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Les dessous des allEgations contre le conseiller servansingH

14 octobre 2008, 00:00

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Les dessous des allEgations  contre le conseiller servansingH

Contradictions dans l?enquête sur les allégations de corruption formulées contre Benu Servansingh, conseiller du ministère des Finances. Trishi Toolsee, l?homme d?affaires ayant impliqué le conseiller, soutient que c?est à travers deux intermédiaires qu?il aurait remis Rs 100 000 à ce dernier contre la promesse qu?il obtiendrait un permis pour organiser des paris sur des matchs de football à l?étranger. Mais du côté des deux présumés intermédiaires, c?est un autre son de cloche.

Eddy Lucile, connu sous le sobriquet de Boule Rouge, et Rajesh Narainsawmy, alias Master, sont en effet catégoriques. Ce dernier affirme qu?«il n?a jamais été question d?argent». Tous deux disent avoir uniquement voulu «aider» Trishi Toolsee en évoquant l?histoire de permis auprès de Benu Servansigh. Nous les avons rencontrés hier à Palma.

Eddy Lucile, ceinture noire de Kick Boxing, de karaté et de Ju-Jitsu, admet connaître Benu Servansingh, ayant été l?un des gardes du corps de l?équipe entourant Rama Sithanen lors de la campagne électorale en 2005 au n° 18. Mais cet habitant de Camp-Levieux nie que le conseiller lui a demandé de l?argent pour que Trishi Toolsee puisse avoir un permis auprès de la Gambling Regulatory Authority afin d?organiser des paris sur des matchs de football à l?étranger. Benu Servansingh est également membre de cette autorité.

«Comme je connais le cousin de Trishi Toolsee, Rajesh ? alias Master ?, ce dernier m?a parlé du projet de paris. J?en ai parlé à Benu Servansing mais il n?a jamais été question d?argent. Par la suite, il m?a fait savoir que l?offre avait été rejetée et qu?il ne pouvait rien faire. Les allégations de Toolsee sont fausses», soutient Eddy Lucie, alias Boule rouge.

Celui-ci est très connu dans les milieux politiques pour avoir été, à un moment, garde du corps de sir Gaëtan Duval. «S?il y a une chose que j?ai apprise avec Gaëtan Duval, c?est le partage : toujours aider quelqu?un dans le besoin. Parfwa ed dimoun apre li met ou dan trou. Je connais bien Benu Servansingh. Il n?a jamais réclamé un seul sou.»

Il n?en est pas moins que Trishi Toolsee a, dans une déposition à la brigade anti-corruption jeudi, soutenu qu?il a donné Rs 100 000 à un intermédiaire afin que ladite somme parvienne au conseiller des Finances pour faire avancer son dossier. Selon le plaignant, c?est lors d?une rencontre dans la cour de la municipalité de Quatre-Bornes que la transaction a eu lieu. Il aurait alors remis l?argent à Eddy Lucile qui devait, à son tour, la donner à Rajesh. C?est ainsi que les Rs 100 000 étaient censées atterrir dans les mains du conseiller.

Réagissant à ces allégations, Benu Servansingh est allé, vendredi dernier, à la police pour dénoncer Trishi Toolsee. Il l?accuse d?avoir fait claration fausse et malicieuse à l?Independent Commission against Corruption (ICAC). Le conseiller a préféré ne pas faire de commentaires en attendant la fin de l?enquête. Celle-ci s?oriente vers les présumés intermédiaires. Les limiers de l?ICAC pensent ainsi pouvoir démêler l?écheveau de cette affaire.

Dans les milieux proches de Benu Servansing, on avance que dès le départ, ce soumissionnaire n?avait aucune chance étant donné qu?il n?avait pas suffisamment d?expertise dans ce domaine. «Dès les premières étapes de la sélection, son offre a été rejetée. Quelqu?un prend de l?argent pour un dossier s?il pourra le défendre devant un panel de plusieurs autres techniciens. Or, dans ce cas, le dossier ne tenait pas la route.»

De plus, les tentatives de Trishi Toolsee auprès de Benu Servansingh auraient été faites après que plusieurs noms ont été donnés, à l?Assemblée nationale, comme étant ceux dont les offres avaient été acceptées. Répondant à cela, Trishi Toolsee a allégué que Benu Servansigh lui aurait promis de retirer le permis à un des opérateurs en question pour le lui octroyer. Mais selon lui, il lui avait alors été demandé de «fer enn zafer pou gagn permi».

La thèse privilégiée par l?entourage de Servansingh est que si paiement il y a eu, quelqu?un aurait utilisé le nom du conseiller pour convaincre Trishi Toolsee qu?il pouvait lui faire avoir un permis de cette manière. Les proches du conseiller avancent que celui-ci ne connaît pas personnellement Trishi Toolsee mais qu?il connaît son père. Il n?aurait rencontré le plaignant qu?une fois, devant sa porte.

L?avocat de l?accusateur, Assad Peeroo, s?est hier retiré de cette affaire. «Je ne comprends pas ce soudain changement d?attitude. Je me retire de l?affaire car le père de l?accusateur m?a soutenu qu?il (NdLR : Trishi Toolsee) compte retirer les accusations portées contre Benu Servansingh.» Il n?en dira pas plus. Sollicité hier soir, Trishi Toolsee a dit ne pas vouloir faire de commentaire pour l?instant.

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