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Le yuan s’apprécie, mince espoir pour le textile

27 juillet 2005, 00:00

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La Chine a décidé de réévaluer sa monnaie de quelque 2 %. La nouvelle a surpris tous les observateurs qui en sont restés perplexes. Lueur d’espoir ou leurre ? Les spécialistes sont partagés sur la question.

A Maurice, l’industrie textile-habillement accueille la nouvelle avec scepticisme même si certains industriels trouvent que c’est quand même un pas dans la bonne direction. La sous-évaluation de sa monnaie rend effectivement la Chine pratiquement imbattable sur les prix de ses vêtements à l’exportation.

“C’est une bonne initiative et un pas dans la bonne direction. Les acheteurs vont regarder la Chine différemment en se demandant s’il n’y aura pas d’autre réévaluation”, commente Ahmed Parkar, président de la Mauritius Export Processing Zone Association (Mepza).

Mais les autorités de Beijing ont fait comprendre en début de semaine qu’il n’y aura pas de nouvelle réévaluation. L’objectif de cette déclaration étant sans doute de calmer les spéculations sur les marchés de change internationaux. Pour certains spécialistes, il n’est pas impossible que la monnaie chinoise s’apprécie de 5 à 6 % d’ici la fin de l’année.

Néanmoins, Ahmed Parkar se demande si ce léger gain ne sera pas neutralisé par la politique de prix des industriels chinois qui, dans beaucoup de cas, ignorent la notion de profit et peuvent vendre à perte.

Cela fait des années que les pays développés, et plus particulièrement les Etats-Unis, font pression sur Beijing pour qu’elle réévalue sa monnaie. Washington accuse la Chine de sous-évaluer sciemment sa monnaie pour accroître la compétitivité de ses produits et envahir les marchés.

<B>Une croissance tirée sur l’exportation</B>

Le lobby américain du textile a mené une virulente campagne pour dénoncer la politique monétaire chinoise qui consistait à “peg” sa monnaie sur le dollar mais avec une sous-évaluation que les spécialistes estiment de l’ordre de 15 à 40 % selon les sources.

La Chine a annoncé qu’elle laisserait dorénavant sa monnaie flotter en référence à un panier de devises. La composition de ce panier est évidemment un secret bien gardé.

“Il ne faut pas oublier que le dollar s’est apprécié d’au moins 10 % par rapport à l’euro ces derniers mois. Il se peut donc que l’initiative de Beijing ne vise qu’à détacher sa monnaie du dollar de crainte que le billet vert ne s’apprécie davantage entraînant avec lui le yuan”, analyse Ahmed Parkar.

Si tel est vraiment le cas, Beijing aurait tenté de faire d’une pierre deux coups : apaiser le Congrès américain et éviter une appréciation de sa monnaie. Néanmoins, personne n’est dupe. La Chine ne peut se permettre le luxe de laisser s’apprécier sa monnaie.

Sa stratégie de développement est basée sur une croissance tirée par l’exportation et cela est essentiel pour la création d’emplois.

LUEUR D’ESPOIR

Le textile attend des mesures d’accompagnement</B>

■ L’industrie du textile et de la confection n’a pas les yeux braqués sur Beijing mais surtout sur l’hôtel du gouvernement. L’industrie place beaucoup d’espoir dans le nouveau gouvernement pour l’aider à faire face à la crise. Le secteur a subi une contraction de 12 % le premier trimestre. Suite à une rencontre avec le ministre des Finances et de l’Economie, Rama Sithanen, le président de la Mepza, Ahmed Parkar, se dit confiant que des mesures d’accompagnement seront prises. La Mepza a réitéré au ministre des Finances et de l’Economie ses demandes pour un accès facilité à un financement à des taux bonifiés. “On peut établir des critères pour obtenir ce financement afin que la transparence prime. Mais une fois une entreprise qualifiée, le financement devrait être disponible rapidement”, déclare Ahmed Parkar.

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