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Les brûlures de Vijyotee lui ont coûté la vie
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Les brûlures de Vijyotee lui ont coûté la vie
Le regard perdu dans le vide, le petit Sandip, 14 ans, observe, silencieux, les allées et venues des adultes dans la maison de son oncle. Assis à ses côtés, son jeune frère ne réalise pas encore qu?il ne reverra plus jamais sa mère, Vijyotee Nackchejee. La jeune femme, âgée de 34 ans, a succombé à ses blessures aux petites heures du matin hier au service des grands brûlés de l?hôpital Victoria, Candos. Elle avait été brûlée par son époux, Sudheer Nackchejee le 9 août alors qu?elle se trouvait seule au domicile conjugal. Le présumé meurtrier est actuellement en détention policière.
Sudheer, maçon de son état, s?est introduit dans leur maison, à Pont-Bon-Dieu, Brisée-Verdière avant d?agresser son épouse alors qu?elle sortait de la salle de bains. Il avait déversé du produit inflammable sur ses vêtements avant d?y mettre le feu. Il avait déserté le toit conjugal trois semaines auparavant, après avoir été dénoncé à la police par Vijyotee pour violence domestique. Un protection order avait également été émis par le tribunal de Flacq. C?est donc une vengeance qu serait à l?origine du drame. «S?il avait été retrouvé à temps, ce drame n?aurait pas eu lieu», déplorent les proches de la jeune femme, tous réunis dans la maison parentale hier pour les obsèques.
Un mari jaloux et violent
Activement recherché par la police, le suspect a été arrêté vers 20 heures le même jour, alors qu?il avait trouvé refuge chez l?un de ses frères, qui habite non loin de là. Il se serait rendu sans difficultés aux éléments de la Criminal Investigation Division (CID) de Flacq venus l?appréhender. L?enquête dans cette affaire est menée par les hommes du chef inspecteur Seeballuck.
Le présumé meurtrier, âgé de 37 ans, est connu dans la région pour avoir eu de fréquentes altercations avec des habitants de la localité. Selon le témoignage de quelques voisins, Sudheer envoyait plusieurs fois par jour l?aîné de ses fils, Sandip, âgé de 14 ans, à la boutique du coin pour y acheter du rhum. «Il buvait toute la journée et se montrait très agressif envers tout le monde. C?était quelqu?un qu?on préférait éviter», explique un habitant de la localité. Ce dernier fait toutefois ressortir que Sudheer n?avait pas toujours été «enn lacid». Ce dernier travaillait, il y a environ trois ans, au Turf Club avant d?être renvoyé. Il avait, depuis, sombré dans l?alcool. Sudheer, qui ne sait ni lire ni écrire, aurait forcé Sandip à rédiger une lettre dans laquelle il menace de mettre fin à ses jours si Vijyotee ne revient pas sur les allégations portées contre lui.
Sudheer, affirment les voisins du couple, était quelqu?un de très jaloux. Selon leurs dires, il se cachait à proximité du lieu de travail de Vijyotee pour l?épier. «Il la surveillait constamment et voulait toujours savoir avec qui elle était ou à qui elle parlait», laisse entendre un voisin. Ce dernier se souvient d?une violente dispute du couple survenue il y a quelques mois. Vers 17 heures, Sudheer est, comme à l?accoutumée, ivre. Il s?en prend, sans aucune raison apparente à Vijyotee qui effectue des tâches ménagères dans une des pièces de la maison. Il lui assène des coups de poing au visage.
La jeune femme tente vainement de se défendre. Sudheer se montre de plus en plus agressif et lui arrache une partie de ses vêtements avant de la traîner, par les cheveux, dehors sous les yeux de quelques habitants du quartier qui échangent des mots dans la rue en face. «Elle était partiellement dévêtue. Les femmes, qui ont assisté à la scène, sont venues à son secours et l?ont recouverte d?un drap», se rappelle un voisin.
Les habitants de la localité se disent très touchés par ce drame qui a secoué leur village, habituellement très calme. Vijyotee était très appréciée dans la région. «C?est une femme courageuse qui a énormément souffert.»
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