Publicité
Les colis des trafiquants
Plus besoin de passeurs. Confrontés aux barrages à l?aéroport et au port, les trafiquants ont trouvé un nouveau stratagème pour faire entrer de la drogue à Maurice. Désormais, ils expédient leurs colis par courrier express et ont recours à toutes sortes de ruse pour ne pas se faire prendre. Un exemple avéré : de la drogue dissimulée dans deux flacons de shampooing, enveloppés dans du papier carbone, a échappé aux rayons X, la semaine dernière, et s?est retrouvée à la Prison centrale.
Sans la vigilance des officiers Vinod Bacchoo et Kamini Saminaden, la drogue, d?une valeur de Rs 3 millions, aurait vite trouvé preneurs dans la prison. Les officiers ont été intrigués par le poids des deux flacons Clairol, adressés à la Sud-Africaine Lucy Gumede dans une boîte en carton.
En les vidant, les gardiens sont ainsi tombés sur deux paquets jaunes contenant six boulettes d?héroïne. Déjà détenue à cause d?une affaire de drogue, la jeune femme a admis que ce colis, contenant des douceurs et des articles de toilette, lui était bien adressé, mais soutient qu?elle ignorait ce qu?il recelait d?autres.
Autre exemple : le douanier Sattivel Ramen serait toujours libre si l?un de ses jeunes collègues, l?officier Nunnoo, posté chez Fed-Ex, n?avait pas fait confiance à son intuition. Vendredi dernier, Il s?est trouvé face à un colis provenant du Burundi, mais qui ne portait pas le nom du destinataire.
Le poids du paquet ne correspondait pas non plus aux articles qu?il était censé contenir : des vêtements. Le douanier a immédiatement réclamé l?intervention d?un chien renifleur. Celui-ci a été mis en présence du paquet à deux reprises, mais n?a rien senti.
Le douanier a alors fait ouvrir le paquet et a découvert le pot aux roses. L?Adsu est alors intervenue et a pu arrêter Sattivel Ramen et Sadasiven Veerasamy, lorsqu?ils sont allés chercher le paquet contenant 600 grammes d?héroïne, évaluée à Rs 6 millions, à l?avenue Ollier, Quatre-Bornes, le même jour.
Deux mois plus tôt, un autre colis « spécial », posté en Inde et expédié par courrier express, avait été intercepté à la Prison centrale. Contenant des paquets de cartes, truffées de Rs 800 000 d?héroïne, il était adressé à l?Indien Akbar Mohamed Sheikh, emprisonné pour délit de drogue.
<B>L?adresse était celle d?un bureau abandonné</B>
Et trois ans avant, le 8 novembre 2002, Henri de Maroussem, 22 ans, un habitant de Tamarin, avait été arrêté par l?Adsu alors qu?il prenait livraison d?un colis bourré de 680 grammes de gandia, envoyé d?Afrique du Sud par courrier Fed-Ex et adressé à l?intention d?un certain Benjamin Rosso.
La police avait flairé un mauvais coup car l?adresse fournie était celle d?un bureau abandonné de la capitale. La radio que devait contenir le paquet était en fait du gandia. Le jeune homme a été condamné à cinq ans de prison en décembre 2003 tandis que l?ami qui l?accompagnait ce jour-là, un habitant de Chamarel, a obtenu le bénéfice du doute.
Il est peut-être grand temps d?exercer une plus grande vigilance sur les colis envoyés par courrier express car jusqu?ici, seuls les paquets, adressés à certaines personnes habitant certains quartiers, sont examinés avec attention.
Publicité
Publicité
Les plus récents