Publicité
Les couacs des Choral Singers
La série de trois concerts donnés par les Choral Singers dans différentes églises (toujours les mêmes) a connu un certain succès à en juger par la foule présente. On aimerait seulement qu?ils soient aussi nombreux pour les concerts payants. Mis à part des commentaires.
Bienveillants concernant les répétitions, il n?y a pas eu de critique de ce concert. C?est une lacune que nous considérons importante, car certaines choses doivent être dites.
La partie solo du concert fut dominée par Véronique Zuel, sans surprise. Sensible, avec une précision certainement due à ses compétences musicales personnelles qui fait défaut à la presque totalité de chanteurs mauriciens et qui fait la joie des musiciens qui l?accompagnent.
Le manque de glamour naturel de Sophie Némorin fit qu?elle nous gratifia d?une interprétation coincée et précieuse de l?Habanera de Bizet. Le ch?ur mou et traînant desservi par un tempo inapproprié résultèrent en une très pâle Habanera. Il faut dire que c?est certainement la première fois que les Mauriciens entendent une interprétation publique de cette pièce célèbre sans orchestre. Est-ce un recul ?
Il y eut certains problèmes d?intonations dans le Dido de Henry Purcell par Elisabeth Forget, que nous mettrons volontiers sur l?éloignement et le manque de volume du piano. Elizabeth Forget, qui persiste à se dire ?soprano? a en fait, et de l?avis général, une belle voix de mezzo. Et c?est pourquoi nous nous attendions à ce qu?elle chante le très bel air de mezzo qui fait partie intégrante de l?Anvil Chorus. Cela n?a pas été le cas et c?est dommage?
La Donna e Mobile que chanta Jean François Ringadoo se termina par un couac (à la Salette), les jeunes chanteurs lyriques mâles étant une denrée rare, il ne s?agit pas de décourager Jean François Ringadoo. Au contraire, disons même que ce n?est pas de sa faute. Car il a de toute évidence été mal conseillé. Ce n?est pas un morceau pour sa jeune voix très prometteuse.
Ceux qui ont eu la chance d?avoir pour coach Max Moutia ou Philippe le Breton devraient le savoir. Ce qui nous amène à la performance des ch?urs.
Nous avons eu droit à trois ch?urs de bravoure que les Mauriciens connaissent bien pour les avoir vus interpréter sur scène dans leur intégralité tant par des professionnels que par des amateurs mauriciens. La Grande Scène Triomphale d?Aida, le Ch?urs des soldats de Faust, et les ch?urs de la dernière scène de Carmen de Bizet.
Nous savons que Verdi, Gounod et Bizet étoffèrent ces ch?urs d?une partie d?orchestre qui sont en eux-mêmes de purs chefs-d??uvre et qui sont joués en concert indépendamment des pièces pour lesquelles ils ont été écrits.
Commentons simplement la dernière scène de Carmen. Les musiciens pratiquants connaissent le génie orchestral de Bizet.
Le célèbre et populaire thème de l?ouverture de Carmen n?apparaît dans aucun des actes.
Bizet le réserva pour les ch?urs de la dernière scène débouchant sur la mort de l?héroïne
Il y écrivit une flamboyante et percutante orchestration ou la partie d?orchestre prend nettement le dessus sur les ch?urs. Et nous voilà à la Salette avec ce même ch?ur, mais laborieux et sans conviction, et un piano pâlot et sans autorité en lieu et place des pétantes cuivres de Bizet. Ce fut un mauvais choix de ch?urs.
Un mot sur les salles de concerts. Il est établi dans de nombreux pays que des concerts acoustiques payants se donnent dans des églises. Les diocèses trouvent là un moyen très sain et honnête d?aider leurs trésoreries. Il semble que cela ne fasse pas encore partie de nos m?urs.
F. SHARP
Publicité
Publicité
Les plus récents