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Les commerçants vont arrêter de vendre du lait en poudre

17 juin 2006, 00:00

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Le commerce du lait en poudre vire au yaourt. Les importateurs, les boutiques et les supermarchés ont décidé d?un commun accord de cesser de vendre ce produit. Ils n?ont toutefois pas précisé la date, pour ne pas dévoiler leur stratégie. La décision a été arrêtée hier après-midi, à une réunion de toutes les parties concernées, qui s?est tenue au siège de la Chambre de commerce et d?industrie. Tous les opérateurs étaient réunis sur l?initiative du Groupement pour la promotion du commerce. Le ministre du Commerce,

Rajesh Jeetah, maintient que le refus de vendre ce produit est contraire à la loi.

De vive voix, les opérateurs disent essuyer des pertes mensuelles de Rs 10 millions, engendrées par le contrôle de la marge souhaité par le ministère du Commerce. «Ce n?est plus viable. Nous serons obligés de cesser», fait ressortir Nicolas Merven, directeur de la chaîne de supermarché Winner?s. Ignace Lam, d?Ebène Way, renchérit : «Ce n?est pas de gaieté de c?ur que nous agissons de la sorte».

N?empêche que cette situation n?est pas survenue à l?improviste. Le groupement affirme que le ministère est à blâmer. Lors de la rencontre avec Rajesh Jeetah, le 12 janvier 2006, les commerçants avaient obtenu la promesse de la mise sur pied d?un joint working group. Et cela n?a été qu?une vaine promesse.

Une lettre en date du 15 mai, avec copie au ministère des Finances, est envoyée au Commerce pour «rectifier l?anomalie de mark up» sur le prix du lait en poudre. Le budget n?en a pas tenu compte. De fait, ils avaient informé le ministre que «passé le 15 juin 2006, le groupement ne serait pas responsable si la vente de lait en poudre était stoppée».

<B>?Pas le droit d?agir ainsi?

Interrogé par l?express dans la soirée d?hier, Rajesh Jeetah a d?abord affirmé ne pas «être au courant» de cette situation. Il a ensuite précisé que toute doléance devrait être exprimée à la Consumer Protection Unit, rattachée au ministère de la Femme. Elle serait alors relayée à son niveau. Le ministre du Commerce a néanmoins soutenu que les «détaillants n?ont pas le droit d?agir de la sorte car il y a des provisions dans la loi contre ça».

La discorde se situe sur la marge sur le prix à l?importation introduite en août 2005 par le ministre Jeetah. Dès l?entrée en vigueur de cette mesure très contestée ? la marge autorisée était est de 14 % sur le prix en vrac ? les importateurs ont toujours maintenu qu?elle ne leur permet pas de couvrir les frais d?empaquetage. Et le 9 décembre 2005, le ministère, en catimini, avait revu le mark up à un seuil maximal de 24 %, afin de tenir compte des frais de mise en sachet localement et du coût de distribution.

Mais au bout de la chaîne, en enlevant tous ces frais, les détaillants se sont retrouvés avec une faible marge de 2,5 %. Le groupement ajoute, à cet effet, que «le contrôle des prix va à l?encontre de la politique d?ouverture de l?économie et il affecte tous les commerçants, gros et petits. Les réalités économiques sont là et il est impossible de vendre le lait en poudre avec ces marges pitoyables».

Regroupés au sein de la Shop owners? association (SOA), des boutiques ont déjà appliqué le couperet aux dires de son secrétaire, Rajesh Bysooa. Ce dernier affirme que les petits commerces mobilisent des fonds conséquents pour acheter le lait en vrac, et toucher, en fin de compte, un profit de Rs 2. Il est catégorique: «Ce n?est plus la peine de continuer». Un exemple mis en avant est la vente à crédit, coutumière dans les régions rurales. Il est inconcevable que le boutiquier s?engage dans cette voie. Qui plus est, ajoute Nicolas Merven, dans les grandes surfaces, la vente se fait également par cartes de crédit. Dans ce cas, fait-il ressortir, la banque prélève des frais de 2 %. Et si la boîte de lait en poudre y figure, le mince profit perçu s?envole.

<B>Le consommateur paiera</B>

La situation ne retournerait à la normale que si le ministère accède à la demande des commerçants. «On a fait accroire que les commerçants se font beaucoup d?argent. Ce n?est pas le cas»¸ ajoute Ignace Lam. Une juste mesure pourrait être atteinte si leur marge passe de 2,5 à 8 %, comme pour des denrées telles que le corned beef et les pilchards.

Le groupement poursuit sa liste de requêtes, la dernière portant sur la taxe d?une roupie sur les sacs en plastique. Bien qu?elle soit une bonne chose pour l?environnement, il cherche des éclaircissements sur le fonctionnement. D?une part, «il faudra faire payer le client pour tous les sacs peu importe la grandeur». Et de l?autre, «le public devra être informé de l?utilisation de la taxe récoltée». Le consommateur, en somme, paiera à la caisse?

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