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L?embauche de pêcheurs malgaches ne fait pas l?unanimité
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L?embauche de pêcheurs malgaches ne fait pas l?unanimité
Des pêcheurs malgaches sont malgré eux au centre d?une polémique. Celle-ci a surgi après que le ministère du Travail et de l?emploi a accordé à Iks Fishing Ltd et Sea Lords, deux compagnies de pêche locales, un permis pour l?emploi des pêcheurs de la Grande île.
Le premier à monter au créneau n?est autre que Sylvio Michel, le ministre de la Pêche. Il réfute l?argument principal avancé par certains directeurs de compagnie pour recourir à de la main-d??uvre étrangère.
« Plutôt que de parler de pénurie, il aurait été plus juste de parler de boycott des pêcheurs mauriciens par certaines compagnies de pêche pour une main-d??uvre malgache employée dans des conditions plus avantageuses financièrement », écrit-il dans une lettre à l?express.
Ibrahim Moossa, co-négociateur de la Marine Transport & Port-Louis Employees Union, abonde dans le même sens. « L?industrie de la pêche ne compte pas plus d?une dizaine de bateaux. Ils emploient environ 445 pêcheurs. Nous estimons à 1254 le nombre de pêcheurs enregistrés. Où donc est la pénurie ? Si elle existe, elle a été créée de toutes pièces. »
Certains propriétaires estiment le recours à des Malgaches justifié. Outre une pénurie de pêcheurs mauriciens, ils soutiennent également que les Malgaches sont plus productifs. Cependant personne ne veut s?exprimer ouvertement sur un sujet jugé sensible. Les responsables des compagnies de pêche tiennent une réunion demain pour faire état de leur position.
Entre Rs 40 000 et Rs 50 000 par campagne
La Marine Transport & Port-Louis Employees Union rejette l?argument des patrons des compagnies de pêche. « Des propriétaires de bateaux eux-mêmes affirment qu?après une campagne de pêche de 60 jours, des pêcheurs touchent entre Rs 40 000 et Rs 50 000. Si les Mauriciens n?étaient pas productifs, auraient-ils réalisé une telle performance ? », se demande Ibrahim Moossa.
Pour Jean Vacher, directeur de la section mauricienne d?Apostolat de la Mer, dont la mission est de s?occuper du bien-être des gens de la mer, estime que les conditions des pêcheurs malgaches sont semblables à celles des esclaves. « Il n?est pas juste de dire que tous les pêcheurs mauriciens sont irréprochables. Ils ont certes leurs défauts mais également leurs qualités. Les compagnies de pêche ne sont pas sans reproches non plus. Les problèmes que rencontre le secteur ne peuvent être résolus que si toutes les parties concernées se mettent autour d?une table et cherchent ensemble les solutions appropriées. »
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