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Les boulangers gèlent leur menace de grève

12 décembre 2005, 20:00

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Les consommateurs peuvent respirer : l?Association des propriétaires de boulangeries (APB) a décidé, hier, de mettre au frigo sa menace de grève. Une rencontre hier entre l?APB et un haut cadre du ministère du Commerce a pu faire évoluer les choses.

?Je suis satisfait de cette réunion car il paraît que le gouvernement présentera bientôt une solution qui va dans la bonne direction. Il paraît que le gouvernement a trouvé que notre dossier est très sérieux et qu?il prendra très vite une décision à ce sujet?, a déclaré, hier, Nazir Hosany, président de l?APB à sa sortie de la réunion. Il a indiqué que l?association a décidé de ne plus lancer d?ultimatum au gouvernement à la suite de cette réunion.

Toutefois, il a ajouté : ?Je ne peux dire pour le moment si une éventuelle augmentation du prix du pain interviendra avant la fin de cette année ou après. Nous attendons en tout cas une réponse positive.? Les membres de cette association avaient donné au gouvernement un délai à aujourd?hui pour une réponse positive à leur demande d?augmentation du prix du pain. A défaut, ils devaient ne plus vendre le ?pain maison? et la baguette.

L?augmentation demandée est de l?ordre de 82 %. Si elle est approuvée, le ?pain maison? passerait de Rs 1,35 à Rs 2,25, la baguette de 100g de Rs 3 à Rs 4,80 et celle de 400g de Rs 6 à 9,60.

Nazir Hosany dit que la population doit être fière de ses boulangers qui, malgré une ?situation financière extrêmement difficile?, continuent à lui fournir son pain quotidien tôt le matin. Depuis la dernière augmentation (de l?ordre de 12 %), les coûts de production n?ont pas cessé de grimper. La main-d??uvre représente à elle seule entre 25 et 28 % de ces coûts, dit-il. De plus, d?autres facteurs ont motivé les cent membres de l?association à déposer leur demande d?augmentation de prix, notamment la hausse des tarifs d?électricité, des prix de l?huile, du diesel et d?autres intrants.

La vente de pains spéciaux et de la pâtisserie n?arrive pas à subventionner la ?perte? causé par le prix actuel du pain. Les boulangers insistent que la hausse de 82 % demandée n?est pas un chiffre pris au hasard. C?est le résultat d?une analyse effectuée par un expert-comptable de l?association.

La menace de ne plus vendre le ?pain maison? et la baguette, dont les prix sont contrôlés par le gouvernement, avait été évoquée lors de la dernière assemblée générale de l?APB tenue le 29 novembre dernier à l?hôtel Le Plaza, Curepipe. Anil Gayan, le conseil légal des boulangers, avait alors suggéré que l?APB arrive à un point de rupture (cut off point) dans les négociations avec le ministère du Commerce si aucune rencontre n?était prévue pour débloquer la situation.

Au cours de cette même assemblée, les propriétaires des boulangeries avaient refusé toute idée de subventionner le prix de la farine et celui du diesel pour empêcher une éventuelle hausse du prix du pain.

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