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L?E.I.U : la taxe de sortie accable davantage les usiniers
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L?E.I.U : la taxe de sortie accable davantage les usiniers
Analysant, en janvier 1983, la précarité de notre industrie sucrière, à la requête de la MSPA (association de producteurs sucriers), les experts de l?E.I.U. (Economist Intelligence Unit) soutiennent qu?en comparaison de la taxe de sortie, les autres maux accablant alors notre secteur économique, paraissent insignifiants. Ils répètent donc que la taxe de sortie exerce une pression insoutenable sur la viabilité de notre sucre. De plus, le fardeau de cette taxe de sortie est réparti de façon inégale. La totalité du poids ou presque repose sur les seules épaules des membres de la MSPA, alors que des planteurs canniers sont pratiquement exemptés. A partir de 1975, par exemple, les planteurs engrangent 28% des revenus sucriers mais ne s?acquittent que de 8% du montant de la taxe de sortie.
Ils s?alarment du fait que, de 1979 à 1981, la rémunération du capital investi dans le sucre est négative. Elle aurait été de 2% qu?elle aurait correspondu à la moyenne mondiale de 1982. C?est oublier qu?elle était de 7% avant le boom sucrier de 1973-76. A propos des avantages marginaux accordés aux cadres de l?industrie sucrière, ils remarquent qu?ils sont partie intégrante des salaires acquis. Les supprimer entraînerait une révision salariale. De plus, ce qui est considéré fringe benefits, à Maurice, pourrait ne plus l?être, en dehors de Maurice.
Entre 1972 et 1982, le coût de production du sucre augmente de 530%, hausse due principalement à celles des taux d?intérêt et de dépréciation. Les recettes augmentent entre-temps de seulement 370%, laissant un trou de 160%.
A propos de la répartition des revenus sucriers entre planteurs et usiniers, l?E.I.U. commente que les 26% que reçoivent les usiniers mauriciens sont nettement insuffisants à l?échelle mondiale. L?usinier jamaïcain, par exemple, a droit à 34,9% du sucre produit. Son homologue des Barbades est encore plus malheureux que l?usinier mauricien car il n?a droit qu?à 22,5%. Après avoir soigneusement examiné les questions d?usinage et de culture de la canne à Maurice, les experts de l?E.I.U. sont d?avis qu?un ratio 72/28 serait préférable à celui en vigueur de 74/26.
Ils ne sont guère optimistes au sujet de l?exploitation des sous-produits de la canne. Toute utilisation optimale exigera de gros investissements pour une rémunération du capital incertaine et de faibles possibilités d?exportation. Ils citent quand même la production d?énergie à partir de la bagasse, l?ensilage des têtes de cannes, la production d?éthanol à partir de la mélasse, (l?extraction de protéines à partir du jus de canne). Au-delà de leurs attributions, les experts de l?E.I.U. étudient le projet de FUEL de produire de l?énergie à partir de la bagasse et celui, beaucoup plus hasardeux, de Beau-Champ S.E., de pelletiser la bagasse pour produire également de l?énergie électrique. Ils recommandent la mise sur pied d?un organisme pour coordonner les projets d?exploitation optimale des sous-produits de la canne. Ils recommandent, à cet effet, la participation du MSIRI et de l?université de Maurice.
En ce qui concerne les sucres spéciaux, notamment le Demerara, le Muscovado, le Talodura, ils conseillent vivement à la MSPA de collaborer étroitement avec les raffineurs anglais Tate and Lyle. Ces derniers disposent, en 1983, d?une section de recherches de produits alimentaires. Ils disposent de facilités de commercialisation pour ces nouveaux produits. Un projet à risques partagés anglo-mauricien pourrait apporter de précieux revenus à l?industrie sucrière mauricienne.
Les experts de l?E.I.U. n?hésitent pas à contredire ceux de la Banque mondiale sur plusieurs points. Ils accusent leurs homologues de Bretton Woods de prendre parfois leurs rêves pour la réalité. Ils maintiennent que la relance de notre économie dépendra de la bonne santé de notre sucre, même si la part de l?Agriculture dans notre PIB diminue graduellement (15.8% en 1980 contre une pointe de 29.6% en 1976). Le sucre continue, en 1982, de fournir au pays 25% de ses emplois. Ce pourcentage est de 40% en 1971. La mécanisation de la coupe de la canne et l?apparition de nouveaux emplois manufacturiers expliquent cette baisse.
Tout compte fait, l?E.I.U. parie que le sucre conservera, longtemps encore, sa suprématie dans l?économie mauricienne. Il suffit de constater combien nos démagogues de tous poils continuent à s?acharner sur le moribond qu?il devient, chaque jour davantage.
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