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Les collèges privés pourraient bouder la rentrée

24 octobre 2006, 00:00

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Le bras de fer avec le ministère de l?Education est enclenché. Les managers des établissements secondaires privés et les employés de ces établissements ont unanimement accepté de passer à l?étape supérieure: fermer leurs écoles si le ministère ne clarifie pas sa position sur un certain nombre de sujets notamment sur l?allocation aux collèges privés. Ils étaient réunis en assemblée générale spéciale, mercredi dernier.

?Pour la première fois, l?ensemble du secteur est solidaire. Tout le monde va dans la même direction?, constate Rajen Chamroo, porte-parole de la Fédération. Car celle-ci rejoint par sa démarche le principal syndicat du secteur, l?Union of Private Secondary Education Employees (Upsee). Fin septembre, celle-ci s?était également rassemblée et avait décidé de passer à des ?actions fortes? dès la rentrée 2007. A quelques détails près, les raisons avancées sont les mêmes que celles des managers.

?Notre résolution pour des actions fortes tient toujours?, précise Girish Ramsahye, président de l?Upsee. Ce dernier a déjà contacté la Fédération pour une action concertée. D?autres rencontres sont prévues prochainement.

Devant le statu quo du ministère depuis son assemblée générale spéciale, l?Upsee se prépare à soumettre un mémorandum au ministère. ?On envisage d?accorder un délai et si le ministre campe sur sa position, nous demanderons sa démission?, ajoute le président de l?Upsee.

La Fédération se prépare également à communiquer ses problèmes au grand public. ?En cas de deadlock, nous allons tout faire pour rallier les parents, les étudiants et les enseignants à notre cause. Avant d?aller vers le lock-out, début janvier, nous allons bien faire comprendre pourquoi nous faisons cela?, déclare Rajen Chamroo.

Pour la Fédération, la goutte d?eau qui a fait déborder le vase est une récente proposition faite par le Mauritius Audit Bureau (MAB). Alors que les managers attendaient depuis le 1er juillet que la nouvelle grille d?allocations aux collèges privés entre en vigueur, voilà que le MAB est venu présenter une nouvelle formule.

Pour le ministère, ce sont les autorités concernées, en l?occurrence la Private Secondary School Authority (PSSA) et le MAB qui sont tenus de communiquer avec les partenaires du secondaire privé. ?En ce qui concerne la proposition du MAB, cela relève de cette instance. Elle décide en toute indépendance. Tout comme les managers, nous sommes en position d?attente sur la question?, indique une source autorisée du ministère de l?Education.

<B>Une formule du MAB sème le trouble</B>

La MAB avait en fait proposé une formule qui prenne uniquement deux critères en compte pour allouer des fonds publics aux établissements secondaires privés. Selon cette nouvelle formule, 70 % du financement dépendront du nombre d?élèves enregistrés dans un collège. Les 30 % restants dépendront de la performance de l?établissement. La Fédération a été avisée par le MAB lors d?une réunion au début du mois.

Jusqu?ici, le ?grant scheme? des collèges privés prenait en considération six critères qui décidaient du montant à être alloué à chaque établissement: le nombre d?élèves, la gestion de l?école, la qualité des infrastructures, la performance aux examens, la participation des élèves et leur performance lors des activités sportives et extrascolaires et enfin une allocation au propriétaire de l?établissement étant donné que celui-ci offre un service public.

La réaction par rapport à cette proposition du MAB a ainsi été particulièrement vive. Malgré un communiqué de presse émis par le ministère des Finances, le 13 octobre, pour préciser qu?aucune décision sur l?allocation des fonds publics aux collèges privés n?a été arrêtée et que les négociations ?sont toujours en cours?.

Et l?Upsee et la Fédération veulent que le ministère précise ses intentions par rapport au secteur. Notamment sur la question de parité entre les écoles du secondaire publiques et privées.

L?Etat dépense en moyenne Rs36000 par élève contre Rs18000 pour un étudiant scolarisé dans un établissement privé. Et pourtant, le privé scolarise 64 408 étudiants, soit 53% de la population estudiantine mauricienne au secondaire, selon le blueprint de la PSSA qui avait été remis au ministère vers le mois d?août. ?Aujourd?hui, nous constatons que le fossé entre public et privé s?agrandit au lieu d?être réduit?, estime Rajen Chamroo.

Parmi les autres problèmes qui tracassent l?Upsee : l?intention du ministère de former un comité pour examiner la question de reclassement du personnel à la suite de la fermeture de collèges. Le syndicat craint que l?accord signé entre le ministère et le syndicat, en mai 2000, ne soit remis en question.

Et à de multiples reprises, la Fédération et le syndicat ont demandé aux autorités de clarifier la politique de fermeture des établissements secondaires ?substandard?. Un appel à précisions qui est resté vain jusqu?à l?heure.

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