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Le voilier Cosmos 1 introuvable sur l’orbite prévue

23 juin 2005, 00:00

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Laissant craindre un échec de la mission, aucun relais de surveillance n’est parvenu mardi à détecter sur l’orbite prévue le vaisseau expérimental Cosmos 1, premier satellite propulsé par voile solaire.

Cosmos 1, entièrement financé avec des fonds privés, avait été expédié juste après 21h45 à l’aide d’un missile reconfiguré tiré par un sous-marin russe dans la mer de Barents. La voile, composée de huit panneaux triangulaires de quinze mètres de long et cinq microns d’épaisseur, doit être déployée à 885 kilomètres d’altitude plusieurs jours après la mise en orbite. Si rien ne se déchire, ces “pétales” devraient être visibles de la Terre. Une station de détection mobile placée dans la péninsule du Kamchatka a relevé des données indiquant la vitesse de l’engin, mais la communication a été coupée quand le moteur de Cosmos 1 s’est allumé pour le propulser en orbite, ont déclaré les scientifiques participant au projet.

L’incident a été suivi par un silence radio de deux heures. Les organisateurs de la mission, basés à Pasadena, en Californie, scrutaient pendant ce temps l’orbite prévue de l’engin, au-dessus du Pacifique puis vers l’Europe. Une autre station de détection placée sur les îles Marshall s’est montrée incapable elle aussi de repérer le passage de l’engin, une demi-heure après le décollage, tout comme des stations permanentes en Alaska, en République tchèque et deux autres dispositifs situés près de Moscou, ont-ils précisé.

Selon Jim Cantrell, il est possible que le missile russe ait placé l’engin sur une orbite autre que celle prévue initialement, ce qui expliquerait son apparente disparition. “Il ne se trouve pas là où on leur a dit qu’il serait”, a-t-il expliqué, faisant référence aux stations de détection. “Il est tout-à-fait possible qu’elles ne l’aient pas vu, et qu’il soit passé à leur insu.”

Les scientifiques de la mission devaient examiner les images des deux caméras embarquées pointées sur les voiles, pour déterminer le comportement dans l’espace des tubes gonflables et de la surface en Mylar, sorte de film plastique ultra-fin doublé d’une pellicule d’aluminium. L’objectif de ce projet qui a coûté quatre millions de dollars est de montrer qu’il est possible de se déplacer dans l’espace en utilisant la pression des photons émis par les étoiles - c’est-à-dire sans le moindre carburant.

<B>Gina KEATING</B>

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