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Les candidats à la renaissance et les spectateurs?

20 avril 2008, 20:00

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«Les hommes d?un côté. Les femmes de l?autre.» Une légère hésitation une fois l?instruction donnée. Interrogent du regard époux, épouses, pères, mères, frères, s?urs et ami(e)s sans toutefois oser poser la question qui brûle leurs lèvres : mais pourquoi diable les hommes doivent-ils être d?un côté et les femmes de l?autre ? Ne s?agit-il pas d?une simple séance de méditation ?

Nous sommes au Gymkhana de Vacoas, sur la «plaine». Quelque 3 000 personnes s?étaient déplacées hier matin pour cette séance de «mass meditation» pour suivre une «rebirth therapy». Car c?est bien connu, «seule la méditation peut sauver le monde».

Et pourquoi séparer les hommes des femmes ? Pour deux raisons, expliquent les organisateurs. Une plutôt spirituelle, et l?autre, beaucoup plus pratique, l?explication la plus terre à terre étant que lors du quatrième «stage», lors de la relaxation, les candidats à la renaissance doivent s?allonger au sol et se détendre. «Ou kone, public ki invite la. Pa kone ki kapav ariver letan bane missie alonz kot bane madam? «D?accord. En même temps, les multiples caméras de la Mauritius Broadcasting Corporation (MBC), filmaient tout, ou presque, puisque la session de méditation était retransmise en direct à la télévision nationale?

Si les organisateurs avaient demandé aux participants d?éviter tout repas lourds et activités physiques épuisantes deux jours avant l?événement et de se munir d?un tapis, ils n?avaient pas pensé à leur dire de prévoir un parapluie et de porter des vêtements confortables. Alors que certains sont venus les bras ballants, faute de tapis, ils n?ont pu s?asseoir et faute de parapluie, ils ont été trempés jusqu?aux os. Faute d?esprit pratique, ils sont aussi venus avec des chaussures à talons et des vêtements, pour certains, un peu trop près du corps pour pouvoir s?exprimer librement. Pas facile non plus de méditer et de se relaxer quand l?on a son parapluie coincé contre son épaule.

Et pourtant, micro en main, écho en prime, le Swami Paramananda, de la Satyam Gyanam Anandam Society, leur a demandé de s?exprimer. Leur a dit de se relaxer. Qu?ils n?étaient pas en sel et qu?ils n?allaient pas fondre. «Si ou le danser, danser, si ou le plerer, plerer, si ou le rouler, rouler.» Bref, faites ce que vous voulez. Fermer les yeux aussi. Sans crainte. «Personn pa pu tous ou. Nu pe veiller.»

Alors, ils ne se sont pas fait prier. Ils ont fermé les yeux. Ils ont pleuré. Ils ont crié. Hurlé même. Avant de se relaxer. Tout cela devant le regard de curieux. Qui à défaut de choisir un «côté», sont restés en bordure «de la plaine». A manger du pop-corn. Comme quoi, on se divertit comme on peut?

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