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?Les APE sont un instrument pour le développement?

26 février 2004, 20:00

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LES ACCORDS de partenariat économique (APE) se situent dans un nouveau cadre de coopération économique et commerciale entre l?Union européenne (UE) et les pays d?Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP). Ces accords font partie intégrante de la Convention de Cotonou qui régit les relations entre ces deux blocs. La vraie raison d?être de ces accords : agir en tant qu??instrument au service du développement?, explique Juan Carlos Rey, chef de la délégation de l?UE à Maurice.

?La Convention de Cotonou prévoit une nouvelle dynamique économique et commerciale comme vecteur de développement, en particulier avec les APE?, ajoute-t-il. En effet, sous cette convention, Maurice a bénéficié des dons d?environ Rs 1 milliard de l?UE. La majeure partie, soit 85 % de cette aide, se concentrera sur le secteur du tout-à-l?égout notamment dans les Plaines Wilhems et dans les régions de la côte ouest. Le reste sera consacré à la lutte contre le pauvreté, une des composantes essentielles de la Convention de Cotonou.

La feuille de route des négociations sur les APE prévoit que les priorités devront être établies entre mars et août. Par la suite, il y aura des négociations sur le fonds entre septembre 2004 et décembre 2005 pour aboutir à la phase de finalisation entre janvier 2006 et décembre 2007. Il s?agit de rendre ces accords effectifs à partir de janvier 2008.

L?expérience du passé, dit Juan Carlos Rey, nous a montré que malgré un accès pratiquement libre, de nombreux produits, notamment agricoles, les exportations de l?ensemble des pays ACP vers l?UE ont chuté. ?Dix pays africains représentent 61 % des exportations des ACP. La grosse majorité de ces exportations est constituée de neuf produits. Le pétrole représente 29 %, le cacao, 4%, le sucre, 3 %, et la banane 2 %. Il y a également 2 % pour le café comme le tabac?, dit Juan Carlos Rey.

La partie du marché mondial des ACP, ajoute-t-il, continue à se rétrécir en dépit des préférences commerciales et de l?accès duty free et non réciproque dont ils bénéficient sur le marché européen.

Vulnérabilité des petits Etats

L?environnement commercial et économique plus compétitif dans le sillage d?une libéralisation progressive des échanges n?est pas non plus négligeable. Même les échanges entre les pays ACP eux- mêmes restent faibles, pour ne pas dire marginaux.

Les APE, fait ressortir Juan Carlos Rey, visent à renforcer le partenariat entre l?UE et les ACP, à promouvoir une intégration régionale en termes d?échanges et de commerce et à développer une série de droits et d?obligations mutuelles. Ils vont ainsi faciliter l?intégration des ACP dans les économies de marché et développer le principe de compétitivité pour se placer dans le marché mondial. L?objectif étant d?aboutir à une zone de libre commerce entre l?UE et les blocs régionaux ACP.

Mais il ne faut pas non plus occulter l?aspect d?aide au développement grâce à ces accords, souligne Juan Carlos Rey. Ainsi, en même temps, les APE comportent un élément de flexibilité qui tient compte des entraves au développement social et économique des Etats ACP.

Entraves qu?est notamment la vulnérabilité des économies des petits Etats, comme l?a souligné le commissaire européen Pascal Lamy qui avait visité le pays en février dans le cadre du lancement des négociations des APE pour les pays de la zone Est et de l?Afrique du Sud.

Les APE doivent aussi s ?épanouir tout en facilitant un rapprochement avec les règles de l?Organisation mondiale du commerce (OMC). Et la réciprocité reste une condition à être respectée afin d?être en harmonie avec les règles de l?OMC. ?Nous ne voulons pas d?un système asymétrique en ce qui concerne la réciprocité. Il ne s?agit pas d?ouvrir les marchés ACP aux exportations européennes. Il est clair qu?une période de transition est nécessaire pour les ajustements?, explique-t-il.

Autre source de richesse des pays ACP : le libre-échange au niveau des services en sus des biens, précise Juan Carlos Rey. L?apport du secteur privé et de la société civile n?est pas non plus négligeable dans la mise en ?uvre des APE.

AIDE DE L?UNION EUROPÉENNE

La station de St.-Martin opérationnelle en juin

  • L?Union européenne a injecté quelque Rs 485 millions dans la construction de la station d?épuration de St.-Martin. Cette aide a été accordée sous le 8e Fonds européen de développement. Toutefois le coût total de la construction de cette station a atteint Rs 900 millions. Commencés en janvier 2001, les travaux de construction réalisés par le consortium Degremont (France) ? Ireland Blyth Ltd ? General Construction Co Ltd - Group Five (Afrique du Sud), devraient s?achever en juin.

Cette première phase d?extension permettra à la station de desservir environ 220 000 foyers qui seront connectés au réseau du tout-à-l?égout. Le projet prévoit la connexion totale de 310 000 habitations au réseau. Le projet comprend la récupération et le traitement des eaux usées domestiques et industrielles, dont une partie pourra être utilisée pour l?irrigation.

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