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Les Benoît prône la lecture publique et gratuite

23 juin 2005, 00:00

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Une grande et belle page de ?l?express? de la mi-juin 1980 nous rappelle le sympathique et émouvant souvenir de Marie et Gaëtan Benoît (alors bibliothécaire de la municipalité de Port-Louis). On peut y lire leur vibrant plaidoyer en faveur de la lecture publique et de la nécessité d?un ?Free Public Librairies Act?. Il est souvent question de réforme de l?éducation mais il est rarement question de la place, pourtant prépondérante, que doit y occuper le puissant instrument de développement intellectuel, l?outil de progrès que peut être un réseau efficace et adéquat de bibliothèques publiques dignes ce nom, animé par une équipe de bibliothécaires qualifies, compétents et dévoués. Il ne s?agit pas tant des bâtiments devant abriter des bibliothèques et de leurs équipements indispensables mais du fonctionnement efficace de la lecuture pouvant se pratiquer publiquement.

Ils rappellent brièvement l?histore des bibliothèques à Maurice, depuis la Librairie de Raynal et la bibliothèque de la Table Ovale, en passant par la bibliothèque municipale réservée dans un premier temps aux conseillers et aux fonctionnaires municipaux avant d?être ouverte au grand public en 1933 moyennant le versement d?un dépôt pour l?emprunt des livres à domicile. Son exemple fut suivi par d?autres collectivités locales sans qu?on puisse pour autant se vanter de la mise en place même progressive d?un véritable centre de cultures et d?une banque de données intellectuelles et scientifiques. Tout porte donc à croire que les autorités concernées ne jugent pas utile de concevoir la lecture publique comme un moyen par excellence pour permettre à tout un chacun de s?instruire lui-même, sans maître, à son rythme, de faire des recherches de son choix, de contribuer à l?autodidaxie, d?aller à la découverte du savoir et tout cela sans bourse déliée. Ils ajoutent que le moment est venu de considérer la lecture publique comme un service public aussi essentiel que la voirie ou l?éclairage des rues.

Cela suppose des bâtiments fonctionnels conçus autant par des bibliothècaires que des architectes et des ingénieurs mais aussi un impôt spécial, permettant aux collectivités locales de créer des bibliothèques publiques efficaces. Ils précisent que des pays communistes ont mieux compris que les pays capitalistes la puissance d?un tel instrument de progrès collectif. Des pays anglo-saxons ont pourtant montré la voie, dès la mi-XIXe siècle en inventant le concept de la ?free public library?. En vertu de ce principe toute commune d?une certaine importance a le devoir de créer une ou plusieurs bibliothèques publiques sur son territoire. Chaque citoyen sait alors qu?en contribuant à une taxe particulière il contribue à la création et à l?enrichissement d?une bibliothèque publique à laquelle il peut recourir s?il veut savoir quelque chose qu?il ignore.

Le concept de la ?Free and Public Authority? exclut d?office le moindre paiement pour obtenir un service quelconque. Tout doit être financé par la taxe particulièrement. Il prévoit la mise en service de bibliothèques ouvertes à des heures avantageuses pour le public, lui offrant les services les meilleurs et les plus variés. Elles doivent au moins comprendre les services suivants : une salle de prêt, une salle de référence, d?information et de documentation, une section juvénile équipée d?une ?toy library?, une salle d?actualité (périodiques, journaux, revues), salle de musique et de section audiovisuelle, annexes et bibliobus pour les contribuables excentrés, services pour les personnes hopitalisées, les handicapés, les aveugles, services pour les prisonniers, pour les hospices, les orphelinats.

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