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L?envol

29 juillet 2005, 00:00

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Le discours-programme qui sera lu cet après-midi à l?Assemblée nationale devrait être un sûr indice du changement. Vingt-cinq jours après son arrivée aux affaires, la nouvelle majorité politique définira ses priorités. Elle peut maintenant annoncer les mesures qui changeront notre vie avant l?échéance des cent jours et poser les jalons pour le développement économique à moyen terme.

Pour l?immédiat, le gouvernement va sans doute honorer les engagements pris durant la campagne sur la pension universelle et le transport gratuit pour les étudiants et les personnes âgées. Mais l?événement d?aujourd?hui est marquant parce qu?il doit livrer des détails sur l?action du gouvernement pour remporter la bataille de l?emploi.

Le ministre des Finances, Rama Sithanen, a fait savoir qu?il ne compte pas réinventer la roue et qu?il s?appuiera sur un secteur existant, le tourisme, pour lutter contre le chômage et relancer l?économie. Sa position rejoint celle du Joint Economic Council et des analystes de la MCB. Tous s?accordent à identifier le tourisme comme la seule planche de salut pour l?économie.

Plusieurs raisons objectives poussent à croire que bien plus que le secteur des petites et moyennes entreprises (PME), c?est le tourisme qui peut donner du sérum à l?économie. Nous possédons l?expertise nécessaire, la conjoncture internationale est bonne et les principaux investissements en matière d?hébergement sont déjà faits. En 2004, le parc hôtelier s?est encore agrandi. Il a accueilli plus de 1 000 nouvelles chambres, soit une augmentation de 10 %.

Le secteur est porteur et son succès ne dépend que de nous maintenant. Il s?agit d?abord de faire converger les positions, pour l?heure inconciliables, des principaux acteurs du tourisme. Les hôteliers disent que le billet d?avion est trop cher tandis que la compagnie nationale d?aviation soutient que c?est le coût des chambres qui est prohibitif. Les hôteliers et les transporteurs ont des intérêts sectoriels qu?ils défendent jalousement. C?est au gouvernement de faire la part des choses et de trancher en faveur de l?intérêt national.

Si les autorités prennent un si long temps pour sortir de l?impasse, c?est que le problème est complexe. Il ne suffit pas de décréter un ciel plus ouvert ou des prix de chambres plus compétitifs pour faire affluer les touristes. En fait, il faut jouer sur les deux tableaux à la fois. Il y a les mois maussades pendant lesquels les prix des chambres sont dissuasifs, puis il y a la saison forte durant laquelle il manque de place dans les avions.

Depuis longtemps, l?attitude d?Air Mauritius a été un puissant facteur de blocage. Elle s?oppose aux charters, arguant que notre pays a un positionnement de destination de luxe. Mais, les chambres dans les hôtels cinq-étoiles ne constituent qu?un faible pourcentage du parc global ! Il est temps que le pouvoir politique remette Air Mauritius à sa place et lui demande de se cantonner dans son rôle, qui est celui d?une compagnie commerciale. Ce n?est pas son rôle de se mettre dans la peau d?un régulateur et de dicter la politique nationale d?accès aérien. Elle a ses intérêts, le pays a les siens.

On peut s?étonner aussi de la contradiction entre les intentions affichées du gouvernement de mettre l?accent sur le tourisme et, disons, le manque d?empressement du ministre de tutelle, Xavier Duval, à passer à l?action. Il a la responsabilité de provoquer la réflexion chez tous ceux concernés pour impulser le tourisme. Il faut plus de dynamisme si nous voulons passer à l?étape supérieure : nous avons une industrie hôtelière, nous voulons devenir une vraie destination touristique.

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