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L?enquête sur l?incendie de l?immeuble parisien piétine

29 août 2005, 00:00

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Sept des 17 morts de l?incendie d?un immeuble vétuste du XIIIe arrondissement de Paris ont été identifiés samedi mais l?enquête n?a pas encore permis d?établir les causes du sinistre, apprend-on de source judiciaire.?Les identifications progressent. Sept corps identifiables ont été présentés samedi après-midi aux proches des victimes?, a-t-on déclaré à Reuters de même source.

En revanche, ?la cause de l?incendie reste inconnue?, a-t-on poursuivi. ?Pour l?instant, on n?a pas retrouvé de traces d?hydrocarbure. Il n?y a pas de câbles ou de prises électriques ni de débris particuliers (à l?endroit où le feu a démarré dans la nuit de jeudi à vendredi).?

?On n?exclut rien?, ajoute-t-on de même source en soulignant que l?intervention très vigoureuse des pompiers pour éteindre l?incendie a pu détruire des indices. Le procureur de la République de Paris Jean-Claude Marin avait écarté vendredi l?hypothèse d?un court-circuit électrique.

?La piste criminelle n?est pas avérée mais dans l?état actuel des investigations elle n?est pas non plus exclue?, avait déclaré samedi dans la matinée à Reuters un représentant de la Préfecture de police de Paris. Les services scientifiques et les enquêteurs de la police poursuivent leurs investigations, notamment auprès du voisinage.

L?immeuble du 20, boulevard Vincent-Auriol hébergeait des familles africaines avec beaucoup d?enfants, qui ont été les victimes les plus nombreuses. Selon Jean-Claude Marin, 14 des 17 morts étaient des enfants. 27 blessés ont été hospitalisés dans des hôpitaux de l?Assistance publique (APHP). Selon une porte-parole de l?APHP, 21 sont sortis vendredi après-midi.

?Cercueils du mépris?

Seules six personnes étaient encore hospitalisées samedi matin, dont quatre légèrement blessées et deux dans un ?état sérieux? (un enfant et un adulte) mais dont ?le pronostic vital n?est pas engagé?, a-t-elle précisé. Ce drame a relancé le débat sur les conditions de vie des immigrés en France, quatre mois après la mort de 24 personnes dans l?incendie d?un hôtel parisien proche de l?Opéra.

Une centaine d?occupants du 20, boulevard Vincent-Auriol doivent être relogés, dont 80 ont été recueillis dans la nuit de jeudi à vendredi dans un gymnase de la Ville de Paris, dans le XIIIe arrondissement, indique-t-on à l?hôtel de ville.

Le ministre des Maliens de l?extérieur, Oumar Hamadoun Dicko, et l?ambassadeur du Mali en France ont rendu visite aux rescapés et ont été reçus au Parquet de Paris. Une dizaine de victimes de l?incendie sont présumées d?origine malienne.

Les rescapés ont décidé de rester pour le moment dans le gymnase. ?Nous leur avons proposé deux hôtels mais ils demandent un relogement pérenne?, explique-t-on dans l?entourage du maire de Paris, Bertrand Delanoë, qui a quitté l?université d?été du PS à La Rochelle pour revenir dans la capitale.

?On veut un logement décent, c?est tout ce qu?on demande au gouvernement?, a pour sa part déclaré à la chaîne de télévision LCI Sira Ballo, proche de rescapés. ?Il y a des fonds pour cela. On veut un logement décent pour toutes ces familles qui en ont marre de vivre dans des taudis.?

Les associations de défense des mal logés ont de nouveau dénoncé la situation actuelle et demandé aux pouvoirs publics des mesures d?urgence pour y remédier.

?Quand on met bout à bout le nombre d?enfants qui sont morts, le nombre d?adultes qui sont morts dans des incendies ces derniers mois, c?est inacceptable?, a ainsi déclaré le président de Droit au Logement (DAL), Jean-Baptiste Eyrault, sur France 2. ?Cette fois-ci, il va falloir qu?ils bougent. On ne va pas laisser encore mourir des enfants pour rien.?

Droits devant !! dénonce pour sa part dans un communiqué les ?42 cercueils du mépris? ? allusion aux victimes des incendies du boulevard Vincent-Auriol et de l?hôtel Paris-Opéra ? et demande l?application de la loi de réquisition d?octobre 1945 aux ?140 000 appartements vides à Paris?.

Des centaines de sans-papiers (1 700 selon la préfecture de police) ont manifesté samedi dans la capitale à l?occasion du neuvième anniversaire de l?évacuation de l?église Saint-Bernard.

Les forces de l?ordre avaient défoncé les portes de cette église du XVIIIe arrondissement à coups de hache pour en expulser quelque 200 Africains sans-papiers qui l?occupaient. Les manifestants ont de nouveau demandé samedi la régularisation de tous les sans-papiers.

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