. Entouré d?une dizaine de comédiens âgés de 13 à 25 ans, Raj Gokhool déroule le monde de l?enfance, entre rêve et réalité.
Acteur, c?est un métier ! Ce ne sont pas les comédiens de La comédie mauricienne qui diront le contraire. En répétition depuis deux mois, pour donner forme et vie à Zenfan la ri, leur première pièce grand public, ils ne comptent plus les heures passées à peaufiner leur jeu de scène, à s?interroger sur les costumes et à se concerter, pour donner le meilleur d?eux-mêmes.
Avec eux, le théâtre, est affaire de tous les genres. Mais pour cette pièce, Raj Gokhool choisit de faire rire avec un sujet sérieux. Poignante solidarité entre les enfants qui dorment à la belle étoile ou petite guerre intestine entre eux, pour savoir qui mangera le pain trouver dans la poubelle. Raj Gokhool ne s?épargne aucune peine pour regarder droit dans les yeux, une société égoïste dans lequel ces enfants n?ont aucun droit.
«L?objectif n?est pas de faire la leçon, mais de susciter la réflexion,» explique Krishnee Jeebun, assistante à la mise en scène. C?est le propre du théâtre.
La preuve en est donnée avec ce face à face d?une irrésistible drôlerie entre Palab (Mustaqeem Mosbally) et Baboun (Warren Bignoux). Rien de bourratif, sauf une multiplicité de saveurs locales, qui finissent par révéler des réalités pas bonnes à voir en scène. «Nou fine ne lor sime, grandi lor sime. Zordi, nou pe viv lor sime. Dime nou pou mor lor sime. Dimoune pa gagn nou tracas. Zot egoiste. »
Rigueur et énergie
Zenfan la ri, c?est des moments de ce genre-là. Intenses. Frappants. Mais aussi d?autres moments, dans lesquels, le monde de l?enfance s?étend à perte de vue. C?est aussi le bruit infernal de la pluie, moment propice au rêve des enfants. Leur imaginaire fuit la réalité et rêve d?un thé chaud, «enn lili bien cho, enn molton.» Et là, dans cet instant de bonheur éphémère, le rêve prend le pas sur la réalité.
Les acteurs s?en donnent à c?ur joie, entre rigueur et énergie. Nous voilà en plein pays imaginaire. Mais on aimerait que les ballets soient mieux chorégraphiés, que les fées aient davantage de grâce. L?esthétisme est assez simple. C?est dans les dialogues, que Raj Gokhool fait fort. Il veille à ce que les temps morts soient respectés, que les intonations sonnent justes. Le mot d?ordre, c?est l?autodiscipline.
«On peut avoir 14 ans et être autodiscipliné. Le théâtre est un métier exigeant. Il ne veut que des passionnés et intéresse des comédiens qui sont prêts à tout donner,» explique Raj Gookhool, fondateur et directeur de La comédie mauricienne. «On aime parce qu?on aime. Il n?y a pas d?autres explications,» souligne Hem Nunkoo, alias Bel la tèt, membre de La comédie mauricienne depuis ses débuts, il y a six ans.
Métier à risque
«Ces jeunes ont une incroyable faculté d?adaptation. Ils sont investis, décidés et motivés. Je ne peux pas me plaindre, » constate heureux Raj Gokhool. Depuis six ans que son école existe, ce trentenaire mordu de théâtre, mise tout sur sa troupe. « C?est un métier à risque, mais on y croit et on s?accroche, malgré les difficultés.»
De cette envie de réussir, Raj Gokhool et sa troupe en font une force. Dans cette pièce où même l?espace devient irréel, il mêle brouille et embrouille pour faire de la consistance. Soutenu par la Fondation Spectacles et Culture, ainsi que par quelques sponsors, Zenfan la ri ambitionne de proposer un voyage inédit entre rêve et réalité. Aux spectateurs d?en tirer le meilleur parti. représentations : les 1er et 2 septembre à 20 heures, au Théâtre Serge Constantin à Vacoas et le 3 septembre à 14 heures. Billets à Rs 150 et Rs 100, pour les enfants de moins de douze ans, à retirer sur le Rézo Otayô, téléphone 466 99 99, Sébastien Coiffure à Rose-Hill, Jumbo Phoenix et à La mauricienne, téléphone 252 24 42 et avant chaque représentation.
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