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Le travail continue après Bruno?

23 août 2008, 00:00

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L?hommage, le respect, les remerciements sont unanimes. Ils rejoignent les sentiments de tout un peuple. Mais de la part de ses collègues d?entraînements, ses amis, ses entraîneurs, des futurs champions, ils ont un parfum particulier.

Ils étaient tous réunis au Centre National de boxe pour suivre le match à la télé, comme un seul être. Allant de l?assistant entraîneur national, Judex Basile, les entraîneurs du Centre national de formation qui sont également multiples médaillés de compétitions internationales, Richard Sunee et Josian Lebon, en passant par le vieux de la vieille, Guy Bazerque et Michael Macaque, son vieil ami, le tout encadré par les jeunes du CNFB.

L?entrée sur le ring se fait à 15h33 sous les applaudissements et les encouragements. Pour l?anecdote, un écran plat de 42 pouces était installé dans la salle. Pendant une bonne trentaine de minutes, un technicien tentait de relier la télé aux images de Pékin mais en vain. C?est le retour à la bonne vieille télé. L?important c?était de ne rien rater. Les quelques volleyeurs qui avaient un match dans le gymnase d?à côté ont même suspendu leur partie pour ne pas perdre une miette.

Dès les premières minutes du combat, le boxeur cubain ne baisse pas sa garde, comme le fait remarquer pertinemment bien un jeune boxeur. «C?est un combat fermé. Personne ne veut perdre», estime justement Judex Basile.

A chaque point, c?est l?explosion de joie. Et à chaque point non comptabilisé, c?est l?incompréhension, surtout au passage des ralentis. On sent tout de même l?expérience des boxeurs qui capitulent quand les points ne sont pas comptabilisés. « C?est possible que les arbitres n?aient pas vu les coups parce qu?ils peuvent être masqués », analyse savamment Guy Bazerque, secrétaire de l?Association Mauricienne de Boxe Amateur. C?est surtout l?arbitre qui parle?

<B>«Il a bien étudié Bruno»</B>

Alarcon, prend l?ascendant à 6 ? 3. « Pa lece li ale », crie Michael Macaque. L?arbitre vient à la rescousse en infligeant un avertissement au Cubain.

Le boxeur de la catégorie lourd bondit de sa chaise et agrippe Richard Sunee. Il a tout de suite compris que Bruno Julie vient de faire son retard (6 ? 5). « Ene dernie zefor pou to pays », entend-on. Mais le chrono s?égrène, comme les espoirs. La défaite guette notre compatriote et tout le monde est résolu sachant que le Cubain ne baisse toujours pas sa garde. Comme il l?avait préparé d?ailleurs. Le rêve de finale s?achève. Les applaudissements suivent car le Mauricien décroche la médaille de bronze.

La première du pays.

Richard Sunee, seul médaillé d?or des Jeux du Commonwealth jusqu?à présent, laisse entendre que le Cubain a attiré Bruno Julie dans un piège.

« Je m?attendais à un combat serré. Le Cubain s?est bien protégé et il a attiré Bruno dans un piège. Le fait qu?il baissait la garde a fait que Bruno devait se rapprocher et se découvrir pour frapper. Il a bien étudié Bruno », soutient le connaisseur.

Michael Macaque, ami de longue date et coéquipier de Bruno dans les compétitions internationales avoue son respect, sa fierté mais aussi son empathie. « A chaque combat, je frissonnais. Dès fois je me mettais à sa place pour essayer de savoir ce que j?aurais fait. Mais je dis un grand Bravo à Bruno, à sa famille et à Jean- Claude Nagloo (Ndlr. L?entraîneur national) », déclare-t-il, enthousiaste.

Malgré la défaite, la joie est palpable dans le camp des techniciens. « Bruno a boxé comme il le fallait et n?a rien à se reprocher. Il se déplaçait et essayait de placer plus de coups que son adversaire. Il a réussi mais le Cubain était plus précis », fait ressortir Josian Lebon qui estime que : « le travail doit continuer. Les boxeurs arrivent à maturité vers 25 ans. Avec le travail, on peut viser l?or. Si les sponsors nous viennent en aide, cela nous fera progresser, parce que la plupart des boxeurs ne sont pas des jeunes bien lotis financièrement ».

Le message est clair. La boxe a produit des médailles dans les grandes compétitions, à force de travail. Lebon est, d?ailleurs, rejoint dans ses propos par Richard Sunee : « On n?arrive pas là par hasard. Il y a tout un travail derrière. Personne ne va regretter si il investit ».

Après ses propos, il se dirige vers les jeunes qui font leur échauffement dans un silence de cathédrale. L?histoire se prépare dès maintenant.

On vous l?a dit, pas de travail, pas de résultats?

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