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Les censeurs sévissent

13 novembre 2007, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

<B>Par Raj MEETARBHAN</B>

Le réflexe de la censure est de retour. Les censeurs ont frappé fort la semaine dernière. Ils se sont attaqués à Internet. Ils ont demandé à tous les fournisseurs d?accès à Internet de bloquer un site web, «Facebook», qui est visité par plus de 10 000 jeunes Mauriciens. Les utilisateurs sont désormais prévenus : l'Internet n?est pas chez nous cet espace de liberté qu?il est devenu ailleurs dans le monde.

C?est un texte écrit avec humour et dérision par un utilisateur se faisant passer pour Navin Ramgoolam qui est à l?origine de la décision d?interdire l?accès à «Facebook». Aucun propos diffamatoire n?y apparaît. Pourtant, le ministre des Technologies de l?information et de la Communication a promptement écrit au directeur exécutif de l?organisme régulateur, l?ICTA, et celui-ci s?est exécuté sans délai.

«Facebook» est un site dit communautaire parce que sa vocation est de tisser un réseau social entre amis. Il possède un contenu qui n?a rien à voir avec la politique et ne représente aucune menace pour personne. Ce site compte dans le monde plusieurs dizaines de millions d?abonnés. La censure qui a été exercée à son encontre relève d?une grande absurdité.

Dès lors, la question se pose : que se passerait-il si, des citoyens profitaient des immenses possibilités qu?offre Internet pour organiser des forums politiquement sensibles ? On imagine bien les énormes moyens qui devront être déployés alors par le gouvernement pour surveiller toutes les discussions instantanées et les forums. Dans ce cas, non seulement la cyberîle sera tournée en ridicule mais ce contrôle exercé par le «big brother» freinera le taux de pénétration de l?informatique dans les ménages.

L?avènement de l?Internet devrait pousser nos dirigeants à perdre leurs tentations de bannir, de censurer, d?asphyxier les médias qui véhiculent des idées qui ne leur plaisent pas. Il est bien entendu que sur le Net comme ailleurs les gens ne sont pas autorisés à agresser autrui verbalement, à diffamer ou à répandre des fausses nouvelles. Mais, il y a une limite aux frappes de la censure.

Trilock Dwarka, président de l?ICTA, semble avoir pris la mesure de l?aberration, même s?il s?en tient à la réserve qui est d?usage en la circonstance. Dans l?interview qu?il nous accorde (voir p.5), il se montre circonspect dans son attitude vis-à-vis de la censure : «Je soutiens la direction sur les décisions prises, même si je me pose des questions sur la pertinence de la décision consistant à bloquer même temporairement l?accès à des méga-sites ou à des sites de ?social networking? comme moyen de régler des problèmes qui pourraient se poser à l?avenir.»

Il y a quelque temps, des censeurs peu éclairés avaient interdit l?affichage public d?une publicité montrant une femme dominatrice chevauchant un homme soumis. Quand ils ne sont pas en guerre contre les mots, ils s?en prennent aux photos, les Don Quichottes des temps modernes.

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