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Les 82 ans de SSR

17 septembre 2007, 20:00

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A l?occasion de son 82e anniversaire, le premier à être célébré, depuis les années 1960, hors du cadre privilégié de l?Hôtel du gouvernement, avec défilé de ministres, de députés lorgnant sur un maroquin ministériel, d?agents travaillistes, de jeunes loups en quête de ticket électoral, de fonctionnaires avides de promotion ou non, Sir Seewoosagur Ramgoolam accorde un entretien à son journal, Advance, les autres ne pipant mot de cet événement annuel pourtant national, exception faite pour The Nation qui lui accorde un entrefilet, susceptible d?atténuer la blessure de la nouvelle dissidence au sein du Parti travailliste.

A Advance, Seewoosagur Ramgoolam confie que le nouveau gouvernement MMM-PSM n?a pas su créer une atmosphère de confiance dans le pays. Il rappelle que le PTr est toujours prêt à coopérer dans l?intérêt supérieur du pays. Il se permet la mise en garde suivante : avec ses multiples commissions d?enquête (l?équivalent d?une opération lève paquet allé), ce gouvernement MMM-PSM risque de connaître le même sort que celui de Morarji Desai en Inde. (N.B. Ce dernier devient Premier ministre de l?Inde le 24 mars 1977, après la défaite électorale d?Indira Gandhi aux législatives de la mi-mars 1983. Il doit démissionner le 29 juillet 1979. Charan Singh le remplace. Indira Gandhi et son Parti du Congrès prennent leur revanche, lors des législatives du 3-6 janvier 1980, permettant à la fille de Nehru de récupérer son fauteuil de Premier ministre).

A 82 ans, SSR s?apprête à prendre de nouveau l?avion pour se rendre à Vienne où doit se tenir une rencontre de leaders de partis socialistes. Pour l?instant, il rentre d?une tournée dans ses plantations de cannes à sucre dans le sud de l?île et déplore que ses successeurs à l?Hôtel du gouvernement aient annulé toutes les mesures prises par lui pour offrir du travail de relève aux demandeurs d?emploi et, à défaut de sinécures, une allocation de chômage aux sans emploi. Il rappelle qu?il a fait venir des old friends de Londres, dont Brian Abel-Smith, Donald Chesworth, Percy Selwyn, pour le conseiller à créer des emplois pas forcément productifs. Il regrette surtout pour les gradués-chômeurs toujours en attente d?un poste, dans la fonction publique, bien sûr.

Il regrette que ses successeurs aient également annulé son projet de prestige d?un aéroport dans le Nord. Il prédit qu?à Plaisance on jettera de l?argent dans un puits sans fond. De plus, un nouvel aéroport du Nord c?est la garantie de milliers d?emplois pour my people de cette région. Le chômage et la crise économique sont les deux grands problèmes du pays. Pour les résoudre, il faut créer un climat de confiance. Cela ne se fait pas avec le MMM-PSM au pouvoir.

SSR ne comprend pas comment peut-on demander aux Mauriciens de modifier leurs habitudes alimentaires et de consommer des produits locaux (pomme de terre, maïs, manioc) plutôt que des produits importés à coups de devises étrangères (riz et farine, payables en dollars américains). La diversification agricole coûte plus cher que de planter de la canne à sucre.

Il déplore le climat d?insécurité qui prévaut dans la fonction publique depuis le changement de régime. Les fonctionnaires travaillent (?) dans l?appréhension. La méfiance mutuelle est de mise. Tout fonctionnaire se méfie de ses collègues. Il ne comprend pas pourquoi on s?étonne qu?il veuille, à 82 ans, conserver le leadership du PTr. Il regrette le départ de Satcam Boolell et des autres contestataires et dissidents. Le PTr tolère la plus large des bases. Il accepte toute tendance politique et même son contraire, à condition de ne pas regimber contre son leadership. Il n?y a plus de sous dans les caisses, gérées par le loyal Chettiar, pour participer aux prochaines élections municipales. Il faudra donc passer la quête parmi les membres du parti.

Il confesse avoir commis une grossière erreur en laissant partir Harish Boodhoo et ses amis contestataires. C?est dire combien il est favorable à un rapprochement entre le PTr et le PSM. Ce sera chose faite, bientôt. La patience est, dit-on, une vertu souveraine. Tout vient à point à qui sait attendre. Il suffit d?un peu de loyauté à l?égard du parti.

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